‹ Les Mirabeau (volume 4)Chapitre 2 sur 40 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

L'histoire intime de cette race orageuse, dont les dissensions ont dépassé tout ce que le même temps nous offre de plus scandaleux, soulevait nécessairement des questions trèsdélicatés. La préoccupation constante de M. de Loménie a été de ne toucher à ces questions qu'autant qu'il ne pouvait s'en dispenser ; il ne s'est jamais départi de la gravité du véritable historien, qui ne cherche ni à atténuer, ni à embellir le mal ; il a évité surtout de divulguer d'autres secrets que ceux que les membres de la famille eux-mêmes n'avaient pas su garder. Le marquis, et plus encore la marquise de Mirabeau ont qu effet livré les premiers leurs griefs respectifs en pâture à la curiosité publique par des mémoires imprimés, répandus à de nombreux exemplaires et qui, au siècle dernier, ont défrayé la malignité de leurs ennemis et celle même de leurs amis. Leur célèbre fils a rempU la France du bruit de ses désordres, et lorsqu'une indélicatesse coupable livra à l'impression les lettres écrites de Vincennes, ce qui avait pu rester dans Tombre des scandales des Mirabeau fut étalé en pleine lumière. Rien de ce qu'on en dira ne peut dépasser en ce genre ce qu'a

écrit le prisonnier de Vincennes. Ce grand • procès entre le père, la mère et les enfants ayant été plaidé avec passion devant le public, n'est-ce pas faire acte de justice que de s'en constituer le rapporteur désintéressé èt d'essayer de démêler la part de responsabilité de chacun dans ce conflit de récriminations fu* rieuses et contradictoires?

Le marquis de Mirabeau qui, seul de toute sa famille, a mis quelque pudeur dans l'exposé de ses griefs et quelque ménage* ment dans ses attaques publiques contre ses adversaires, a toujours attendu cette heure de justice impartiale. Dans une lettre du 16 septembre 1776, son frère, le bailli, lui conseillait de faire brûler t0$$ les papiers relatifs à ses querelles domestiques ; le marquis lui répond, le 28 septembre : c J'oubliais un article principal de ta lettre, qui est de mettre à part les papiers concernant cette race et leurs délits, afin qu'on les brûle après moi. Jefais des dossiers et des cartons principaux, mais pour qu'ils soient conservés Figuretoi moi mort. . • » . , ceux qui y seront alors auront grand besoin do preuves que je n'accumule que pour après moi ,elpuis, quand

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