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L'AFFICHE

Plus pure qu'Agnès en personne, Et bien qu'instruite dans Paris, Jeanne jamais n'avait compris La moindre histoire polissonne.

Elle ignorait ce qu'il y a D'utile dans la différence Des genres ; et cette ignorance Etait, quand on la maria, Tellement extraordinaire Que (pardieul j'en suis attendri !) Elle espérait près du mari Rester encor pensionnaire.

Car, jusqu'à ce terrible jour, Elle avait été réfractaire Au sens de l'auguste mystère (J'ai dit « auguste ») de l'amour.

Au surplus, pour que j'en finisse, Tout comme à son premier matin,

Elle était — dans le goût latin — Nice, nice, absolument nice ; Et, par l'innocence régi Gardant un joli cœur d'oiselle, Cette intégrale demoiselle N'avait jamais, jamais rougi.

En la voyant à ce point gosse, Le sieur Louis, son jeune époux, .

Se montra si tendre et si doux, La première nuit de la noce, Et si gentiment il la prit Que (cherchons une métaphore) Ainsi qu'une fleur, à l'aurore, Son intelligence s'ouvrit.

Et tant pis si ça vous suffoque, Mais le phénomène est connu) Cet esprit naguère ingénu Saisit dès lors toute équivoque.

C'est si vrai que, le lendemain, . Jeanne, femme depuis la veille, Sentit son visage — ô merveille ! — Se chauffer d'un brusque carmin, Parce qu'elle avait, d'aventure.

En passant au bras de Louis, Lu, sur l'affiche d'un bouibouis, Ces mots : Ce soù\ Réouverture !.

AGE QLOD AGIS

Feu la duchesse d'Orléans

De son époux était éprise

Si fort, dans la première crise,

Qu'en beaucoup de lieux malséants,

Si j'en crois Cliamfort qui le conte,

De cet époux, même en plein jour.

Elle sollicitait l'amour,

Sans en sentir la moindre honte.

C'est au point qu'au Palais Royal,

Dans une cliambre de derrière.

Chez la duchesse douairière.

Qui, soufïrant don ne sait quel mal,

Recevait le couple en visite,

La dame obtint de son mari,

Par ses prières attendri.

Ce qu'à dire tout haut j'iiésite.

Bref, disons quelle en obtint ça

(Ainsi, l'indécence s'évite) ;

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Et puis expliquons au plus vite Comment la chose sagença.

Sans franchir en rien la barrière De l'étiquette, et tout transis, L'un et l'autre s'étaient assis Sur le lit de la douairière.

Les propos révérencieux S'échangeaient comme à l'habitude^ Lorsque, prise de lassitude, La malade ferma les yeux.

Et comme, après bien des minutes, Elle ne les rentrouvrait pas, La jeune femme dit tout bas :

« Mon cher mari, jamais vous n'eûtes Le moyen de me divertir En ce lieu-ci. Mais, puisqu'on somme La douairière fait un somme, Mon époux, avant de sortir, Devrait bien me prouver qu'il m'aime De la façon qui me plaît tant ! »

Le duc dit : « J'en serais content !... Mais ici, ma chère !... « — « Ici même ! » Reprit-elle. « Songez un peu, »

Dit encorle duc, « où vous êtes !

Quoi 1 serions-nous si déshonnêtes !

Ça ne se peut pas ! » — « Ça se peut, » Jeta la petite duchesse, « Mon mari, puisque je le veux...

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