‹ Les Mirabeau (volume 4)Chapitre 28 sur 40 · LE BAILLI ET LES MILICES GAHDE-COTES · texte numérisé non relu

LE BAILLI ET LES MILICES GAHDE-COTES

entre le quatrième et le cinquième en hommes, mais aussi parce que celte machine-là n'a point encore reçu d'organisation fixe, et que ce que Ton a fait à cet égard ne peut se soutenir. Toutes les autorités quelconques se croisent à ce sujet. Les commandants, ^es intendants, les inspecteurs, les maires, les syndics, les mallôtiers, tout instrumente sur ce malheureux peuple et tous veulent avoir voix au chapitre. Chacun a sa façon do penser, chacun a son intérêt ou sa vanité, et quïdquid délirant reges , pleclunlur AchivL » L'année suivante, il écrit: « J'ai été assez heureux pour faire décharger le peuple d'une partie du service qu'on exigeait de lui l'hiver. J'espère encore parvenir à procurer une petite diminution sur le nombre de soldats gardes-côtes. Je notions encore que des espérapces; il me reste à prier Dieu que je réussisse, et je dirai ensuite d'un grand cœur le Nunc dimiltis, » Cette préoccupalion, dont nous pourrions citer beaucoup d'autres exemples, prouve combien l'organisation des milices garde-côtes laissait à désirer. Mais ce n'est peut-être pas une raison suffisante, surtout à Tépociue où nous vivons, pour motiver l'absence de toute organisation défensive de notre littoral.

Quoi qu'il en .soit, ne voulant point insister sur une question étrangère à notre compétence, nous laisserons de côté, dans la correspondance du chevalier de Mirabeau avec le inanpiis son frère, tout 06 qui concerne la mission spéciale dont il est

LKS MIRABEAU

chargé, pour y chercher seulement les trails de earactére qui peignent Thommo, les divers incidenlâ de cette période de sa vie, et les réHexions que lui suggère Télat des provinces qu'il parcourt au moment où la France porte le poids d'une guerre malheureuse.

Il a commencé ses tournées par la Picardie, et le ai mai 1759 il est à Dankerquc. Il vient de traverser TArtois, dont Tair riant Ta frappé, t II y a vu^ dit-il, avec plaisir, le peuple plus content; enfin on y dansait. » L'aspect de Dunkerque est plus triste: le port et Tarsenal sont encore dans Télat où les a laissés Louis XIV, force par le Irailé d'Utrecht de les démolir, t On ne peut penser sans une profonde humiliation, écrit le futur bailli, que l'on nous a forcé la main pour détruire nous-mêmes cette place, qui, comme arsenal do marine, aurait une sorle de pied sur la Tamise, le Toxel et même le Nord, et, comme place de commerce , le disputerait à Amsterdam, et ferjit une liaison et un entrepôt du Nord et du Midi. Le délabrement affreux de ceci fait une vergogne que j'ai sentie comme bon Français, attaché à la gloire du roi et de la nation, et que j'ai eusuite rengainée comme homme devenu un peu plus sage, puisque c'est de ce mot qu'il a plii à notre siècle do baptiser la sorte de perversité de cœur qui fait ([u'on sacrifie la vérité à la crainte de déplaire, et quon se désintéresse do tout ce qui n'est pas soi-même. >

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