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LE TROISIEME YŒU D'ESTELLE

Bien qu'il eût entendu tinter Depuis un an la soixantaine, Le baron, eût dit La Fontaine, Etait d'âge encore à planter; Et, si j'étais quelque Brantôme Pour votre pudeur sans égard.

J'emprunterais le mot u bragard », Pour le peindre, au vieil idiome.

Mais laissons les termes anciens.

Et disons, en français moderne, Qu'il n'avait pour la baliverne Pas encor perdu tous moyens.

Par malheur, devant son visage La moins friande reculait; Car, hélas ! il était plus laid.

Ce cher homme, qu'il n'est dusage.

Et ce n'était que pour l'argent Que toute femme, même laide,

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Voulait bien lui prêter de laide, Quand son cas devenait urgent.

Aussi, quoi d'extraordinaire A ce que la jeune beauté Dont je vais parler ait tenté De berner ce sexagénaire?

Mais tenle n'est pas, en ceci, I.e terme propre, car Estelle Se montra d'une astuce telle ( uril appert qu'elle a réussi.)

Elle était si riche de charmes

De la tête jusqu'au talon

Qu'il semblait qu'au seul Apollon

Elle aurait dû rendre les armes ;

Et c'est pourquoi, jusqu'à ce jour,

Suivant son obscure pensée,

De tous ceux qui l'avaient pressée

Elle avait repoussé l'amour.

Cela dit, jugez si Tivresse

Du baron dut troubler les sens

Quand elle lui dit : « Je consens

A devenir votre maîtresse. »

Certe, il crut que s'ouvraient les cieux I

Mais elle ajouta : « Je suis franche,

Et vous avoue, ô vieille branche,

( hie ce n'est pas pour vos beaux yeux

Qu'ainsi je me suis décidée,

Tnul à coup, à sauter le pas

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