‹ Les mirabeauChapitre 61 sur 131 · MIRABEAU, LE BAILLI, LE VICOMTE · texte numérisé non relu

MIRABEAU, LE BAILLI, LE VICOMTE

C'est la seconde fois depuis votre voyage à Paris, que vous me faites l'amitié de venir me voir, mon oncle, je vous en remercie ! Bonjour, mon cher André !

LE BAILLI

Il m'a bien fallu courir les chemins puisque j'ai accepté d'être le tuteur de mademoiselle de Nehra. Ce n'est pas une sinécure ! Que de démarches pour un héritage ! Enfin tout est terminé, et selon toute vraisemblance tu ne me reverras pas de longtemps, puisque je retourne à mon pigeonnier de Pertuis, avec les corbeaux!

Il est possible que j'aille vous y retrouver! Je voudrais, si les Etats Généraux étaient convoqués, me présenter aux électeurs de mon paj-s! Mais l'argent manque...

LE VICOMTE

A qui ne manque-t-il pas? Avec le jeu!

La table !

LE VICOMTE

Et les desserts!

LE BAILLI

Ton père t'a cependant rendu des comptes de tutelle !

Parfaitement. Oignon, mon curateur vient de me |les envoyer, vous pouvez lire.

LE BAILLI, lisant.^

« Dépensé pour l'arrestation et l'entretien en la prison d'Etat de Vincennes, de M. mon fils, le comte Honoré Gabriel Riquelti de Mirabeau, cinquante mille livres. » Peste !

LE VICOMTE

Il t'a fait payer son hospitalité!

Et la nourriture! Au donjon de Vincennes! on loge à l'année!

On dine mieux chez Beauvilliers !

LE BAILLI

Moi pauvre comme Job, ton frère grugé par les drôlesses... oui, oui... grugé, ton père à demi ruiné! Il te reste un moyen de faire figure dans le monde.

Et c'est?

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