‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 52 sur 238 · NI CG · texte numérisé non relu

NI CG

soutient Marie, sont debout deux autres femmes, l'une de face, dont on ne voit que la tête et une partie du buste, l’autre de trois quarts tournée vers la droite, les mains jointes avec les doigts entrecroisés sur la poitrine. Marie et les trois saintes femmes ont le manteau et le voile couvrant les cheveux. Au second plan, derrière ce groupe, apparaissent les têtes de trois personnages, un de face et deux de trois quarts ; un quatrième personnage se trouve à l'extrème gauche, de profil,

tourné vers la droite, le corps coupé par le cadre de la gravure. Au pied même de la croix, à

gauche, est placé un soldat, dont on ne voit qu'à demi la tête casquée ; près de lui, posé de profil, tourné vers la droite, Stephaton, nu-tête, vu en buste, tenant de la main gauche le roseau à l'éponge. À droite de la croix est massé un autre groupe composé de soldats et de Juifs; au premier plan, on distingue Nicodème, de profil, tourné vers la gauche, la main gauche levée faisant le geste de l’allocution; il s’entretient avec Longinus, posé de trois quarts, couvert d'une armure, la main gauche repliée sur la poitrine, la main droite tenant une lance dressée obliquement devant lui. Au-dessus des têtes, en arrière, on aperçoit le fer d’une hache d’armes et l'extrémité d'une lance à triple pointe. Paysage vallonné, garni de bouquets d'arbres à droite, à

gauche et dans le milieu, en arrière des trois croix. Au fond, Jérusalem, ceinte d’une murail

crénelée, avec des tours surmontées d’un croissant ; au dernier plan, par-dessus la ville, appa-

raît la crête d’une chaîne de collines. Au bord de la gravure. au premier plan, sur une déclivité

du terrain, se trouvent deux passiflores. — Cette gravure, où le dessin est assez défectueux,

emprunte sa valeur surtout à l’art de la composition; les deux groupes distincts des assistants celui des saintes femmes et des disciples à gauche, celui des soldats et des Juifs à droite —

sont très heureusement distribués, pleins de vie et de mouvement; les personnages ne sont pas de

rants immobilisés dans une attitude indifférente; tous s'intéressent à la scène où i

simples fig

jouent eux-mêmes un rôle plus où moins actif.

XX. — Maissae AQUILEJENSE, 4°, 16 seplembre 1517, Jacobus Pencius de Leucho. — Gravure ombrée. Jésus est crucifié entre les deux larrons, dont les croix se dressent dans deux plans obliques à celui de la croix divine. Dismas et Gestas sont cloués sur leurs gibets, et non attachés avec des cordes, comme dans presque toutes les représentations; chacun d’eux a un bras coupé par le filet du cadre de la gravure, contre lequel leurs corps sont appliqués. Le Christ a la couronne d’épines et un nimbe de rayons, la barbe courte, les cheveux tombant sur le cou ; sa

tête est affaissée sur la poitrine ; le perizonium est noué sur sa hanche gauche. À gauche de la

croix, un soldat, posé de face, portant le costume du temps de Maximilien, perce de sa lance, qu'il tient à deux mains, le flanc droit de Jésus, sans retourner la tête vers lui. En avant de ce soldat, tout à fait au bord de la gravure, apparait le buste d’une femme encapuchonnée, posée de profil, les mains jointes, tournée vers la droite. À droite, au pied de la croix, est agenouillée Madeleine, de profil, étreignant la hampe des deux bras, la tête levée vers Jésus, les cheveux couverts d’une coiffure du seizième siècle. Plus à droite, se tient S' Jean, de profil, les cheveux bouclés, la tête penchée, la main gauche posée sur l'épaule de la S' Vierge, qui est agenouillée au premier plan, de profil, la tête encapuchonnée, les mains jointes. Au-dessus de S* Jean, apparaît la tête, de profil, d’une femme dont le manteau couvre aussi la chevelure. Au fond, sur la droite, s'apercoivent les faites de quelques monuments, et une troupe d'hommes armés au-dessus desquels s'élèvent des lances et un étendard; un peu plus en avant, un autre soldat, isolé, est

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posé de profil, la pique sur l'épaule. Au dernier plan, des montagnes. Ciel chargé de nuages. — Gravure soignée, composition intéressante et qu'il faut certainement attribuer à un artiste allemand ; nous en avons vu quelques exemples, mais ce ne sont que des estampes de peu d'importance ou très archaïques, tandis qu'ici nous avons affaire à une œuvre de premier ordre, qui rappelle le faire de l’école de Dürer.

XXI. — Missae Romaxum, 8°, 1560, Hieronymus Scotus. — Gravure au trait. Le fifulus rectangulaire, fixé à la pièce verticale qui surmonte la traverse, porte les initiales irr. Le Christ a a couronne d’épines, le nimbe crucifère, la tête inclinée vers l'épaule droite, les cheveux tombant sur le cou, la barbe divisée en deux pointes, les mains ouvertes; le perizonium, noué sur la hanche droite, est flottant. Au-dessous de chaque croisillon, se trouve un ange agenouillé sur un nuage : celui de gauche, sans nimbe, posé de trois quarts et tournant le dos, tient de la main gauche un calice où coule le sang de la main droite de Jésus, et de la main droite un autre calice où jaillit en un jet horizontal le sang de la plaie ouverte au flanc; l'ange de droite, nimbé, posé de profil, tient des deux mains un calice où coule le sang de la main gauche du Christ. En avant de la

croix, à droite, se tient S* Jean; il est posé de face, nimbé, les cheveux disposés en boucles, la

ête légèrement tournée vers la droite, la bouche ouverte; son bras gauche est replié, la main

osée à plat sur son cœur ; il retient les pans du manteau qui dégage la poitrine et le bras droit écarté du corps, la main tombante présentant la paume; la jambe gauche fléchie est portée un peu

en arrière ; les pieds sont nus. Sur le même plan, à gauche, la S' Vierge, défaillante, est accroupie

de trois quarts, le buste renversé, les jambes pliées, le pied gauche dépassant un peu l'axe de la croix; elle est nimbée ; un voile couvre une partie de son front et entoure son visage qui est tourné vers l'épaule droite ; ses yeux sont fermés, sa bouche entr'ouverte; son bras droit est pendant; sa main gauche repose sur la cuisse; ses pieds sont chaussés. Entre le pied de la croix et la St Vierge, Madeleine est agenouillée de trois quarts ; elle est nimbée ; ses cheveux dénoués tom-

bent sur ses épaules; sa main gauche est appuyée sur le cœur de la mère du Sauveur, qu'elle

regarde avec compassion; sa bouche est entr'ouverte. Près d'elle, une autre femme, nimbée, posée presque de face, le manteau rabattu sur les cheveux, est penchée soutenant Marie sous les

aisselles. Tout à faità gauche, complétant ce groupe, une troisième femme est debout, de profil,

évalement nimbée, le manteau ramené sur le front, les mains jointes entrecroisant leurs doigts en avant de la poitrine. Paysage vallonné ; au fond, Jérusalem, et, à l'extrème droite, un bouquet d'arbres ; derrière la ville, sont indiquées des collines. Dans l'angle inférieur de gauche, le mono-

Fe]

ramme 44. — Charmante vignette, d’un dessin élégant et d'une taille délicate, qui la mettent au

niveau des plus jolies gravures au trait de la fin du quinzième siècle. Bien que nous ne l’ayons

rencontrée que dans ce Missel de 1560, il est hors de doute qu’elle a paru longtemps avant cette

date, dans quelque ouvrage de piété; elle doit être contemporaine des bois, revêtus de la même

signature 1, qui ornent l'Ovide de 1497.

CROISSAN

. — Cf. Conceprion (IMMACULÉE).

A VID. — Nous avons déjà vu figurer le roi David dans la Bethsabée au bain et la Procession de l'arche d'alliance. Indépendamment de ces compositions, l'iconographie des Missels consacre à ce personnage une quantité de vignettes isolées et d’initiales ornées, dont nous allons indiquer les plus remarquables.

L'introit de la messe du premier dimanche de l'Avent — par où commencent tous les Missels — est emprunté au psaume 24: Ad te levavi animam meam, Deus meus ; ce texte est ordinairement illustré d'une représentation du roi psalmiste adorant l'Éternel. Le Missale Romanum, 4, 13 août 1494, Emericus de Spira, nous le montre dans une charmante initiale zZoomorphique, au trait, enfermée dans un cadre à bordure ornée en haut et en bas: David est posé de profil, le genou gauche en terre, tourné vers la gauche; il a la barbe longue, en pointe, la tête | levée, les mains jointes; il porte la couronne fleuronnée, l’aube, la dalmatique et le man- É eau; un collier, passé sur les épaules, tombe sur sa poitrine ; devant lui, est posé un livre ouvert, au-dessous duquel est dressée une viole, appuyée contre la courbure de la lettre: en haut, à gauche, apparaît un profil humain dardant des rayons dans la direction du roi; au

fond, à droite, quelques monuments figurent Jérusalem adossée à une colline.

Dans le Missale Romanum, fol., 28 juin 1498, imprimé aussi par Emericus de Spira pour L.-A. Giunta, le texte commence par une superbe initiale florale, au trait, se détachant

sur un fond noir encadré d’un double filet: David y est représenté un peu plus qu’à mi-

corps, de trois quarts, tourné vers la droite; il a la barbe longue, en pointe, la tête levée,

es mains jointes ; il porte la couronne à l’antique, l'aube et l’amict; en haut, à droite, un

aisceau de rayons est dirigé vers le roi; au fond, deux arbres, l’un à droite, l’autre à gauche,

au pied d'une élévation de terrain indiquée par une simple ligne. — Ces deux initiales ornées repa-

raissent dans un grand nombre de livres de liturgie de la fin du quinzième siècle ; la seconde peut

être rangée parmi les plus jolies vignettes au trait de cette époque.

Le même sujet, dans le Missale Romanum, 8°, 3 octobre 1508, L.-A. Giunta, est traité en un bois de page qui occupe le verso du dernier feuillet préliminaire. Le roi David est posé presque de face, le genou droit en terre, la tête de trois quarts tournée vers la droite; il a la barbe longue, est vêtu d’une robe et coiffé d’un turban orné de la couronne à l’antique; en travers de sa poitrine, il tient un psaltérion suspendu à un baudrier qui passe sur l'épaule droite; il fait vibrer des deux mains les cordes de l'instrument. À droite et à gauche, un peu en arrière de David, une plante ana-

logue à une passiflore. Au fond, occupant le milieu et la gauche, Jérusalem, en avant de laquelle se

dressent des bouquets d'arbres ; à droite, un monticule sur lequel est planté un arbre au feuillage

largement étalé au sommet et coupé par le cadre de la gravure. Derrière Jérusalem, s’étend jus-

qu’au dernier plan un paysage vallonné, avec un escarpement sur la gauche. Dans l'angle inférieur

e gauche se trouve la signature LA, dont la seconde lettre est presque effacée. — Ce bois est de

És

médiocre valeur sous tous les rapports.

Dans le Missale Romanuwm, fol., 7 avril 1511, Bernardinus Stagninus, la vignette placée en

tête du texte, au recto 1, est le commentaire exact des paroles du psaume: David, portant la barbe

longue, coiffé d’un turban, vêtu d’une robe à larges manches sur laquelle est jeté un manteau agrafé en chlamyde, est agenouillé à gauche, de profil, la tête de trois quarts, levée et regardant vers la droite; des deux mains il tient par les pieds une figurine humaine, nue, sans sexe, représentant son âme qu'il élève vers Dieu; l'Éternel, nimbé, apparaît en buste dans l'angle supérieur de droite, entouré d’une auréole rayonnante que bordent des têtes d’anges ailées ; le fond est formé par un paysage vallonné, avec des maisons sur la droite et au faîte d'une éminence de terrain à l'extrême gauche; au premier plan, à droite, plusieurs plantes et bouquets d'arbres.

Le Missale Romanum, fol., septembre 1563, Juntæ, nous offre, au recto 1, une grande

vignette, d’un art un peu gauche; et dans le milieu

maniéré, mais d’une as- par une ville.

Signalons encore.

sez belle exécution :

David, portant la cou- pour mémoire, de petits

ronne à l'antique, est bois, souvent reproduits

posé de profil, tourné dans les encadrements

vers la droite, les mains CFncipit ordomifialis A] de pages, qui montrent

jointes, le genou gauche BA] Fm confactudine Ro: |A David terrassant un lio

jointes, le ge ge Ni mange Æccleñ. avid terrassant un lion,

en terre, la jambe droite 1] Œica.j.ve aduentu. Statio ou vainqueur du géant LES NES] ad fanctam Afoariam maiozem . :

presque tendue, rejetée Ÿ" ad mifam. Fntroitus. Goliath,ou priant sur une

en arrière; au premier A 1 B te leuaui E colline pendant que son D : < anima mc4 : ;

plan, à terre, près de ES A Deus meus in te armée livre bataille, etc.

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