ACTE TROISIEME
Et VOUS me proposez de prendre ma part d'un gâteau dont le pu]>lic fournit la pâte !
BEAUMARCHAIS
Eh! monsieur, l'agio est aussi la vie des Etats!
Monsieur! quand je vois un homme avec des idées vastes, arrivant au soleil, celui-lù, je le salue! Mais les agioteurs vulgaires spéculant sur l'appétit de la foule et s'engraissant de la morale publique... Ah! ceux-là, monsieur de Beaumarchais, c'est un duel entre eux et moi.
BEAUMARCHAIS
Ah! vraiment? U est d'autant plus louable à vous d'agir ainsi, qu'il nous est pertinemment connu...
Que ma bourse est plus mal garnie... c'est possible! Mais écoutezbien, jamais, entendez- vous, jamais, ma plume ni ma voix ne seront acquises à ceux qui précipiteraient la France dans la hideuse banqueroute!
Votre plume, monsieur le comte, n'a pas toujours été aussi virginale.
Ah! oui! vous allez me reprocher, vous qui êtes riche, les livres que j'ai eu la faiblesse d'écrire quand j'étais misérable et que j'avais faiml Oh! ces écrits-là, pour les racheter, je consentirais à les effacer, mot par mot, à genoux!
BEAUMARCHAIS
Eh bien !... une page de plus ou de moins! vous mettrez un jour dans lauto-da-fé, celle que je vous propose de composer et jamais aucun de vos écrits ne vous aura rapporté autant!
Monsieur!... En vérité, monsieur, vous oubliez à qui vous parlez! Vous ouljliez que vous êtes chez moi!