ICONOGRAPHIE — BETHSABÉE
mine en une sorte d’aileron dont la pointe est recourbée. Dans le mur du fond, au-dessous et un
peu à droite de la guirlande, s'ouvre une fenêtre cintrée Idont l’entablement est garni d’un tapis
à frange; le roi David s'y tient accoudé ; il est coiffé d’un bonnet ceint d’une couronne fleuronnée :
la tète légèrement tournée vers la gauche, ilregarde la scène qui remplit la partie inférieure de la gravure.
Un bassin rectangulaire en occupe les trois quarts, vers la gauche; au milieu, sur un piédouche orné, est posée une vasque circulaire ; un filet d’eau y tombe, fourni par une statuette d'enfant, vue de face dans l'attitude du fameux Manneken-pis de Bruxelles, la tète inclinée sur la poitrine et portant une petite urne. À gauche du piédouche, Bethsabée, nue, est debout dans l’eau qui monte jusqu'au haut
cuisses, les cheveux
flottants, le buste et la tête tournés vers la droite, les deux mains tendues dans la même direction, d'où ar-
rivent deux servantes : la
dème, et robe du même
miroir à la surface duquel
en avant, sont déposées la robe et les mules de Bethsabée. Le fond, à gauche, est
quet d'arbres. Au premier
première, la figure de pro-
fil et le corps de trois
hu)
DDDIINAN
quarts, a les cheveux serrés dans une résille qui laisse pendre une mèche
sur le cou, la tête ceinte
d'un diadème, la robe échancrée en carré sur la poitrine, le buste penché
et la jambe gauche inflé-
chie en avant; elle tient de
la main droite un plateau
de fruits posé sur une serviette ; de la main gauche, elle porte une aiguière, une autre serviette jetée sur son avant-bras. La seconde servante, plus à
droite, n'est visible que
jusqu'à la ceinture; elle
St Benoît, St Placide et St Maur. — His. ord. Casiw
fn Gb, est posée de trois quarts;
1580, Dominicus Nicolinus.
même coiffure sans diagenre ; de la main droite, elle présente du côté de Bethsabée un sont indiqués deux yeux, un nez et une bouche. Au pied du bassin,
arni d’un bou-
plan, près du piédestal de la colonne de droite, une passiflore.
Calendrier : Mois d'Août. — Miss. Rom, 49, 3 juillet 1309.
Bern. Stagninus.
CALENDRIER. — La question du calendrier n'entre, à proprement parler, dans le cadre de notre étude, qu'à cause des petites vignettes qui ornent cette partie dans certains Missels; mais nous ne croyons pas inutile de dire d'abord quelques mots sur la disposition du calendrier, tel qu’il est donné en tête de ces ouvrages, et sur la transcription en style moderne des dates de leur publication.
Jusqu'à la réforme édictée par le pape Grégoire XIIT et mise en pratique à partir du 4 octobre 1582, on fit usage du Calendrier Julien, établi par Jules César en 46
. Les Missels lui conservent la forme latine, avec la division du mois
avant Jésus-Chris
en trois périodes déterminées par des jours fixes, savoir :
Kalendæ, 1* jour de chacun des douze mois ;
jour de janvier, février, avril, juin, août, septembre,
None, novembre, décembre ;
7° jour de mars, mai, juillet, octobre ;
13° jour de janvier, février, avril, juin, août, septembre,
Idus, novembre, décembre ;
15° jour de mars, mai, juillet, octobre.
Les autres quantièmes se comptaient en rétrogradant à partir de chacune de ces trois dates; par exemple, VI Kalendas octobris (sous-entendu ante) signifie le sixième jour en remontant à partir des Kalendes d'octobre, c'est-à-dire le 26 septembre; IV Îdus Junii, le quatrième jour en remontant à partir des Ides, c'est-à-dire le 10 juin. Le jour qui précédait immédiatement les Kalendes, les Nones et les Ides, portait la désignation de Pridie Kalendas (la veille des Kalendes), ete. : ainsi Pridie Idus Augusli, la veille des Ides d'août ou le 12 août. Le jour des Ides était le dernier qui fût indiqué par le titre du mois courant, puisque, à partir du len-
demain, le point de départ des quantièmes était le jour des Kalendes du mois suivant;
ainsi XVII Kalendas Aprilis est le lendemain des Ides de Mars, autrement dit le dix-
septième jour en remontant à partir du 1° avril, soit le 16 mars. Quelquefois, le lende-
main des Kalendes, ou second jour du mois, était appelé Postridie Kalendas au lieu de IV ou VI Nonas; cette formule était plus rare pour le lendemain des Nones et des Ides.
Le calendrier, ainsi établi, est précédé généralement d’une courte notice sur les divisions de l'année en mois, semaines, etc. En tête de chaque mois, on indique la différence du mois solaire et du mois lunaire, la durée des jours et des nuits, le signe du Zodiaque. Les dates sont accompagnées, en joutre, de l'énonciation du Nombre d’or, de la Lettre dominicale, des fêtes avec leur valeur liturgique (double-majeur, double-mineur, semi-double, etc.) et renvoi aux feuillets du livre où se trouvent les offices relatifs à ces fêtes.
£ Dans un assez grand nombre de Missels du seizième siècle, chaque page des mois du calen-
drier est ornée, soit en tête, soit au bas, d’une petite vignette, qui, jusque vers 1550, est divisée par un trait en deux compartiments inégaux : le plus petit, à gauche, renfermant le soleil, sous l'aspect d’une tête humaine rayonnante et flamboyante, accompagnée de la figuration du signe du
Zodiaque; celui de droite, une représentation des occupations agricoles ou ménagères qui con-
on
viennent aux diverses époques de l’année. Nous allons citer comme exemple les douze vignettes du Missale Romanum, 4°, 3 juillet 1509, Stagnino; nous prenons pour type cette série de bois, parce qu'ils ont été souvent copiés ou imités, et qu'ils sont des meilleurs comme dessin et comme
taille :
Janvier. — Signe du Zodiaque: le Verseau, sous la figure d'un jeune garçon versant l'eau d'une amphore qu'il tient penchée sur son épaule gauche. — Grand compartiment : inté-
rieur de cuisine, avec une grande cheminée au fond; un homme et une femme sont assis au coin
du feu à droite; un enfant tourne la broche à gauche ; un autre personnage est à l'extrême
droite auprès d'une table sur laquelle sont posés un pot et un verre; deux servantes, à l'extrême gauche, apportent, l'une une brassée de bois, l’autre une cruche. Dans le bas, au milieu de la
composition : ZENER, à droite gauche à droite, la tête re-
d'une paire de pincettes posée tournée en arrière. — Grand à terre. compartiment: cinq hommes Février. — Signe du Zo- sont occupés à élaguer des
diaque: les Poissons. — Grand arbres ; un autre lie un fagot.
compartiment : à droite, trois au premier plan ; une femme, hommes, vêtus d'une tunique de profil, allant à gauche,
courte, en train de fouir un emporte sur son épaule une
champ; un autre, à gauche, charge de bois. Dans le bas,
monté sur une charrette dète- à gauche, contre le pied de lée, répand du fumier avec l’homme : marTIo.
une fourche. En haut, au- AYyRiL. — Signe du Zodessus de la tète des deux diaque : le Taureau, passant,
hommes le plus à droite: tourné vers la droite. Grand
FREVER® Mars. — Signe du Zo-
diaque : le Bélier, passant de
compartiment : paysage planté
Bethsabée au Bain Miss. Rom., 89, 20 novembre 1501 d'arbres ; deux femmes, à droi-