‹ Les minutes libertinesChapitre 57 sur 154 · AGE QUOD AGIS · texte numérisé non relu

AGE QUOD AGIS

Que vous n'ayez comblé mes vœux,

Sachez-le, vous naurez de cesse. »

Il eut beau dire nenni-da,

La folle y mit tant de tendresse,

Et (pourquoi le taire ?) dadressè,

Qu'à la fm il se décida.

Mais, soit par paresse ou par crainte

D'être pris en flagrant délit

Par la noble hôtesse du lit,

Il accéléra son étreinte,

Si bien que, pâmée à demi.

L'épouse, après la courte fête,

Lui dit, à moitié satisfaite:

« Que vous étiez pressé, m'ami ! »

Et le duc cherchait une excuse

En son esprit tout à l'envers,

Lorsqu'il vit les yeux grand rouverts

De la douairière percluse !

Et quel ne fut pas son émoi

Quand, se dressant, la vieille dame,

Après un sourire à sa femme,

Lui dit, à lui : « Mon fils, crois-moi :

Il n'est de plaisir qu'on ne gâte

Parla précipitation.

Ton bon père, en toute action,

Apportait beaucoup moins de hâte,

Car il professait qu'ici-bas

Jl faut partout de la mesure ;

Et sur ce point, je te l'assure.

Je ne le contredisais pas.

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Donc, malgré la règle d'Horace Qui veut quon coure au dénoùment, Mon fils, presse-toi lentement, Pour le bien même de ta race ! »

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