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LA COL'RSE AU ROI IJ

Or, par un beau jour estival.

Notre humble porte-houppelande

Vit sur le chemin de la lande

Passer un quidam à cheval.

Cent cavaliers, en équipage

Éclatant et grand tralala,

Venaient derrière celui-là.

Et galopaient avec tapage.

Et le gardeur. sans désarroi.

Regardait passer la parade,

Lorsque, soudain, un camarade

Cria, près de lui : < C'est le Roi ! »

— « Parbleu î le Hasard me protègr- 1 "

Fit le rustique: et. sur le coup,

Prenant ses jambes à son cou,

Il donna la chasse au cortège.

Bien que bardés d'or et de fer,

Le fier souverain et sa suite,

De même qu'une armée en fuite,

Allaient, allaient d'un train d'enfer.

Mais, lui, courait tel le tonnerre,

Et qui l'eût vu se dépêcher

N'aurait pas cru que ce porcher

Etait pins que sexagénaire.

Il courait si fort que, ma foi !

Le vent semblait lavoir en croupe :

Si bien que la fringante troupe.

Croyant qu'il en voulait au Roi,

Et s'imaginant, pour conclure.

Que c'était quelque spadassin

i; LES MINUTES lip.i;htinp:s

Talonné par un vil dessein,

Redoubla, sur-le-champ, Tallure.

Mais, coupant toujours au plus court,

Et doué d'un souffle effroyable,

Le vieux gars courait comme un diable.

Et tant qu'il rejoignit la Cour

Et chut au-devant de IWltesse

Qui fit halte subitement

Et proféra : « Mon compliment î

Tu vas d'une belle vitesse !

Et, pourtant, fort nous chevauchons!...

X"as-tu donc pas de lassitude? -

— « Point, » dit-il, « car j'ai l'habitude

De courir après les cochons. »

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