Livre dont le bibliophile
Jacob éclaircit le fatras
Et dans lequel les propos gras
Vont pétaradant à la file.
Voici ce conte polisson.
Au demeurant, sans plus de pause.
Dans notre temps je le transpose.
Et j'en donne une autre leçon,
Paul, de nature paresseuse.
Musait encor, ce matin-là,
Au lit, lorsque se faufila
Dans sa chambre la ?jlanchisseuse.
Comme il la savait d'âge mûr
Et pour le moins quadragénaire.
Il la reçut, à l'ordinaire,
Les yeux clos, le nez vers le mur.
Mais c'était l'heure où l'on déjeune,
Et Paul, étant en appétit,
Proférait tout bas : « Sapristi !
Plût à Satan quelle fût jeune! »
A ce point, notre marjolet
Tressaillit, car, d'une voix neuve
De pucelle et non pas de veuve,
La blanchisseuse lui parlait.
'< Où faut-il mettre votre linge ? >»
Disait-elle; et, les yeux luisants,
Lui, l'ayant vue : « Elle a seize ans ! »
S'écriait-il. «De quoi me plains-jel »
Et, pris d'un trouble indéfini,
11 pensa : •< Par quel phénomène
Depuis la dernière semaine
A-t-elIe aussi fort rajeuni? »
L'enfant expliqua : « Je remplace,
Pour aujourd'hui, ma mère ici...
Faut-il que je range ceci,
Monsieur, dans votre armoire à glace?»
Dès qu'elle eut dit, notre garçon,
Dont, pour l'instant, toute la mise
Consistait en une chemise,
Sauta de son lit, sans façon ;