L.-A. Giunta. Le premier où groupe, se dresse la croix sur
on le rencontre est le Missale montée du /ifulus portant
Romanum, 8°, 20 novembre IN-R-I- Sur la face antérieure
1501. Le Christ est assis sur le du tombeau se lit l'inscription :
bord de son tombeau, le corps MORS MEA VITA TVA. Au second
penché en arrière, la tête ren- plan, à droite et à gauche, bou-
versée, les yeux fermés, le bras quets d'arbres. Au fond, mondroit pendant. Deux anges, pla- ticules et, sur la droite, une ville.
cés derrière lui, le soutiennent, Une représentation ana-
celui de gauche ayant le pied logue se trouve dans le Missale
droit posé sur le bord du tom- Romanuwm, 8°, 30 juillet 1506,
beau, celui de droite tenant de
Stagnino. Le Christ est assis,
la main gauche le bras gauche la main droite posée sur le bord
de Jésus, tous deux la bouche antérieur de son tombeau, la
entr'ouverte avec une expres- Christde Pitié. — Ms. Row, 80, soJuillet1506, main gauche un peu écartée du Bern. Stagninus. è
ce corps, montrant la paume ; il
sion d'angoisse. Derr
est nu jusqu'à la ceintur
; un voile enveloppe ses cuisses et ses jambes ; sa tête, inclinée sur l'épaule droite, est couronnée d'épines ; ses mains et ses pieds portent la marque des clous. Deux añges se tiennent derrière lui ; celui de gauche ne montre que sa tête et une partie de son buste ; celui de droite tient de la main gauche le bras gauche du Christ; tous deux regardent avec une
expression douloureuse le visage de Jésus. Derrière, se dresse la croix, avec le //ulus portant :
INR. À chacun des clous de la traverse de la croix est suspendu un fouet à quadruple lanière ; au clou de droite est accotée la lance qui perça le flanc du Christ; au clou de gauche, le roseau terminé par une éponge qu'on lui présenta imbibée de fiel et de vinaigre. En avant du tombeau, deux passiflores. Au fond, une ville.
De nombreux petits bois et des initiales ornées reproduisent ce sujet, avec quelques variantes.
ls Giunta montrent le Christ à mi-corps,
Certaines vignettes des encadrements de page des Mis de face, les bras pendants, les mains présentant la paume; derrière lui, la lance et le roseau à
1. — Une copie médiocre, non signée, de cette gravure, se trouve dans un Breviarium Romanum, 14 mai 1521, Gregorius
de Gregoriis.
ICONOGRAPHIE — CHRIST 45 l'éponge, entrecroisés. Dans un petit bois du Missale Romanum, fol., mars 1518, Gregorius de Gregoriis (verso 269), le Christ a la même posture ; derrière lui s’entrecroisent la lance et la colonne à laquelle il fut attaché pour être flagellé ; au chapiteau de cette colonne est suspendu un fouet à triple lanière; àterre, les trois dés avec lesquels les gardes jouèrentles vêtements de Jésus au pied de la croix. Le type est semblable dans une vignette du Missale Romanum, 4°, 20 octobre 1520, Jacobus de Leucho (recto 285) ; mais les attributs de la Passion y sont réunis en plus grand nombre. À droite, est posée obliquement la colonne, partant du pied gauche de Jésus ; à la base
de la colonne, à droite, dans l'angle, un fouet à double lanière ; à gauche, en haut, dans l'angle,
une petite tête de Christ avec le nimbe crucifère, à laquelle une tête de Judas donne un baiser;
gnette, à gauche, la bourse qui paya la trahison de Judas, et les trois clous ;
dans le champ de la v au-dessous, au dernier plan, le coq qui chanta après le reniement de S' Pierre, et, au second plan,
es dés. Derrière la colonne, à droite, passe une manche de robe d'où sort un poing fermé ; derrière la
ête de Jésus, passent, dirigées vers la gauche, deux mains étendues superposées ; on figure ainsi es injures et les sévices dontles Juifs accablèrent le Christ depuis son arrestation jusqu’à sa mort.
Triomphe du Christ. — Cette gravure, une des plus belles et des plus importantes que nous offrent les Missels vénitiens, apparaît pour la première fois dans le Missale Romanum, fol., 1577, Juntæ. Le Christ en majesté occupe le centre de la composition ; le nuage où
il est assis est entouré d’une double auréole lumineuse, dardant des langues de feu triangu-
aires et des rayons filiformes qui descendent jusqu'au cadre de la gravure. La tête du Sauveur s'enlève en vigueur sur le fond blanc d’un nimbe en étoile, circonscrit par une large zone de
rayons droits. Ses cheveux tombent sur ses épaules ; il est nu jusqu'à la ceinture ; son manteau,
et ses jambes, dégageant seule-
dont un pan est rejeté sur son bras droit, enveloppe ses cuis ment le pied droit ; sa main droite est levée, bénissante ; son bras gauche, replié, soutient une
croix de Passion en T dont le pied repose sur le nuage. Inondée de l'éclat fulgurant de la gloire
divine, la foule des élus est assise en rangs serrés sur des nuages arrondis en un vaste cercle
autour de Jésus. On reconnait à gauche, dans le bas, S' Étienne, à la chasuble parée d’orfrois, la main gauche posée sur la poitrine, une pierre sur la tête en souvenir de sa lapidation ; près de lui, S' François d'Assise, dont la main droite étendue laisse voir un des stigmates miraculeux imprimés sur son corps ; plus haut, à la droite et au niveau du Christ, S' Pierre, tenant de la main gauche, posée sur son genou, les deux clefs symboliques. À droite, dans le bas, voici S' Laurent, la main gauche posée sur le gril, instrument de son supplice ; S' Dominique, tenant une branche de lis fleurie ; S Hélène, la couronne d’impératrice au front, portant sur son épaule gauche la croix
retrouvée par ses soins dans la terre du Golgotha ; S' Sébastien, la poitrine percée d’une flèche
plus haut, à la gauche et au niveau du Christ, S' Paul, la main droite sur la garde de sa longue épée nue ; d’autres, revètus des insignes des fonctions sacerdotales ; plusieurs tenant le livre de la
doctrine ; un grand nombre avec la palme du martyre ; apôtres, papes, rois, cardinaux, évêques,
moines, religieuses, confesseurs de la foi, confondus dans la béatitude éternelle et dans l’adoration
fervente du Divin Maitre. Au-dessus du Christ, plane le S'-Esprit, sous la forme d’une colombe éployée, la tète en bas. Plus haut, penché sur l’imposante assemblée qu'il domine, le buste de Dieu
le Père, les bras largement ouverts hors de son manteau flottant, se montre entouré d’une auréole
à langues de feu, dont les rayons emplissent le fond de la composition. Dans la partie inférieure de
46 LES" MISSELS VÉNIDIENS
la gravure, deux anges volants, placés aux angles, tiennent une large banderole avec la légende :
SANCTI ET IVSTI IN DNO GAVDETE.
L ET IVSTI IN DNO cawpy.
Triomphe du Christ. — Héss. Rom, fol., 1377, Junte,
Pour les petits bois où sont traités les épisodes de la vie de Jésus, nous allons prendre
quelques exemples dans les Missels Giunta et Stagnino du commencement du seizième siècle, et
dans les Missels Scoto et Junta' de la dernière moitié de cette période. On aura ainsi une idée des différentes interprétations d’un mème sujet, imitées ou copiées dans presque tous les autres Missels ournis par les éditeurs Vénitiens.
Jésus enfant au temple parmi les docteurs. — (Miss. Giunta). Jésus, sans nimbe, vêtu
d’une robe, est assis de face sur une estrade élevée de deux marches ; il a la main gauche posée sur la poitrine; sa main droite fait le geste de l'allocution. À droite, deux auditeurs, l'un assis, l’autre debout ; à gauche, un autre personnage assis, et, auprès de Jésus, vus en buste
seulement, S' Joseph et la S' Vierge, nimbés, de profil. Au fond, à droite, près de la
ête de Jésus, une fenêtre en plein cintre. — (Miss. Sta
gnino). Jésus, sans nimbe, vêtu d’une robe, est assis de face sur une estrade élevée de deux marches; sa main droite repose sur son genou; sa main gauche fait le geste de l’allocution. À gauche, deux auditeurs, assis, nu-tète : à droité, deux autres, coiffés d’un bonnet ; debout, près de Jésus, vus en buste seule-
ment, S!: Joseph et la S' Vierge, sans nimbe. Au fond, à gauche, une fenêtre en plein cintre. Pavé
de carreaux noirs et blancs. — (Miss. Scoto). Jésus, la tête ceinte du nimbe uni, vêtu d'une tunique et d’un manteau, est debout, tre, sont assis trois autres auditeurs à gauche, de trois quarts, sur une vus de face. — (Miss. Junta). Jésus, estrade adossée à un mur percé d’une portant le nimbe crucifère, vêtu double fenêtre en plein cintre; sa d'une robe, est assis de face sur une
main gauche levée fait le geste de estrade dont la face antérieure porte
l'allocution ; à droite sont ass un ornement de feuillage; sa main
de dos, la tête de profil, deux audi- gauche est posée sur sa poitrine ; sa
teurs, dont un coiffé d’un turban et main droite fait le geste de l'allocu-
un troisième dont on ne voit que la tion. A droite, trois auditeurs, l’un
tête au second plan à l’extrème droite. assis, les deux autres debout, vus en
Le Christ chassant les Vendeurs du
ord. Carmetit. buste seulement ; à gauche, un au-
Contre le mur du fond, percé de temple — fol., 31 Août 1314, L.-A. Giunta
deux fenêtres doubles en plein cin- diteur assis, et, près de Jésus, vus
en buste, S' Joseph et la S' Vierge, nimbés.
Jésus chassant les vendeurs du temple. — (Miss. Giunta). À gauche, le Christ, de trois quarts, sans nimbe, marchant vers la droite; son bras gauche est caché par son manteau ; sa main droite brandit une lanière. À droite, vus de profil, trois marchands s'enfuient avec des ballots sur leurs épaules. — (Autre vignette des mêmes Missels). Le Christ est à gauche, de trois quarts, sans nimbe, marchant vers la droite; sa main gauche à la ceinture retient les plis de son vêtement: sa main droite brandit un faisceau de cordes. Tout à fait à gauche, deux personnages le suivent, l'un dont le corps est coupé par le bord de la gravure, l’autre dont on n’aperçoit que la tête. À droite s'enfuient une femme de profil, un homme dont la tète seule est indiquée, un marchand vu de face, portant un ballot carré sur l'épaule droite, et qui semble se retourner pour interpeller Jésus ; près de lui, à l'extrème droite, un autre personnage. Pavé de carreaux noirs et blancs. Dans l'angle de droite, la signature L. — (Miss. Stagnino). À gauche, le Christ. sans nimbe, de trois quarts, marchant vers la droite ; sa main gauche retient les pans de