‹ Les Mirabeau (volume 3)Chapitre 25 sur 37 · SECONDE EVASION · texte numérisé non relu

SECONDE EVASION

Encise. C'est Malesherbes qui paraît avoir désigné celle de Doullens (1).

L'ordre de translation avait été signé le 30 avril. Presque en même temps que Mirabeau en était informé, il apprenait la retraite du ministre. C'était là, suivant sa propre expression, « un coup de foudre » qui l'atteignait directement. En effet, s'il n'avait pas obtenu gain de cause complet auprès de Malesherbes, il avait du moins rencontré chez lui un souci de la liberté individuelle, un désir sincère d'impartialité qui avaient assuré un bon accueil à toutes ses plaintes, à toutes ses justifications, et qu'il ne pouvait espérer retrouver chez le ministre nouveau, M. Amelot. Dès lors, la pensée d'une nouvelle évasion se présenta à son esprit. Eaut-il croire que Malesherbes lui-même l'ail fait encourager secrètement dans colle pensée? Mirabeau l'insinue dans un de ses mémoires composés au donjon de Yincennes. « M. de Malesherbes me fit dire, écrit-il, que je n'avais qu'un parti à prendre qui était de passe)' dans le pays étranger, et d'y prendre <\r> grades ; que mes affaires Raccommoderaient mieux dans nioii rloigneinenl ; et qu'enfin ce conseil était le dernier service qu'ij pourrait me rendre, parce qu'il quittait le ministère. -I»1 sentis <•(■ que renfermai! ce peu de mots. * Nous y voyons toul simplement, <|uani à nous, l'expression d'un sentiment que nous avons constaté déjà clic/

(ij Peut-être avait-elle été demandée par la famille de Ruffey, qui voulait avant toul éloigner Mirabeau de M"1* de Moanier.

Malesherbes : à savoir que Mirabeau devail décider à s'expatrier s'il ne parvenail à rentrer en grâce auprès de son père; que. par celle détermination, il rendrait sa mise en Liberté plus facile.

Que le ministre ail voulu pousser le prisonnier à enfreindre Tordre même qu'il lui signifiait, cela ne nous paraît pas admissible, el ce n'est pas d'accord avec la conduite et le langage antérieurs du premier.

En tous cas, l'occasion était bonne pour Mirabeau, et elle pouvait ne plus se représenter dans la forteresse où il allait être conduit. M. de Montherol, le grand prévôl de Bourgogne, s'était l'ait son prolecteur, et s'il n'étail pas dispose à seconder un plan d'évasion, il lui avait du moins procuré toute la liberté nécessaire pour le combiner et l'exécuter. M. de Ghangey, le commandant du château de Dijon, s'était également inleressé à lui sur la recommandation de M. de Montherol, et l'avait introduit dans sa propre famille, qui le trouvait fort aimable; d'ailleurs, cet officier était absent de Dijon à ce moment, el retenu à Paris. Mirabeau n'eut donc point do peine à prendre ses dispositions. 11 commença par faire le malade pour gagner du temps. Déclare non transportais par M. de Montherol, il risque, le 1 i mai, une première tentative d'évasion qui échoue, mais qu'il esl assez habile pour dissimuler (1). Quelques

(1) Nous voyons d;nis une lettre adri — e a La marquise do

Page 1