SCÈNE PREMIERE
JULIE, seule, assise, des lettres sur les genoux, qu'elle lit et brûle une à une.
Des lettres d'amour!... Des serments éternels!... Quand cela ne finit pas par la poussière de la rue, c'est par la flamme d'un foj'er... Quelques pincées de cendre dans un brasero! et tout est dit!... Il me semble pourtant qu'il va revenir là, dans ce château de Beauregard où nous avons vécu perdus, oubliés, heureux... Et maintenant... Ah! maintenant, il est là-bas, derrière ces bois du Chesnaie, à Versailles, si près et si loin ! Et me voici, seule, me déchirant le cœur à relire ces lettres qui mentaient... à chercher un peu de mon passé dans ces billets que je veux anéantir comme je voudrais moi-même... Ah! oui. ce serait plus simple!... L'eau de ces fossés vient battre le pied du logis... Y entrer, y disparaître!... S'enfoncer dans ce
linceul froid comme dans de l'oubli!... Quelle volupté!... Je le ferais si je n'espérais pas!... Et qu'est-ce que tu espères?... Puisqu'il en aime une autre! une autre! une autre!... Ah! ma tote est comme brisée... On doit souffrir ainsi quand on devient folle !... Au moins elle doit savoir que lorsqu'on a déchaîné la colère de Julie de Rieux... Ah! insensée, qui parle de mourir!... quand tu seras vengée, oui!...
SGÈINE II JULIE, UiNE FEMME DE CHAMBRE.