‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 47 sur 238 · LAN CL ROT · texte numérisé non relu

LAN CL ROT

Crucifixion XIV. — Miss. ord. Cisterciensis, fol., 16 octobre 1503

sur la pointe; ses pieds sont nus. Entre Madeleine et St Jean, est placé un crâne.

Dans l'angle de droite, se voit une plante emblématique ; une autre est en avant du crâne, tout près du pied de S' Jean.

Au second plan, à droite et à gauche de l'Apôtre, des touffes d'herbe. Paysage vallonné, avec un bouquet d'arbres à gauche, et, sur la droite, une hauteur où s'élève Jérusalem.

— Cette gravure est médiocre; le personnage du Christ est vulgaire et d’un modelé très

défectueux ;

l'élégance et la grâce font également défaut dans les autres personnages ; la Se Vierge a les traits d’une vieille femme accablée de douleur; le visage de Madeleine a une expression assez énergique ; mais on ne saurait dire quel sentiment accuse la physionomie de S* Jean. La taille est lourde et peu soi-

gnée.

XV. — Missae Romanum, fol., 10 janvier 1523, L.-A. Giunta. — Gravure ombrée. La

croix, dont le bois est veiné, est conso

volute, fixé par une tige dans la pièce ve

Au-dessus de chaque croisillon, ainsi q

idée par des cales à la partie antérieure. Le fitulus en rticale qui surmonte la traverse, porte les initiales -1-N-R-1-

u’au-dessous du croisillon de gauche, sont figurés des

nuages. Le Christ a la couronne d'épines, le nimbre crucifère au fond ombré, la tête inclinée sur

l'épaule droite, les cheveux tombant sur

de ses mains crispées et de ses pieds;

l'extrémité du perizonium tombe à la

e cou, la barbe courte taillée en pointe; le sang dégoutte la plaie du flanc, béante, est bordée de gouttes de sang ;

hauteur du genou gauche. Au pied de la croix, sur la

gauche, Madeleine est agenouillée de trois quarts, accroupie sur ses talons, le buste appuyé contre la hampe qu'elle étreint des deux bras et des deux genoux ; elle est nimbée d'un double trait; sa longue chevelure, disposée en bandeaux sur le front et à la naissance des joues,

couvre ses épaules et son dos; son manteau ouvert laisse voir sa robe, qu’une ceinture serre à la

taille, et dont les manches à crevés se terminent aux poignets par un parement brodé; la joue gauche appliquée contre l'arbre, elle baise le pied droit de Jésus. À gauche, près de Madeleine, se tient la SF Vierge, de trois quarts, nimbée d’un double trait, la tête légèrement inclinée vers l'épaule gauche, les bras presque allongés, les mains entrecroisant leurs doigts: son voile, serré sous le menton, couvre le front presque entièrement; par-dessus, est ramené son manteau qui s'entr'ouvre pour laisser voir la robe serrée par une ceinture nouée à la taille; les pans du manteau rassemblés sont passés sur son poignet gauche; ses pieds sont cachés par le bas de la robe. A droite, se

tient S' Jean, de trois quarts; son nimbe à double trait est ombré ; sa jambe gauche, légèrement

fléchie, est portée en arrière ; ses mains sont jointes, avec les doigts entrecroisés, sur le côté droit

de la poitrine, retenant les pans du manteau qui dégage complètement le bras gauche et laisse aper-

cevoir le bas de la tunique ; ses cheveux tombent en boucles sur le cou ; ses pieds sont nus. Au pied de la croix, à droite, est placé un crâne, en avant duquel se trouve un tibia et une côte entrecroisés.

Sur le bord inférieur du cadre de la gravure, dans les deux angles et au-dessous des personnages

de la S' Vierge et de Madeleine, on voit des plantes emblématiques ; d’autres sont figurées à droite et à gauche de S* Jean. En arrière de la S' Vierge, à gauche, un épais bouquet d'arbres ; en arrière de la croix, à droite, un autre bouquet d'arbres; à l'extrême droite, en arrière de S: Jean, un escarpement de rochers avec des troncs d'arbres et des arbustes desséchés, sans feuillage. Au fond, entre cet escarpement et la croix, un horizon de montagnes; entre la croix et le bouquet

d'arbres de gauche, apparait Jérusalem, au bord d’une pièce d’eau figurant le lac de Tibériade, où

vogue une petite barque à deux rameurs ; au-dessus de la coupole du principal monument de la ville, on distingue la silhouette noire d’un oiseau. — Cette gravure est surtout intéressante par

l'importance extraordinaire donnée au personnage de Madeleine. La belle pécheresse, avec sa parure

uxueuse, est, bien plutôt que le Christ, le sujet dominant du tableau, et il semble que, pour la

mettre en valeur, l'artiste ait à plaisir accentué la morne passivité des deux autres personnages. Son attitude, beaucoup plus caractérisée que dans les représentations analogues que nous avons

pu voir, exprime avec une rare énergie l'amour qui puise dans son désespoir même un aliment

nouveau ; et le baiser qu’elle dépose sur les pieds «

aignants du Maitre adoré dépasse en éloquence

es lamentations que lui arrache la douleur en mainte composition du même genre. La St Vierge

contraste singulièrement avec Madeleine par son aspect de vieille femme et son affliction résignée ; a physionomie de S Jean est non moins insignifiante que celle du Christ. Quant à la facture de

‘estampe, elle est des plus médiocres ; le corps du Christ est d'un modelé détestable ; les nuages ont une apparence étrange de blocs de pierre lourdement dégrossis ; les rochers et les terrains ne sont pas mieux traités.

XVI. — Missare or. Frarr. Præpicarorum, fol., 1562, Juntæ. — Gravure ombrée. La croix, au bois veiné, est consolidée par une cale sur la droite ; le Æifulus en volute, fixé à la pièce verticale qui surmonte la traverse, porte les initiales rx-r:1. Le Christ a la couronne d’épines,

un nimbe de rayons filiformes, la tête couchée sur l'épaule droite, les cheveux tombant en boucles

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