LA PÉNITENCE
Connaissez.-vous les épiuramnies Du sieur Jean-Baptiste Rousseau?
Ah 1 parbleu I le léoer monceau N'en pèse pas plus de cinq grammes Mais, par leur immoralité, Le poids, certe, en est elTroyable, Car ces épiirrammes du diable Sont lourdes d'impudicité.
Lisez-les, et grand bien vous fasse !
Vous verrez à leurs confesseurs De benoîtes et sainte*^ sœurs S'y donner gaîment pile ou face ; Et le carme, illustre hirtm, S'y déchausse en tout"^ indécence...
Bref, on dirait la quinte-sence De quehiue inlect décamcron.
Pourtant, malgré son infamie, J'en sais une, à la vérité.
Dont l'excès de salacilé Se tempère de bonhomie.
C'est si vrai que l'original
Et joyeux Georges Courteline,
Devant qui bien bas je m'incline,
En fit ce conte peu banal
Qu'il appela la Pénitence
Et que, sans scrupule, aujourd'hui.
Je m'en vais refaire après lui.
Moi. sire de moindre importance.
Afin de se faire effacer
Leurs fautes pour le jour de Pâques,
Trois paysans, Jean, Pierre et Jacques,
Etaient venus se confesser.
A Jean, qui vint premier, le prêtre,
Bon confesseur à la papa.
Dit: (' Faites un yneà culpâ
Sincère et du fond de votre être...
Bien... Vous ne me tiendrez caché
Aucun de vos méfaits, j'espère? »
— « Las! j'ai commis six fois, mon Père, » Répondit Jean, « le doux péché. »
— <■ Quoi ! •> fit le curé de campagne,
« Six fois ! ... Fi ! Seigneur, que c'est laid ! . . .
Vous me direz un chapelet.
Et que la paix vous accompagne. »
Ensuite, Pierre, d'une voix
Que la honte rendait confuse,
Dit: «' Meâ citipci... Je m'accuse
D'avoir fait le péché neuf fois. »