‹ Les Miracles du Mont Saint-Michel: fragment d'un mystère du XIVe siècle, publié avec introductionChapitre 4 sur 5 · POPULUS · texte numérisé non relu

POPULUS

A la place suymes venuz Que désirée avons souvent A saluer suymes tenuz L'abbé de cy et le couvent Et puis après notre message Raconteron sans nul deffault.

CONSULTUS POPULI.

Sire, vous parlez comme sage, Et ainsi entendre le fault.

Après vostre loquence dicte Verron bien, se c'est leur plaisir, Que la chose soit reconduyte Avecquez eulx et s'en saisir Juscquez ad ce point n'est possible Que nous en puysson rien savoir.

C'est jouel a qui est sensible Profite plus qui or ne avoir.

Alon d'accort leur présenter Et par ytant en seron quictez.

Populus.

C'est bien dit : sans nous sermenter De nous en croire aront méritez

(Dicit abbati.)

Celui qui est sans finement Messeigneurs vous doint bonne estraine ; Si ouyr vous plaist benignement, Le cas vous diron qui nous mené.

Mainart abbas Montis.

Volentiers vous escouteron

Quer vous nous semblez gens honnêtes

Par quoi point ne vous doubteron;

Quer gens de bien pert que vous estes.

À voir à vostre filomie

Ignorer n'en fault nullement.

Populus.

De rien ne vous mentiron mie,

Pour nous seroit fait follement ,

Et vroy qu'au party dont nous sommes

Avoit ung serpent molt cruel

Nagairez qui femes et hommes

Devouroit à perpétuel.

Du peuple la communité

S'efforça pour le pourchacier

Veant sa grant malignité

A le tuer ou le chacier.

La ou son retraict il faisoit

Sourviiit de commun grant faison Quer touteffois qu'il luy plaisoit Envenymoit tout de poison.

En un maroys trouvé couché Fut dudit peuple habitué Ou il avoit été touché Et frapé à mort et tué.

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