‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 29 sur 238 · ICONOGRAPHIE — ASCENSION · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE — ASCENSION

couvre ses cheveux ; son manteau, fermé sur la poitrine par une fibule, s’ouvre pour donner de l’aisance au geste des bras, et laisse voir sa robe, ceinte à la taille; les pans du manteau sont

resserrés plus bas par un gros nœud, de manière à former fourreau le long des cuisses et des

jambes. Dans le bas, sont réunis les Apôtres ; l’un d’eux occupe le milieu de la composition ; il est

vu de dos, la jambe gauche = de six Apôtres : l'un, au pre-

rejetée en arrière et reposant 6 EAT mier plan, presque de face, la

sur la pointe du pied ; le corps main droite tombante, légère-

portant sur la jambe droite; £ ment écartée du corps, la main

il regarde en l’air, la main gau- &S SAN] gauche levée en avant de l'é-

che levée au-dessus de sa tête. paule et présentant la paume ;

A gauche, quatre de ses com- près de lui, le second, posé pagnons : l’un, de profil, regar- de profil, le regard dirigé vers dant vers la droite, les mains Marie; derrière eux, quatre croisées sur la poitrine; un autres dont on ne voit que la

autre, presque de face, les tête et une partie du buste. Au

mains jointes, la tète levée; second plan, à gauche, mon-

les deux derniers, ne montrant ticules escarpés. Au fond, vers

la droite, une ville. — Cette

que la tête et une partie du

Ascension. — Miss. Rom, 80, 30 juillet r$06,

buste. À droite, autre groupe Bern. Stagninus.

gravure est reproduite dans un grand nombre de Missels imprimés par L.-A. Giunta et par ses héritiers.

Le Missale Romanum, 8, 30 juillet 1506, Stagnino, nous donne une composition analogue, sauf une variante assez importante que nous allons indiquer. Les Apôtres sont groupés de même: cinq à gauche, six à droite. La SY Vierge monte au ciel, enveloppée d'une auréole de nuages dentelée et rayonnante; elle tient des deux mains sa ceinture qui pend vers la terre. Sur une éminence de terrain placée derrière le groupe de gauche, S' Thomas, le genou droit en terre, tend les deux mains pour recevoir la ceinture que lui donne la S' Vierge afin de le consoler de n'avoir pas été présent à sa mort (Légende dorée, ch. exix). Derrière St Thomas, un bouquet d'arbres. À droite, au dernier plan, monticules

escarpés. — L'auteur de cette composition, bien qu’elle soit postérieure à celle des Missels

Giunta, est resté dans la tradition, qui allait bientôt disparaître avec les artistes du seizième

siècle. Sans parler de l'épisode de St Thomas, qui est l'interprétation fidèle de la légende, il a donné à la Ste Vierge un aspect hiératique, d’une sévérité qui n’est pas exempte de raideur. Le graveur a sa part, il est vrai, dans l'impression qui se dégage de cette vignette ; il a respecté la pointe d’archaïsme traditionnel introduite par le dessinateur, sans que pour cela son travail soit moins fin ni moins délicat, assurant ainsi à cette gravure une supériorité incontestable sur celle des Missels Giunta. Et cependant, dans cette dernière, en dépit de ses défectuosités, le

personnage de Marie accuse un souci plus marqué de l'élégance; c’est bien encore la mère

du Christ, mais c’est aussi la femme, divinisée par l’art néo-païen de la Renaissance; elle

fait pressentir le type que vont offrir les Missels des dernières années du seizième siècle, où le

sujet mystique de l’Assomption se transforme en une véritable apothéose de la grâce et de la

beauté féminines.

Le Missale Romanum, 4, 3 juillet 1509, Stagnino, — outre le bois de page que nous venons d'examiner, — contient une petite vignette où le même sujet est traité, mais nécessai-

rement réduit. La S% Vierge, sans nimbe, les cheveux couverts d'un voile, drapée dans son manteau, le corps de trois quarts incliné vers la droite, est enlevée au ciel par des anges, dans

une auréole rayonnante et bordée de têtes d'anges ailées; sa main droite retient, au-dessous

de la taille, les plis gende, sauf le point

de son manteau ; d

qui sépare les deux la main gauche, elle lettres B M. — Une laisse pendre sa cein- mauvaise copie de la

ture vers S' Thomas mème vignette figu-

qui est agenouillé re dans le Missale

à droite, sur un ter.

Romanum 4, 20 oc-

tre, les mains tom- tobre 1520, Jaco-

bantes, écartées du bus de Leucho : la

corps, et regardant SÉNORENENTNE

Marie. À gauche, droite, le corps in-

un bouquetd’arbres. cliné très oblique-

Au fond, vers la ment vers la gauche;

gauche, une ville, et S' Thomas, nimbé,

à droite, des monti- est agenouillé, de

cules. Dans le bas, profil, à gauche. Au

la légende : asvur- fond, à droite, des

TIO-B-M- (sic). — Un

maisons. — Un en-

bois semblable se cadrement de page

trouve dans le Mis- du Missale Roma-

sale Romanum, 4°, num, 8°, 6 février

20 décembre 1510, 1518, Stagnino,

Gregorius de Gre- nous montre encore

gori même com- une autre Assompee À , Ascension. — Miss. Ront., 49, x6 septembre 1312, Jacobus Pencius de Leuchos a : position, même lé- É DA IN OLe in ae QU 0 fra tion: la SX Vierge,

les bras ouverts, est portée au ciel, entourée de têtes d’anges ailées

à ses pieds,

yes musiciens

trois petits anges, jouant de divers instruments ; un peu au-dessous, trois autres an en buste.

Nous avons dit tout à l'heure comment les artistes de la fin du seizième siècle avaient modifié, pour cette représentation, la donnée de leurs prédécesseurs. Un petit bois du Missale Romanum, fol., 1563, Juntæ (verso 269) et un bois de page du Wissale ord. fratr. Prædicatorum,

des mêmes imprimeurs, nous serviront d'exemples pour indiquer cette transforma-

tion. Dans la première de ces gravures, la S® Vierge, couronnée, nimbée de neuf étoiles, les mains jointes, environnée d'une auréole que bordent des nuages avec deux têtes ailées de chaque côté, est enlevée par deux anges dont le corps s’allonge horizontalement; au-dessous, les Apôtres,

dont on ne voit que le buste, les mains levées vers le ciel. — La seconde vignette est comme le

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