‹ Les mirabeauChapitre 86 sur 131 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

VALRAS, JULIE, au fond.

VALRAS. Il ouvre la lettre.

Voyons ! « Au seuil d'une vie qui sera désormais consacrée au soutagement de toutes les misères, moi, Henriette de Nehra, je déclare que la fortune laissée par mon père a été employée par moi au rachat des créances de M. de Mirabeau, à qui je demande de donner, lorsqu'il le pourra, pareille somme pour assurer la dot d'une ou plusieurs plies pauvres qui prieront pour moi comme je prierai pour elles! » — Et c'est là cette arme ! Ah ! pauvre innocente jeune fille!... Ange de bonté!... Ignorance du mal!... Elle ne se doutait donc pas qu'entre les mains d'un ennemi, cette arme de salut peut être une arme de mort, et qu'une femme, fût-ce une sainte, n'avait pas le droit de payer les dettes d'un homme, si elle ne voulait pas que le monde crût à une infamie!... Et elle est partie! Ah! non, j'aurai le temps de la rejoindre et de lui dire de taire son dévouement comme elle cacherait un crime !

Il va pour* entrer à Thûtel.

JULIE, à Texempt.

Cet homme ! oui?... Et ses papiers surtout!...

Juhe!... Ah! je vais détruire cette lettre!

Il sort à gauche. L'exempt suivi de deux hommes. JULIE.

Et pas de pitié ! Ah ! toi qui nous a séparés et cette femme qui me l'arracherait, je vous écraserai l'un et l'autre!

Elle rentre à l'hôtel à droite.

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