SCENE IV Les Mêmes, HENRIETTE DE NEHRA
LE BAILLI, allant à Honri^tte.
Ah ! venez, ma chère enfant !...
LE MARQIIS.
Ta pupille ! . . .
HENRIETTE
Je suis heureuse de ce titre, puisque M. le bailli a bien voulu consentir. . .
LE BAILLI
Consentir?... Je suis heureux... La fille de mon vieil ami, de mon cher Haren!... Ah ! qui m'eût dit qu'un vieux soldat comme moi protégerait jamais la fille d'un ambassadeur comme lui !
LE MARQUIS
M. Valras qui vous a conduite ici est reparti, mademoiselle?
HENRIETTE
Oui, monsieur le marquis ! Maintenant que pour veiller sur moi, j'ai...
Un ami dévoué qui remplacera ce M. Valras, lequel menacé d'arrestation a assez k faire de songer à lui-même !
LE MARQUIS
Aussi pourquoi publie-t-il les libelles de mon fils ?
LE BAILLI
Il a bien publié des écrits, à toi, et les a fort bien vendus, ma foi !
LE MARQUIS
Mes écrits sont d'un sage, ceux de njon fils sont d'un fou!
LE BAILLI
Vanité d'auteur! Tu périras par là, toi !...
LE MARQUIS
Oh ! tu ne réussiras pas à me faire passer pour un Vadius ! (a Henriette.) Et c'cst, mademoiselle, à un homme de soixante-huit ans, comme mon frère, que vous venez demander un appui, avec vos vingt ans qui n'auront pas le temps de fleurir, que nous serons déjà Dieu sait où, lui et moi?
LE BAILLI
Mademoiselle de Nehra m'a appointé une prière d'un ami, qui pour moi est un ordre. Maintenant j'ai une fille.
LE MARQUIS
Sans avoir le souci de la mère !
LE BAILLI
Ronne chose... ça.
Mais, est-ce des barbons comme nous qui sommes faits pour élever des fillettes ?
LE BAILLI
Eh ! barbon ! l)arbon ! Il n'y a pas de barbon chez les Mirabeau ! On meurt chez nous, mais on ne vieillit pas ! Il faut nous couper en morceaux pour nous détruire ! Et encore, ma chère enfant, le vieux Jean-Antoine, notre père.