THOMAS EN .JOURNEE
— « Je ne délire point. » — " Qu'entends-je? Vous m'auriez... ? Non ! j'ai mal compris... Ou bien, alors, c'est que je rêve! »
— « Pour Dieu! ne m'interrompez pas !
Je suis si près de mon trépas
Qu'il est besoin que je sois brève.
Ce ne sont pas des propos fous, Ceux d'une âme qui se retire...
Or, voici ce qu'il faut vous dire :
L'enfant que j'ai n'est pas à vous.
D'une confession pareille Mon pauvre cœur est déconfit...
Mais c'est Thomas qui me le fit, Le jour qu'il tailla votre treille! »
— u Ho !... " — '< Chut !... C'est au fond dujardin, En été... Je revis la scène !...
Oui:... D'une obsession malsaine
Je me sens victime, soudain...
Oui, je me revois : je défaille
A l'aspect de ses bras nerveux...
Seigneur! qu'est-ce donc que je veux '^...
Et, vers cet homme qui travaille.
Ne sais quel diable me poussant.
Je marche, et, riant, je l'invite.
Sans honte, à calmer au plus vite
Ma subite chaleur de sang!...
Et de cette minute amère,
Par quoi votre honneur est détruit.
Le garçon que j'ai fut le fruit,
Car, neuf mois après, j'étais mère! »
Elle se tut, pleine d'émoi; Et l'époux dit : <- Mon adorée, Vous pouvez mourir rassurée ; Sachez-le, lenfant est à moi Et restera dans mes bagages.
Il est payé, cela suffit, Puisque, le jour qu'il vous le fit, Ce Thomas était à mes gages, o