‹ Les Misères d'un timbalier, vaudeville en 1 acteChapitre 9 sur 27 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes, GRANDIN.

grandin, à lui-même. Je viens de voir mon malade. C’est singulier, il va plus mal, et pourtant je le traite homéopathiquement.

SYLVIE, à Léonard. Quoi ! vraiment, chez un banquier?

léonard. Chez le banquier Eptmann...

grandin. Hein ?.. Qui est-ce qui parle du banquier Eptmann ?

léon ard. Moi , monsieur, qui vais entrer chez lui, en qualité de commis.

grandin. Mais il me semble qu’il n’y avait qu’une place vacante ?

Léonard. L uc seule et unique.

grandin. Et je l’ai obtenue aujourd’hui.

LÉONARD. Vous?

grandin. Moi-même.

Léonard. Ça n’est pas possible!

grandin. 11 est possible qucçancsoitpas possible... mais ce qu’il y a de sûr , c'est quq cette place m’a été accordée ce matin.

léonard. Ce matin! Mais je ne vous connais pas ; nous n’avons jamais joué aux dominos ensemble ; nous n’avons pas été eu nourrice dans le même pays ; nous n'avons gardé ensemble aucune espèce d’clrcs quelconques ; eu un mot, je ne sais pourquoi vous me faites du mal, à moi qui ne vous ai jamais rien fait...

grandin. Ali ça ! à qui en avez-vou» ?

léonard. Cette place vous était donc bien nécessaire?

grandin. Mais cen’cst pas pour moi que je l'ai demandée ; c’est pour un jeune homme qu’un de mes amis protège.

Léonard. En voilà de la noirceur !.. Ce n’est pas pour lui !.. C’est pour un individu qu'il ne connaît pas... Mais vous êtes donc bien acharné après moi ?

grandin. Vous êtes stupide !

léonard. Voilà qui est agreste.. Moi , stupide ! Non, tyran... non, je ne suis pas stupide... Je pourrais l’étre... j’aurais le droit de le devenir... il m’arrive assez d’événeinens pour ça... Mais non, je me retiens , j’ai pitié de mes ennemis... de vous tout le premier.

SYLVIE. Monsieur!

léonard. On veut me rendre malade, l'univers voudrait me rendre malade. Eh bien! non ! je ne serai pas malade. Je mangerai, je dormirai, et j’engraisserai. Je deviendrai énorme ; je serai gai, je rirai toujours. (Il rit.) Ali ! ah ! ah !

grandin. Eh ! comme vous voudrez. Je vous salue, madame Jolivet.

(Il *ort.)

c 98 eaogai » ; « o a a<)eeaa o aGco c < if i ciroan 8 coa ia g iî i a» i<n a

Page 1