POPULUS
Nul ne savoit.
Gens y furent de mainte guise Y donc si sage n'y aveit De nostre eveque et gens d'église Qui sachent qui avoit frapée Ceste beste cruelle et felle.
Mais son escu et son espée Lessa senglans au plus près délie.
L'evêque n'y sceut qu'aviser Quant au regart de celle ensaigne Fors porter pour en délivrer Au Mont de Gargaine en Champaigne.
Nous deulx icy les portion En espérant de Dieu la grâce Mes tant plus fort nous allioa Plus eslognion de la place.
Ung jouvencel après trouvasmes En chemin qui fut endement.
Que portion nous lui contasmes
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(Jui nous introduyt grandement, Et de faict nous fist retourner, Disant estre lange Michel Qui venu est sans séjourner Pour le serpent lassus du ciel
JàCQUELIN SECUNDUS SERV1TOR.
Mon seigneur faictez bonne chicre Quer nous approchon fort du Mont , Prenez en tous bon reconfort Tantost arriveron au lieu, Nous y seron , je m'en fais fort Dedens demain au plaisir dieu.
ÂBBAS.
11 est jour Jennyn. Lieve toy Et nous euvre celle fenestre.
J'ay le cueur en si grant esmoy Que plus ycy je ne vuyl estre.
Pas ne seroit en ma puyssance De dormir ne de reposer :
One de tel fait n'eu congnoissance Je n'y saroye que supposer.
Jennyn.
La fenestre si est ouverte Il est jour dont je suys bien- aise Oncques pour gaigne ne pour perte Mon cueur ne fut si mal à l'aise Gomme il a esté ceste nuit, Je ne scay dou ce m'est venu.
Je ne vouldroye pas qu'ennuyt Pour rien estre si court tenu.
Primus custos.
Depuys que m'alay recoucher, Après la tourmente passée , Laisir n'eusse eu de me moucher, Tant ay esté en grant pencée.
Il est jour, dont je remercie Dieu d'estre hors de ceste paine ; Mais touttefois bien me soucie D'où vient ceste chose soudaine.
Secundus custos.
Je n'ay pas trop grande savance, Mais je vous diray comme indigne Qu'en cest hostel, à ma cuydance, A quelque chose qui est digne ;
Aultrement ne ce pourroit faire Selon que puys apercevoir.
Monseigneur aies cest affaire A nos frères faire assavoir.
Abbas (Intrando in ecdesiam).
Alon à eulx. Ilz sont levez
Ilz sont icy dedens l'église
Vous gardes, estre y devez
A la garder que nul n'y nuysse ,
Quer cest vostre commission
De garder l'autel et reliques.
De ce faire avez pension
Gardez les myeuk que gens iniques.
(Dicit fratribus suis.)
Frères entendez tous a moy Une chose sur mon cueur tire Qui le tient en si grant esmoy Qu'a paine je vous saroye dire.
Sachez que quant nous en alasmes , Er soir, pour nous devoir coucher, Nos huys et fenestres fermâmes Si bien que nully aproucher N'en povait en nulle manière, Tant estoient fermées bien à point.
Puys me couché et chacun frère En noz liz très bien et a point.
Pas ne dormismes longuement,
Qu'il vint une tel fraction
Qu'onc ouy ne fut tel tourment,
De quoy soit faicte mencion.
De ce fusmez tous esvillez
De dormir nous n'avions garde,
Et tous ainsi esmervillez
Nous levasmes, sans point de tarde,
Cuydans qu'aucuns larrons y fussent.
Lostel fut serchié promptement :
Et nulz pour serchier que ilz peussent
Rien n'y trouvèrent nullement.
Si sercha l'en par les corniers ,
Et par costières, et par boutz
Sur les trefs, et sur les sabliers,
Tant par dehors que par desoubz.
Puys que tout ainsi serché fut,
Sans y trouver aucune chose,
Et qu'on eut fait le mieulx qu'on peult ,
Chacun après si se repose.
En son lit, comme auparavant,
Sans point dormir une estincellc
Plus à malvises que devant,
Nous avon esté de plus belle.
Nous ne savon que ce peult estre,
A vous venon conseil quérir,
En priant le doulz roi celestre,
Qu'il luy plaise nous secourir.
Dictez m'en vos oppinions,
Et qu'un poy ycy me repose.
PlUMUS MONACHTJS.
Assez sages ne serions
A respondre de si grant chose
C'est ung cas ycy mervilleux ; ;
Je croy que ce soit ung miracle. ;
Dieu nous en face tous joieux, \
Et luy plaise que par signacle , î Ou par aucune demonstrance ,
Nous en vuylle faire certains , !
Pour plus confermer sa créance, i
Et sans de luy estre lointains ; \
Je lui supli de sa grâce , {
S'il lui plaist, au'ainsi soit parfait. 1
\ Secundus Monàghus. '
Je lui prie que certains nous face
Qu'il est à faire de cest fait.
Monseigneur, vous estes bien sage, ^
Et avez en vous grant science ,
Pour pourvoir de vostre courage
A cest fait cy, com je pence ;
Tout ce que vous adviserez ,
Pour ce cas cy, nous le feron.
Abbas.
Mes amis estes et serez , Sou me croiez nous juneron , Troys jours continuellement , Prians Dieu qu'il luy vieulle plaire A nous donner entendement De ce cas cy qu'il est a faire.
Et si la chose vient de luy La luy plaise réitérer ;
Aussi, s'el ne vient de par luy Lui plaise le fait modérer, Et si le fait est fantasie, Ne nous souffre plus tourmenter.
Chacun de nous ne vouldroit mye