ACTE TROISIÈME
LE BAILLI
De retourner auprès de ta femme! Oh! oui! oui!... Je sais... mais ennui pour ennui, mieux vaut encore la légitime !
Nous sommes, mademoiselle de Marignane et moi, depuis des années, deux étrangers qui port.ons le même nom! Voilà tout! Ah! ces mariages qui minent une existence, si on les pouvait rompre !
LE VICOMTE
Oui, au lieu du mariage à perpétuité, le mariage avec évasion.
LE BAILLI
Mais si tu étais libre, au lieu de retourner à ta femme, ce qui est dur...
Si j'étais libre!
Tu épouserais madame de Rieux. ce qui serait bête ! Au reste je ne regrette point de ne pouvoir t'obliger puisque l'argent qu'on te pourrait fournir te servirait à faire ta partie politique dans un colin-maillard qui finira par la culbute générale!... Au revoir, Gabriel! Peut-être adieu, mon neveu! Et si, las de Paris, écœuré de la lutte, tu as besoin d'oubli et de liberté, souviens -toi qu'il y a là-bas un vieux qui, la poche vide, a cependant le cœur plein et qui aura toujours pour toi un bon coin à son foyer et une bonne place dans son cœur!
Mon cher oncle, adieu! Au revoir, André!
LE VICOMTE
Au revoir! Et tiens, prie le dieu des joueurs qu'il me permette de t'obliger. Oui, si je gagne une fortune au pharaon, je fen donne la moitié! J'y vais de ce pas!
Placial entre.
LE BAILLI
Incorrigible!
PLACIAL, entrant.
M. de Beaumarchais.
M. de Beaumarchais chez moi!
LE VICOMTE
Eh! parbleu, un tripoteur d'affaires, un manieur de millions! C'est pcut-ôtre la fortune!
Sauvons-nous! Nous n'aurions qu'à l'attraper!
Ils sortent en saluant Beaumarchais qui entre.