LA GAGEURE
Si j'en crois tout ce que renferme Un livre de dix-sept cent cinq Qu'à l'instant m'apporte en pâture Mon vieil ami Max Jasinski, Un bon docteur es lettres qui S'y connaît, en littérature î Donc, de ce Baraton, ron ron Petit patapon, sans paresse, Il convient qu'à présent je presse, Pour vous amuser, le citron. A la guerre comme à la guerre !
J'en viens d'extraire assez de jus Pour renouveler ce que j eus L'honneur de vous conter, naguère, Sous ce titre : Le plus beau Jeu.
Vous l'avez oublié, peut-être?
En tout cas, je vais me permettre De vous le rappeler un peu.
Il s'agissait de l'aventure
Galante du jeune mari
— Vous savez — qui fit le pari.
S'en fiant trop à sa nature,
De n'aimer pas moins de dix fois,
La prime nuit, son épousée,
Mais qui, sa valeur épuisée,
A mi-route resta sans voix.
Dans l'historiette présente.
Apprenez qu'un autre mari
Tint à sa femme le pari, Semblable en sa teneur plaisante, Qu'il serait assez diligent Pour la mettre six fois en daube De minuit à la pointe d'aube, S'il en retirait quelque argent.
u C'est un pari fort acceptable, Et j'en suis d'accord, mon ami! »
Cria la commère, qui mit L'enjeu sur la nocturne table.
Puis, dès qu'au plus proche beffroi Sonna minuit, Theure du crime.
Pour les six assauts de l'escrime Ils salio-nèrent sans effroi. Or, la femme, mettant sa grâce A n'en point témoigner d'ennui, Fut touchée, au cours de la nuit, Par six fois dans la ligne basse.
Aussi, l'aurore aux roses doigts Rallumant du jour la torchère.
L'époux ht : « J'ai gagné, ma chère, Et je prends ce que tu me dois. »
Mais, le retenant par la manche, La femme dit à son époux :
" Eh ! tout doux, mon ami, tout doux ! 11 faut me donner ma revanche ! »