‹ Les minutes libertinesChapitre 94 sur 154 · LE MARQUIS CHEZ LE DL\BLE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS CHEZ LE DL\BLE

El, bien qu'il fasse un peu trop chaud Dans ce lieu, je n'ai nulle envie De m'en retourner par là-bas !

J'y laissai veuve la marquise, Et tu sais fort bien qu'à sa guise Je dus vivre jusqu'au trépas !

Aussi, m.algré qu'en cet empire De Satan l'on soit plutôt m.al.

Tu me comprendras, animal, Si je dis qu'enfin je respire ! »

— « Ainsi parlent tous vos amis, Ici, » goguenarda Guillaume.

« Mais, pour venir en ce royaume Quel crime avez-vous donc commis ? »

— « Hélas ! je fus un être inique I » Souffla le marquis désolé.

« Car, l'ignores-tu? j'ai volé Pour enrichir mon fils unique !...

Mais, toi-même, fleur de vertu.

Toi, Guillaume, le domestique De probité, dirai-je, antique, Çà ! voyons, m'expliqueras-tu Comment il se peut qu'on te voie Dans ce repaire de maudits?

N'avais-tu donc pas toujours, dis, Cheminé dans la bonne voie? »

— « C'est que, » dit Guillaume, « en effet, Monsieur, si vous fûtes inique

Pour élever ce fils unique,

Je le fus. moi, pour l'avoir fait! »

Page 1