‹ Les Misères d'un timbalier, vaudeville en 1 acteChapitre 7 sur 27 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Lis Vîmes, LEONARD.

Léonard, à ta cimtoiinuifc. Riez!. riez).

[Il entre et a un (ôte de ses > étemens couoeit de boue ; son chapeau lui cache presque Us yeuse.) Voilà des êtres parfaitement brutes*. rire des infirmités d’autrui me parait un procédé bien inférieur.

V” rOUVF.T. Ail! mon Dieu!, inoutieur Léonard, comme vous voilà fait!.

SYLVIE. Qui a donc pu vous éclabousser de cette manière- là h

LÉONARD. Qui?, parbleu, un cabriolet., un fat de cabriolet qui m’a choisi exprès pour m victime.

H— JOLIVET. Oh ! exprès!.

LÉONARD. Oui, exprès !. car ces clioseslà n’arrivent qu’à moi.. Oui, je le répète!

exprès, puisqu'il y avait là cinquante personnes qu’il pouvait éclabousser aussi bien que moi.. J’ai couru après lui pour apostropher son lusolcnt conducteur, je l'ai rattrapé, et sans hésiter, je l'ai appelé :

rien du tout!. Alors, il m'a allongé un immense coup du manche de son fonet..

qui nous a laissés , moi et mon chapeau , dans la situation ridicule où voua nous surprenez..

M— JOLIVET. Ça séchera..

LEONARD. Ça séchera !. ça séchera vraisemblablement . Eu attendant, me voilà joli garçon..

Air : Qu “il est flatteur ét épouser celle .

A mon départ, propre et sans tache ,

J'élai» d’une seule couleur...

Comme lu lis quand il se cache ,

ConiUiC'la rose en sa fraîcheur; liais depuis le moment funèbre Oir cet animal m'a taclic...

Je m’ fais vraiment l'effet d’nn zèbre,

Ou bien d'un œillet panaché.

J’ai un guignon inusité., quoi que ce soif cherche sans cesse à me vexer., et tout la monde me déteste..

Sylvie. Tout le monde?.

léonard. Oh !. excepté vous, je le sais..

Eli bien!, ce même amour dont nous sommes atteints l'un et l’autre est encore pour moi une source d’amertume , puisque M“* Jolivet me refuse votre main à laquelle j'aspire d’une façon déplorable. , Sylvie. Déplorable...

léonard. Déplorable! belle Sylvie...

c’est le mot... Elle absorbe mes facultés et l’imagination dont j’étais farci... Croiriez-vous que je ine surprends à battre la mesure à contretems... ou à ne pas la battre du tout. . . ou bien encore à nie la battre sur les doigts... et il n’est pas dur d'être la proie d’une passion aussi violente et dont les résultats ne peuvent se calculer!

M”' jolivet. Calmez-vous , monsieur Léonard... Je ne vous ai pas refusé positivement...

léonard. Quoi! vous consentiriezà cette union fort assortie. . . succulente, madame Jolivet*

«"•wlIviT. Ebbien ! oui, j’y consens..

léonard. Ah! enfin je goûte 1e bonheur/ K“* jolivet. J’y consens... mais à uue condition...

Léonard. Bon... à une condition... Je connais ça. .. c’est-à-dire que vous ne consentez à rien...

M"* jolivet. Comment?

léonard. Madame Jolivet... bien que mon physique ne manifeste pas le génie d’un poète, d’un auteur ou de tout autre écrivain public, croyez bien que mon intelligence s’élève de beaucoup au-dessus de la grue... C’est vous faire entendre que je n’ignore point ce que ça signifie, quand on dit à quelqu’un t <■ à une condition. »

C’est toujours quelque chose d’impossible 4 qu’on va lui proposer.

n mc jolivet. Mais si ma condition A inoi était facile à remplir?

léonard. Ce serait miraculeux! Voyons, la curiosité me pousse à vous prier de vous expliquer ?

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