LUCAN
Di quibus imperium est animarum, umbrœque silentes Et Chaos, et Phlegeton, etc. (Virgil.)
Le pamphlet Domine salvum fac regem, publié en octobre 1789 par Peltier, attribue sottement cet ouvrage au bailli de Mirabeau.
Il paraît y avoir eu, dès 1782, deux éditions du livre sur les Lettres de cachet et les Prisons d'État. Le titre des deux éditions est identique, mais l'impression est différente. La première est en deux volumes : un pour chaque partie de l'ouvrage. On n'en retrouve que la première partie, la seconde ayant dû être détruite lors de la saisie
effectuée, comme nous l'avons dit, par l'autorité prussienne, à la requête du gouvernement français, dans les magasins de Fauche, à Neuchâtel. La seconde édition, qui n'est pas notée comme telle, est en un seul volume (1).
L'Espion dévalisé. Londres, 1182, in-8°. 'Avec cette épigraphe : Féliciter aiidax.
On a quelquefois, comme nous l'avons dit, attribué cet ouvrage à Baudouin de Guémadeuc, compagnon de captivité de Mirabeau à Yincennes ; c'est peut-être lui qui l'a écrit en partie, mais il est certain que c'est Mirabeau qui l'a fait imprimer par Fauche, comme le précédent.
Ma conversion, 1783, à Stamboul, de l'imprimerie des Odalisques, in-12 de 191 pages, avec cette épigraphe : Auri sacra famés. Dès le mois d'octobre 1782, l'autorité prussienne faisait rechercher cet ignoble ouvrage comme les précédents, mais sans autant de succès que pour le livre sur les Lettres de cachet, dans les magasins de Fauche.
Erotika Biblion. 1783, Rome, imprimerie du Vatican, in-8°.
Epigraphe : En Kairô ekalaron, abstrusum excudit.
Seconde édition à Paris, chez Le Jay, 1792, in-8°.
Œuvres posthumes de Turgot. Paris, 1787, in-8°. Ce volume contient, avec le fameux mémoire sur les municipalités rédigé par Dupont, et que Mirabeau, après avoir essayé de faire passer pour sien auprès de M. de Galonné, attribuait maintenant à Turgot lui-même, une Lettre adressée à M. le comte de M. . . par M. . .sur le plan de M. Turgot, et des Observations d'un républicain sur les différents systèmes d'administrations provinciales, particulièrement sur ceux de MM. Turgot et Necker, et sur le bien quon peut en espérer dans les gouvernements monarchiques.
(1) Nous ne mentionnons pas les éditions postérieures à la Révolution de certains ouvrages de Mirabeau : notamment de YEssai sur le Despotisme, du livre sur les Lettres de cachet, des Considérations sur l'ordre de Cincinnatus.
Réponse aux alarmes des bons citoyens. Paris, 1788, in-8°, brochure contre les Parlements, écrite à la sollicitation du ministère Brienne.
Histoire secrète de la cour de Berlin ou Correspondance d'un voyageur français du 5 juillet 1786 au 19 janvier 1787. Ouvrage posthume, 1789, 2 volumes in-8° (imprimés à Alençon).
La Galerie des États généraux, 2 volumes in-8°,
Épigraphe : Nullo discrimine habebo. Tros Rululusve fuat.
La Galerie des dames françaises pour servir de suite à la Galerie des États généraux, par le même auteur. Londres, 1790.
Ces deux collections de portraits doivent être principalement attribuées au marquis de Luchet et à Laclos. Néanmoins Mirabeau y a certainement collaboré. Le portrait de Mme du Barry, par exemple, sous le nom d'Elmire, a été rédigé par lui dans des circonstances que racontent les Mémoires de Brissot. C'est encore Mirabeau qui doit avoir fourni au moins les éléments du portrait de Necker, sous le nom de Narsès, et du sien sous le nom d'Iramba.
Théorie de la royauté, d'après la doctrine de Milton. in-8°, 1789. Précédée d'un Essai sur Milton et ses ouvrages. La part que Mirabeau a prise à la publication de cette traduction d'un fragment emprunté à l'ouvrage de Milton, intitulé : Défense du peuple anglais, est établie par le témoignage de Dumont de Genève. D'ailleurs, dans sa brochure sur la Liberté de la presse, publiée sous son nom, Mirabeau a déjà commencé à traduire des fragments politiques de Milton. Mirabeau a eu comme collaborateurs de sa Théorie de la Royauté, d'après Dumont, Servan, et aussi peut-être Salaville.
Les ouvrages anonymes qui viennent d'être énumérés sont les seuls qu'on puisse attribuer en tout ou en partie à Mirabeau, d'après des preuves ou des probabilités sérieuses.