SCENE lY VALRAS, HENRIETTE, puis JULIE, au fond
HENRIETTE, à elle-même.
Mirabeau arrivera tout à l'henre à Aix ! Il faut que je lui dise! je n'oserai jamais... Cette lettre du moins... Si je
voyais Placial! (Elle aperçoit Valras.) Ah! VALRAS.
Mademoiselle de Nehra ! Dieu soit loué! C'est vers vous que je viens, mademoiselle!
Quelle joie!... si vous saviez...
VALRAS.
Je sais tout, et c'est pour cela que je suis venu.
HENRIETTE
Vous avez appris?
VALRAS.-
A Paris même. De là-bas encore on veut l'atteindre...
HENRIETTE
Oh ! c'est de là (Elle montre l'hôtel.) que partent les calomnies, les lâchetés. Mais j'ai pour défendre Mirabeau une arme certaine.
JULIE, paraissant au fond.
Que se disent-ils?...
Elle se cache, mais marquant bien qu'elle va observer et, s'il est possible, écouter.
HENRIETTE
Je ne pouvais, je n'osais lui remettre ceci à lui-même... Mais vous... quand il arrivera ici, remettez-lui... Ah! que
je suis joyeuse!... (Elle prend une lettre et la tend à Valras.) On
peut le calomnier maintenant, vous le défendrez! Il se défendra! Cela... prenez!... Nous partons dans un instant .. je n'ai plus que quelques minutes à demeurer à Aix... La chaise de poste est attelée et mon tuteur... m'attend... mais je partirai heureuse, certaine que Mirabeau n'a plus rien à craindre!
Elle rentre à droite. — Julie a écouté au fond.
Rien à craindre !
JULIE
Je n'ai rien entendu... mais cette lettre... que peut-eUe contenir? Ah! je la veux, cette lettre...
Elle disparaît un moment et reparait avec un exempt, puis des hommes de police.