ACTE PREMIER
ni de famille. Je n'ai qu'une main tendue, celle de ma mère! Ma mère exilée comme moi, chassée comme moi et qui, seule, quand tout le monde hurlait autour de mon malheur, comme les chiens sur un cerf forcé, a eu un mot de pitié pour son enfant!... Ma mère n'est pas à Mirabeau, elle...
VALRAS.
Elle ne pourrait y rentrer maintenant.
Pourquoi? (Regardant tour à tour Henriette et Valras.) L'autre
est donc au château?... Madame de Pailly a suivi mon père ?
VALRAS.
Oui!...
Ah! c'est trop d'impudence!... Cette créature, vous ne la connaissez pas!... c'est une misérable venue on ne sait d'où, portant un nom comme on le traînerait. Ah! tant qu'elle a régné en maîtresse dans ce château du Rignon où elle n'insultait point par sa présence tous les souvenirs de notre race, que m'a importé?. . Mais à Mirabeau!... sous ce toit où mes aïeux ont grandi, où, fiancée, ma mère est entrée, tout mon sang me crie de l'en chasser et d'arracher ce vieillard à cette femme... J'irai en Provence avec vous.
HENRIETTE
Vous ne commettrez pas cette folie! votre père est impitoyable... et son autorité...
Il verra que la prison ne courbe pas un homme tel que moi.
VALRAS.
■Vous êtes décrété de prise de corps ! A Paris, Mirabeau peut se cacher, là -bas il est perdu!...
Eh bien!... je ne serai pas Mirabeau, je resterai... Pierre Buffières, mais je serai le justicier.