‹ Les mirabeauChapitre 122 sur 131 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

iii:mui:;tte.

JLLIE.

Je croyais tout à l'heure que vous étiez assez naïve pour me (lire : j'aime cet homme, renoncez à lui? Mais je serais à mon tour, trop simple de croire que, moi m'étant désarmée, vous renonceriez à son amour! Elle serait duperie, d'ailleurs, ma p:randeur dame! Et le pourrez-vous, d'ailleurs? Il vous aime ! il vous suivrait.

HENRIETTE

Les grilles, d'un couvent...

JULIE

Il les briserait ! Il veut bien briser les fers d'un monde!

HEMUETTE

Je disparaîtrai, vous dis-je. Il ne saura jamais... je vous le jure, madame,?je vous le''jure...

JULIE

gAlors vous ne l'aimezjpas! Vous êtes une enfant ! Vous n'avez pas pour lui cet amour meurtri'par la vie d'une femme qui met son dernier espoir dan s une passion. . . Se sacrifier?.?. Elle le ferait! Moi, j'aime mieux le perdre ! Vous ne l'aimez pas! Il vous appartient! Ah! mais, cpi'avez-vous fait pour être|aimée?jAvez-vous'soufï'ert, pleuré, crié, comme moi, dans le vide amer-d'uneyexistence[]manquée et que Mirabeau remettait à sajplace dans la lumière?... Vous êtes venue, vous avez souri! Et il vous a aimée! Et retombe à ta honte, toi, misérable, ou bien cherche un autre amant et un autre appui! Tout est iini !... Notre amour est mort! Eh bien ! non ! il renaît pour s'appeler la haine !

HENRIETTE

A la bonne heure, dites donc que vous le haïssez!... Vous disiez là que vous l'aimiez,!] vous ^g disiez à moi, comme si je n'avais pas aussi ma jalousie? Vous mentiez! vous le haïssez! C'est moi qui l'aime! L'amour vrai se double de pardon ! Il n'y a rien à attendre de vous qu'une,

vengeance ! Eh bien ! vous avez raison ! Je suis liée à lui maintenant et de toutes les forces de mon être! Je l'ai aimé et l'aimerai toujours. Pourquoi? Comment? Je l'ai aimé parce qu'il était Mirabeau, je l'aime maintenant parce qu'il vous a pour ennemie ! Parce que je vois, depuis des années, qu'un amour comme le vôtre est sa perte, parce que je vais être sa femme, moi, parce que, pour lairacher à une maîtresse comme madame de Hieux, je me donnerais à lui, honneur, vertu, tout entière, entendez-vous, pour vous le reprendre, pour qu'il fût à moi et ne fût plus à vous!... Mais je n'ai pas même à vous le disputer! Vous avez dit vrai! Il est à moi!

JULIE

Eh bien ! prenez-le. Cela vous regarde, mais il est perdu.

UEXIUETTE.

Je le défendrai !

JULIE

Vous contre moi! Contre la maîtresse qui connaît toutes ses faiblesses, qui a le secret de son passé, de ses défaillances, contre la confidente des jours de misère, contie moi qui, de ces cendres du passé, ferai de la boue pour vous la jeter au visage.

HEMUETTE.

Et que direz- vous? Que Mirabeau a été pauvre, qu'il a aimé, qu'il a souffert.

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