CATHERINE DE SIENNE
= Dominicaine :; fr
pement que comporte ce sujet, il convenait à merveille pour fergure dans les compo- mer ces encadrements sitions où parait S' de page auxquels se Dominique entouré complaisent les édidesillustrations de son teurs vénitiens ; aussi ordre. Elle a comme est-ce sous cette forme attributs le lis et le de vignette étroite et
ivre, la lanterne, sym- allongée que nous le
bole ordinaire de la noineedes Canaltuies Me er ACeme lee O0 07 voyons traité le plus
Petrus Liechtenstein
chasteté, et la crosse souvent. Le premier
encadrement qui, à notre connaissance,
soit orné de cet épisode de la vie du Christ, se trouve dans
e Missale ord. Casinensis, fol., 18 avril 1506, L.-A. Giunta. Les douze Apôtres, nimbés, sont rangés autour d'une table en fer à cheval, supportée par des tréteaux et couverte d’une nappe à
frange, où sont dressés des verres, des assiettes, une carafe, deux couteaux et des morceaux de
pain. Le Christ, la tête ornée du nimbe crucifère, ayant à sa droite S' Jean, occupe le centre de la composition ; de la main droite, il élève une hostie marquée d’une croix; de la main gauche, un calice. De chaque côté de sa tête se déroule, au-dessus des Apôtres, un phylactère; celui de gauche (côté de l’hostie) porte l'inscription : noc Esr corPvs mEvm; celui de droite (côté du calice): HIC EST SANGvIS MEYS. (Cf. l'encadrement de page du Miss. Rom., fol., 10 mai 1521, L.-A. Giunta,
reproduit p. 19).
Pr
resque semblable est la gravure qui se trouve au bas de l'encadrement de la Cruci-
ICONOGRAPHIE — CÉNE î 41
Jixion dans le Missale Romanum, fol., 3 décembre 1513, Gregorius de Gregoriis ; quelques
différences, toutefois, sont à signaler. La table, rectangulaire, couverte d’une nappe à frange où
sont dres assiettes, verres, etc., n'a pas de pieds visibles et semble être supportée par les
genoux mêmes des convives. Onze Apôtres, nimbés, sont assis le long de la table et aux deux bouts : cinq à droite, six à gauche ; en tête de ces derniers, on reconnaît S' Jean, accoudé sur la
table, serré contre Jésus qui occupe le milieu. Le Christ a le nimbe crucifère; sa main gauche fait
le geste de l’allocution. Judas, privé du nimbe, est — ainsi qu'on le voit dans de nombreuses représentations de cette époque — détaché du collège apostolique ; il est assis sur un escabeau, en decà
de la table, vis-à-vis de S' Jean, de profil, tourné vers la droite, la main droite étendue au-dessus
d’un plat qui est posé devant le Christ; les autres Apôtres regardent ce qu’il va faire. Le fond
est formé par la muraille du Cénacle, où court une corniche un peu au-dessus de la tête des convives.
Dans le Mi.
la Crucifixion comprend aussi une représentation de la Cène. Ici, les Apôtres, sans nimbe, sont
ale Romanum, 4°, 24 décembre 1519, du même imprimeur, l'encadrement de réduits à neuf aux côtés du Christ : quatre à droite et cinq à gauche, en tête desquels S' Jean, appuyé contre la poitrine de Jésus. Judas est à la même place et dans la mème attitude que ci-dessus.
Le Missale ord. fratr. Prædicatorum, fol., 1
5, Juntæ, offre une gravure de texte, où se
manifestent une conception et un style tout différents. La table est de forme ronde ; on y voit
posés un plat contenant un agneau, un couteau, une coupe, des assiettes. Au milieu de la com-
position, le Christ as de face, la tête ornée d’un nimbe rayonnant, élève de la main droite une 1 à
hostie. À droite, tout près de Jésus, S' Jean accoudé sur la table, la tête baissée. À la suite, sont
rangés quatre Apôtres, dont un debout au fond ; puis, au premier plan, assis de trois quarts,
Judas, le bras droit au bord de la table, la main gauche pendante tenant un sac d'argent qu'il
semble vouloir dissimuler. À gauche, à partir de Jésus, quatre Apôtres assis, et deux debout en arrière de ceux-ci. Au fond, le mur du Cénacle avec deux pilastres encadrant une fenêtre par laquelle on aperçoit une montagne. — Signalons, dans le même Missel, une petite vignette qui fait
partie de l'encadrement de page du verso du dernier feuillet préliminaire : la table est rectan-
gulaire ; les douze Apôtres, sans nimbe, sont assis des deux côtés, six à droite, et six à gauche ; parmi ces derniers, S' Jean, serré contre Jésus, et accoudé sur la table, la tête reposant sur ses bras. Le fond est formé d’une draperie à larges plis, sur laquelle se détache la tête du Christ, ceinte d’un nimbe rayonnant.
nfermant la Cène, réduite, à
On rencontre, mais plus rarement, quelques initiales ornées re cause des dimensions, à un petit nombre de personnages. Telle est la composition qu’on voit dans un C du Missale Romanum, fol., 10 janvier 1523, L.-A. Giunta (verso 153) : la table est en fer à
cheval, posée sur des tréteaux; le Christ, au centre, fait de la main droi
le geste de l’allocution ; à
droite est S' Jean, sans nimbe, serré contre Jésus, le buste allongé sur la table, la tête appuyée sur
ses deux mains ; auprès de lui, du même côté, est un Apôtre nimbé; à gauche, S' Pierre, nimbé, la main gauche à plat sur la poitrine. Judas, nimbé, est assis sur un escabeau, en avant; il est de profil, tourné vers la droite, étendant la main droite vers un plat qui se trouve au bord de la table.
Au fond, la muraille du Cénacle, avec deux fenêtres cintrées.
42 LES MISSELS VÉNITIENS CENTURION.— Un des témoins de la Crucifixion ; c'est lui qui, sur le Calvaire, confessa
la divinité de Jésus, en voyant les prodiges dont sa mort fut accompagnée . — Cf. CrucrrixIoN.
CHARITÉ.— Représentation allégorique qui se trouve au-dessus du titre du Wissale Roma-
num, 4, 1549, Joannes Gryphius : trois enfants nus — deux à gauche et un à droite — se pressent
contre une femme qui tient sur son bras gauche un autre enfant. Cette petite vignette est entourée
d'un encadrement orné, dont les motifs principaux sont deux gaines d’où sortent des bustes
d'hommes laurés soutenant une banderole à festons avec le mot: cHarITAS.
CHRISME. — Monogramme symbolique, qui représente à la fois le nom du Christ et la figure de la croix. Dans les premiers siècles, il était formé des deux premières lettres du nom grec XPITOY,
isposées ainsi: :R. C'est ce chrisme que Constantin fit graver sur les armures des soldats et au
revers des monnaies. Souvent, il était accosté de la première lettre de l'alphabet grec 4 et de la
a, principium el finis. Ce
dernière a, d’après ces paroles de l’Apocalypse : Ego sum alpha et omeg
monogramme fut remplacé au moyen âge par un autre, formé des trois premières lettres du nom
grec de Jésus (IH2OY2); on l'écriv
ait ins en capitales ou en gothiques: la seconde lettre était sur-
montée parfois d’une croix ou du sigle de la contraction, une petite barre soit horizontale, soit
légèrement arquée (1#s, Hs). C'est un monogramme de cette sorte, inscrit dans une auréole flamboyante, que porte S' Bernardin de Sienne dans les vignettes signalées plus haut, et reproduites parmi les marques d'imprimeurs. Il figure encore, tenu par deux anges à genoux, au-dessus
du titre du Mis
ale Romanum, fol., 1596, Juntæ, et dans d’autres représentations que nous
indiquerons à leur place.
CHRIST.— Nous aurions pu rassembler, sous cette rubrique, toutes les représentations relatives aux épisodes de la vie de Jésus. Mais cette classification — très rationnelle, à la vérité n’eùt pas été sans quelque monotonie, puisque nous nous sommes imposé la tâche, non seulement d'énumérer les gravures des Missels, mais encore de décrire minutieusement les plus importantes au point de vue de l’art de l'illustration des livres. Nous avons préféré détacher de la masse de ces compositions et ranger d’après l'ordre alphabétique toutes celles qui sont connues par une appellation traditionnelle, consacrée dans l'iconographie chrétienne : ainsi, la Nativilé, l'Ado-
ration des Mages, la Cène, la Crucifixion, ete. Quant aux représentations secondaires, qui
forment le plus grand nombre, disséminées dans le texte des Missels, il serait presque impossible, et d'ailleurs sans intérêt, d’en donner une description détaillée. Nous nous bornerons done à indiquer, dans cet article, plusieurs gravures sans désignation spéciale déterminée, où qui en ont une où figure expressément le nom du Christ. Nous signalerons ensuite, mais sans y insister, quelques-unes des petites vignettes qui constituent le commentaire par l'image des Évangiles et de la légende de Jésus-Christ.
Baptème du Christ. — Cette représentation se rencontre dans les encadrements de page,
ir Vider
sm. Marc., xv, 30.)
1s autem centurio, qui eX adverso
stabat, quod sie clamans exspirasset, ait: « Vere hic homo filius Dei erat. » (Er.
notamment des Missels Giunta. Au recto 10 du Mrs
ale Romanum, fol., 10 mai 1521 (Cf. p. 19), le
bloc de gauche comprend deux scènes superpos
, dans le haut: la Transfiguration, dont nous avons parlé à l’article Apôrres ; dans le bas : Jésus, de face, debout dans le Jourdain, dont l’eau monte un peu au-dessus de ses chevilles; il est nu, sauf le perizontuwm noué autour de ses hanches : il a les mains jointes, la tête tournée légèrement vers la gauche. À droite, sur le bord du cours d'eau, S' Jean Baptiste, debout, de profil, verse l’eau sur la tête de Jésus. À gauche, sur la rive opposée, se tient un ange portant des vêtements sur le bras droit, et un autre dont on ne voit que la tête. Au-dessus du Christ plane le S'-Esprit, sous la forme d'une colombe éployée, la tête en bas ; plus haut, dans une auréole rayonnante, le buste de Dieu le Père, les bras ouverts, le regard
abaiss
: vers le Sauveur. Ce bloc est signé dans le bas, à droite, du monogramme Lvnr. — Ce er
veur à si
é des mêmes ini- = ne tient un ange, portant les
tiales, disposées un peu diffé- vêtements sur le bra
gauche.
remment, une Piefà et une L'’attitude du Christ est la
Crucifixion dont nous don- même que dans l’autre vinerons la description. (Cf. gnette. Au-dessus du Christ AvVANT-PROPOS, p. V). se déroule un phylactère avec La disposition des per- la légende : n1c EST rILIVS sonnages est inverse dans Ro-
manum, 4, 3 juillet 1500,
MEVS DILECTVS,IN QVO (72h71
un petit bois du Mis bene complacui) ; entre la
banderole et le bord de la
Stagnino (verso 17) : S' Jean gravure, la colombe divine
Baptiste est à gauche, ver-
sant l’eau de la main droite AI RE SSSR
sur la tête de Jésus; de la
volant vers la gauche.
Le Christ devant Hérode.
Comme le Chemin de Da-
main gauche, pendante, il mas, ce bois de page appar-
tient un phylactère où on lit: tient au Missale Romanum,
ECCE AGNYS DEI. À droite, se 8°, 30 juillet 1506, Stagnino, et porte aussi le monogramme 14. La gravure comprend deux scènes différentes: la principale,
au premier plan; la seconde, le Martyre de S' André, à l'arrière-plan à gauche. Le roi Hérode
est assis à droite, sur un trône orné de sphynx ailés et élevé de quatre marches; il a sur la tête une couronne à l'antique ; sa main gauche repose sur le bras du fauteuil, sa main droite levée fait le geste de l’allocution ; sur la dernière marche du trône, tout à fait à droite, est assis un garde, les jambes croisées, la tête tournée légèrement vers la droite, la main droite appuyée sur un
bâton de commandement, le coude gauche sur un bouclier dressé obliquement. De l’autre côté
du trône, à peu près au milieu de la composition, un autre soldat est debout, de face, la main
droite sur la hanche, le pied gauche posé sur la dernière marche, la main gauche sur la garde
Je
d’une haute épée; il tourne la tête vers Jésus. Celui-ci est debout, de trois quarts, regardant
Hérode ; il a le nimbe crucifère ; sa main gauche retient les pans de son manteau au-dessous de
la ceinture ; sa main droite levée fait le geste de l'indication. Près du Christ, à gauche, se tient un garde, le casque en tête, la main droite pendante, la main gauche tenant une lance dressée. Le sol est recouvert de dalles carrées jusqu'à une colonne tronquée dont le piédestal touche l'épaule
gauche du garde à l'épée. A partir de cette limite, commence un paysage montueux, où serpente une route, et borné vers la droite par un escarpement que domine un château fort. À droite de la colonne, se tient un personnage vu de dos jusqu'à la ceinture, nu-tête. Sur la route, sont échelonnés plusieurs personnages coiffés d'un turban, deux vers le milieu, vus à mi-corps ; plus à droite, deux autres, dont l’un marche les mains derrière le dos ; le second est arrêté, les mains dans les manches de sa robe; plus haut, deux autres encore, dont le premier montre de la
main gauche l'apôtre André, nimbé, lié sur une croix (tel que nous l'avons décrit à l'article
Apôrres). À gauche, un groupe de personn:
Christ de piti
Passion. Ce sujet est traité en un bois de page dans presque tous les Missels in-4 et in-8° de
s regardant aussi le crucif
. — On désigne ainsi l’image du Christ accompagnée des instruments de la