‹ Les minutes libertinesChapitre 79 sur 154 · VALET DE CŒUR · texte numérisé non relu

VALET DE CŒUR

Le chien levant fort bien les yeux

Sur Févèque, et le ver de terre

Osant, de l'amour tributaire,

S'éprendre de l'étoile aux cieux,

Est-il surprenant, je vous prie,

Que même le plus bas valet,

Si sa dame est belle et lui plait.

Ait, quelque soir, l'effronterie

De convoiter ses fiers appas,

Comme Kuy Blas ceux delà Reine?

Non, cela n'a rien qui surprenne,

A la vérité, n'est-ce pas ?

Car, sachez-le. Madame, en somme,

Crispin, Scapin, ou Jodelet,

On a beau n'être qu'un valet.

On n'en est pas pour ça moins homme.

Le mien de la sorte pensait En vovant, l'œil à la serrure.

lOO I^ES MIMTES LIBERTINES

Sa (lame quitter sa parure :

Chapeau, robe, jupons, corset.

De cette armure de batiste Immergeaient, suaves, deux seins, Dont les petits becs assassins Poignardaient de loin ce Baptiste.

Un gentil ruisseau de linon, Plein deTécume des malines, Cascadait entre ces collines Dignes du buste de Junon ; Et, plus bas, comme il est de mise, Ce ruisseau, sortant du corset, Joliment s'épanouissait En une nappe de chemise.

C'était un spectacle affolant.

A remuerle moins artiste...

A cette vue, aussi, Baptiste De désir devint pantelant; Si bien que, brute irréfléchie Franchissant, les sens égarés, . En un seul bond, tous les degrés De la vieille hiérarchie.

Il conquit dans un seul moment, Avec une audace insensée.

D'une seule et sûre poussée, ï.e dernier poste de lamant! De fait, il était presqu'au terme De sa louche félicité.

Quand, jouant à la majesté Qu'on outrage, et d'une voix ferme,

Page 1