‹ Les mirabeauChapitre 43 sur 131 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

MIRABEAU, LE ]\L\RQUIS.

LE MARQUIS, à gauche.

C'est pour insulter madame de Paillj' que vous êtes venu au château?

C'est d'abord pour réclamer à mon père mes comptes de tutelle. Hors de vos prisons j'ai le droit de respirer et je veux vivre...

LE MAUQLIS.

Vos comptes de tutelle vous seront rendus, je les ferai établir par les gens de loi. Est-ce tout?

Eh! non, ce n'est pas tout, mon père! je vous en prie, je vous en supplie, revenez à nous, à votre fils!... Laissezmoi ramener ma mère, tète haute, dans cette maison qui est la sienne !

LE MAUQLIS.

Ail! voilà d'une autre chanson !... Peste !... vous êtes devenu moraliste, monsieur? J'en suis heureux et surpris... Mais dites-moi, n'y a-t-il point de par le monde une comtesse de Mirabeau qui est votre femme, je crois? At-elle aussi le droit d'entrer le front haut dans votre maison?

Ce mariage avec mademoiselle de Marignane, je l'ai subi comme foutes vos volontés premières. Marié sans amour, par vous, à une femme qu'e son père forçait à m'épouser, j'ai trouvé, vous le savez bien, la preuve que celle qui portait mon nom m'avait trahi ! De par mon droit, je pouvais disposer sans pitié de la vie de cette malheureuse .. j'ai pardonné, mais en pardonnant j'ai du moins repris possession de moi-même, de mon âme, de ce qui est la vie^et l'air même de l'homme, le droit d'aimer!

LE MARQUIS, passant (levant lui.

Eh bien, monsieur, j'ai fait comme vous! Je vis à ma guise, selon mon gré, et selon mon droit !

Vous vivez seul, auprès de votre foyer brisé! Mais ce que je pouvais faire, vous ne le pouviez pas, monsieur le marquis. 11 y avait des hens qui vous retenaient auprès de ma mère.

LE MARQUIS

Qui cela?

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