SCÈNE PREiMIÈRE
LE BATLLT, GERMAIN.
LE BAILLI
Mon frère est sorti ?
GERMAIX, époussetant les meubles.
M. le marquis est allé faire un tovu' au bord de la Seine et tout seul. Depuis que madame de Pailly...
■ . Il fait signe qu'elle est partie.
LE BAILLI
Oh !... celle-lcà ! Le diable m'emporte !
GERMAIN
S'il existe. . il le fera ! Mais monsieur le bailli a lair bien guilleret.
LE BAILLI
Oui... j'ai mis dans ma vieille tète de réconcilier mon neveu avec mon frère.
GERMAI\.
Ce sera difficile ! M. de Montmorin, un ministre a essayé de faire entendre raison à M. le marquis, mais tarare...
LE BAILLI
Eh bien 1 moi, qui ne suis pas ministre, Dieu merci, je vais tâcher de réussir où M. de Montmorin a échoué. Gabriel et mademoiselle de Nehra sont du complot, tu nous aideras, Germain.
GERMAIN
Oh ! de toutes mes forces...
LE BAILLI
Mademoiselle de Nehra est là!...
11 montre la droite.
GERMAIN
Bien!...
LE BAILLI
Et mon neveu est dans le pa\illon l;\-bas!... tu Tiras chercher tout à l'hourc, quand mon frère sera ici et que je te ferai signe. Me voilà passé faiseur de comédies..- C'est la iin du monde.
GERMAIN
Monsieur le marquis...
LE BAILLI
Oui... 11 faut brusquer les choses, ce serait trop cruel, h la fin, que cette pauvre petite qui attend là, toute tremblante, soit la victime de son héroïque dévouement, et puisque mon neveu l'aime décidément, puisqu'il l'adore, nous verrons bien si tous ces scandales ne peuvent finir.