ESPRIT (S
— La troisième per-
sonne de la Sri-
nité est constamment représentée,
dans l’iconographie des Missels, sous la forme d'une colombe rayonnante :
c'est ainsi que nous l'avons déjà signalée dans l’Annoncialion, le Baplême de Jésus ; elle figure encore dans la Penlecôte, dardant des angues de feu sur es Apôtres, dans la vêtu de blanche impéria souverai
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L'entrée à Jérusalem, — Ass. Rom., 49, 3 juillet 1309, Bern, Stagninus.
, l'un tenant une balance, l'autre une épée nue.
ui apparaît en buste, dans le haut, issant d'un nuage, accosté de deux anges
oute la largeur de la gravure; en avant, on distingue S' Pierre, presque de face, détournant la tête vers Jésus; de la main droite, il tient la bride de l'âne, et de la main gauche il porte une branche d'olivier; près de lui, en arrière, on reconnaît S* Jean, dont on ne voit que la tête et le buste, de a fin du cortège, à gauche, un autre disciple a la main droite posée sur la croupe de
‘âne. Au-dessus des têtes se dressent les rameaux portés par les personnages ; une branche d'arbre
S# Trinilé, et dans certaines petites vignettes qui mon-
trent Dieu créant
ciel et la terre, interprétation des premiers versets de la Genèse, où il est dit
que « l'esprit du
Seigneur était por sur les eaux». Nous n'avons rencontré qu'une seule reprél’Es-
prit-Saint sous la fi-
sentation de gure humaine, dans une initiale ornée du Missale Romanum, ol., 30 mai 1508, A. Giunta. [la a physionomie d'un adolescent, imberbe, aux longs cheveux bouclés tombant sur les épaules, nimbé, ailé comme
majesté,
es anges ; est
assis en
l'aube parée d’un orfroi sur la poitrine, qui marque le caractère sacerdotal; il porte l'étole semée de croix appelée omophoron chez les Grecs (pièce du costume consulaire et surtout ); de la main droite, il porte le globe surmonté d'une croix, qui est l'emblème de la double neté sur la terre et dans les cieux; il tient sous ses pieds le dragon, selon la parole du
: conculcabis leonem el draconem (Psalm. x, 13); sa main gauche levée indique Dieu le
agenouillés
te]
sa lapidation est le sujet de petits bois qui se trouvent
ÉTIENNE (S‘). — Premier martyr;
dans presque tous les Missels ; il est ordinairement vêtu du costume sacerdotal ; lorsqu'il est repré-
senté isolément, dans les initiales ornées, par exemple, il porte une ou plusieurs pierres sur la tête et sur les épaules, pour rappeler son supplice. Dans le Wissale Cisterciense, fol., 16 octobre 1503, L.-A. Giunta, ce sujet est traité en une gravure de la même grandeur et du même genre que les bois de page des Missels in-4° et in-8° du même imprimeur. S' Étienne est agenouillé à droite, de trois quarts, tourné vers la droite, les mains jointes ; il est vêtu de l'aube parée d’un orfroi sur la poitrine; une pierre se voit sur son crâne. Au milieu, un homme coiffé d’un turban, posé presque de face, portant une provision de pierres dans un pan de sa tunique qu'il retient de la main
gauche, lève le bras droit pour jeter une pierre au martyr. Près de ce personnage, à gauche, un
autre homme, nu-tête, et un troisième, placé en arrière des deux premiers, font le même geste.
Au second plan, à droite, se tient de profil S' Paul, nimbé, vêtu du costume militaire, un manteau
plié sur le bras gauche; au-dessus de lui, apparaît la tête du Christ, ceinte du nimbe crucifère, penchée et dardant des rayons vers S' Étienne. Sur le terrain, plusieurs pierres ; en avant, une passiflore. Au fond, édifices munis de créneaux. Encadrement à colonnes, supportant une arcade à plein cintre ; chaque piédestal est orné de pulli faisant office de cariatides ; aux deux angles supérieurs
de droite et de gauche, est accrochée une guirlande de feuillage qui traverse la baie de l’arcade.
ÉVANGÉLISTES. — Le Sacramentaire Gélasien (ainsi appelé du nom de S' Gélase,
listes :
qui fut pape à la fin du cinquième siècle) explique ainsi les symboles des quatre évang
« Mathieu a la figure d’un homme, parce que, au commencement de son livre, il raconte tout au
long la généalogie du Sauveur et sa naissance humaine; — Marc a la figure du lion, parce que son livre commence par ces paroles : La voix qui crie dans le désert..…., ou encore parce que le Sauveur règne invincible; — Luc a la figure du taureau pour rappeler l'immolation du Sauveur; — Jean a la figure de l'aigle, parce qu'il plane dans les hauteurs. » Les attributs des évangélistes figurent donc à la fois le Christ et les quatre écrivains sacrés, comme le disent les quatre vers suivants, inscrits sur un Évangéliaire in-folio donné à la Sainte-Chapelle par Charles V en 1379: Quatuor hæc Dominum signant animalia Christum :
Est homo nascendo, vitulusque sacer moriendo,
E Nec minus hos scribas animalia et ipsa figurant.
eo surgendo, cœlos aquilaque petendo;
Les quatre évangélistes, accompagnés de leurs attributs, se voient souvent dans les encadrements de page, et dans les petites vignettes répétées au commencement du texte des évangiles. Dans ces représentations, l’homme de S* Mathieu a la physionomie, les ailes, et quelquefois le nimbe, d'un ange, ce qui est contraire à l'interprétation canonique des symboles; assez souvent,
cet an
tient l’écritoire pendant que St Mathieu écrit. De même, l'aigle de S' Jean porte l'écritoire suspendu à son bec. Le taureau de S° Luc et le lion de S' Marc sont couchés aux pieds des deux évangélistes. Un bloc d'encadrement de page du Mis rrev'orius
ale Romanum, fol., mars 1518, Gre
de Gregoriis, montre ces deux derniers animaux seuls, se faisant face, le lion ayant les pattes de
devant posées sur un livre ouvert, le taureau inclinant la tête vers un autre livre ouvert placé devant
lui ; cette représentation n’est pas commune.
ICONOGRAPHIE — LA St FACE 89
ACE (La St). — Cf. VÉRONIQUE.
LORIAN (S'). — Tribun militaire, mart
ombré qui orne le titre du Missale Cracoviense, fol., 5 août 1532, Petrus Liechtenstein, en
à Lorch'. Est représenté, dans un grand bois
compagnie de S' Stanislas, évèque, autre patron du même diocèse.
Le milieu de la composition est occupé par le blason épiscopal, sommé de la mitre et de la crosse. S* Florian est à droite, de trois quarts, debout sur un sol couvert d'herbes ; il est revêtu d’une armure, sans casque, les cheveux bouclés tombant sur le cou, la jambe droite infléchie; sa tête inclinée est ceinte d’un nimbe à double trait dont le champ est rempli de rayons filiformes émanant de la tête; une seconde zone blanche, circonscrite également par un double trait, entoure en l'élargissant le nimbe proprement dit. De a main gauche, levée presque à la hauteur de l'épaule, le saint tient la hampe d’un éten-
dard marqué d’une croix, dont l'étoffe, déployée derrière la tête, retombe à gros plis sur
‘épaule droite ; de la main nimbe semblable à celui de StFlo-
droite, pendante, il tient rian ; il est vêtu de la soutane, du
une seille, dont il verse l’eau sur rochet et de la chape; sa main
des édifices attaqués par le feu gauche tient la hampe de la crosse
(St Florian est invoqué contre épiscopale, garnie d'un ve/um
l'incendie). Au-dessous du per- pendant ; sa main droite, ornée de
sonnage est l'inscription S. Flo- l'anneau pastoral, fait le geste de
rianus. À gauche, se tient S' Sta- la bénédiction; la tête légèrement
nislas, de trois quarts ; il est inclinée vers l'épaule gauche, il
coiffé de la mitre brodée et gem- - regarde à ses pieds un petit per-
mée, parée. d'un orfroi en titre @t Le StEsprit.— As. Rom, fol, 3omai1s08, SONNAGC agenouillé, les mains R 4 LA Gr Lies F : :
en cercle, circonscrite par un jointes, à demi nu, avec un lin-
ceul noué sur l'épaule gauche, et dont l'extrémité pend dans une fosse ouverte derrière lui ; allusion à la légende d’après laquelle St Stanislas aurait fait parler un cadavre pour confirmer une donation qui lui était contestée. Au-dessous de l'évêque: S. Sanislaus.
FORTUNAT (S!).— Cf. HermaGoras (S').
FRANÇOIS D’ASSISE (S').— La légende du fondateur de l’ordre des Franciscains rap-
porte qu'un séraphin, tenant sur la croix la place de Notre-Seigneur, lui apparut un jour dans sa solitude du mont Alverne, et que des cinq plaies divines émanèrent des rayons qui laissèrent leurs
empreintes sur le corps du saint extasié. De nombreux Missels contiennent, en re rd de l'office de
la fête de S' François d'Assise, un bois de page représentant cette scène. Nous le trouvons, pour
la première fois, dans le Missale Romanum, 8°, 20 novembre 1501, L.-A. Giunta. Le saint, vêtu
1. — Village de la haute Autriche, cercle de la Traun, près de l’Enns, affluent de droite du Danube.
de la robe monacale serrée à la ceinture par une corde, sans nimbe, pieds nus, est agenouillé au pied d'un monticule escarpé, garni de quelques arbres, qui occupe la gauche de la composition; il est posé de trois quarts, tourné vers la droite, les bras tombants écartés du corps, les mains ouvertes présentant la paume, la tête levée, le regard dirigé vers l'apparition céleste. Devant lui, un livre ouvert est posé à terre, auprès de deux passiflores. Le séraphin hexaptéryge plane dans l'angle supérieur de droite, tourné vers S' François; il est dans la posture du divin crucifié, sans que la croix toutefois soit apparente, et porte le nimbe erucifère comme représentant de Jésus. À l’extrème gauche, l'ouverture d’une grotte creusée dans le monticule laisse apercevoir à l’intérieur la silhouette d’un religieux encapuchonné, assis et lisant, tourné vers la gauche. Au sommet de cet escarpement, une église (ou un monastère) coupée par le cadre de la gravure. Au fond, à droite, une ville, en avant de laquelle est planté un bouquet d'arbres; au dernier plan, des montagnes.
Le Missale Roma-
num, 8°, 30 juillet 1506, Sta-
Dans le Missale Roma-
num, 4°, 3 juillet 1509, du mêgnino, offre une représenta- me imprimeur, nous voyons, tion tout à fait semblable. outre ce bois de page, deux L'ordonnance de la composi- autres petites vignettes traitant tion est identique; les diffé- le même sujet. L'une figure rences ne portent que sur quel- dans l'encadrement de la page ques détails: le séraphin est qui contient la grande gravure:
réellement fixé sur une croix;
St François est nimbé, les
des traits simples, partant des mains levées en avant des
plaies divines, viennent abou- épaules ; sur la croix, quelques ir aux parties correspondantes linéaments laissent deviner un
du corps de S' François ; le re- corps, qui darde des traits; le
igieux, dans la grotte, a la tête compagnon de S' François, au
découverte ; le terrain, au pre- sr lieu de se trouver dans la
ançois d'Assise. — Miss. Rom., 80, 2onovembre 1307,
. , : L.-A. Giunta. = a. ÿ mier plan, n'a pas de passiflores. grotte, apparait au dernier plan, tourné vers la droite, de profil, à demi caché par le monticule. — La seconde vignette
placée au recto suivant, dans le texte de l'office: ici, la croix est nue, dardant des traits; le monticule affecte une forme conique; on dirait plutôt un rocher isolé, dans une anfractuosité duquel,
à gauche, apparait le profil du moine encapuchonné ; dans le bas, la légende : srIGMArA:S FRAN..
— Un bois semblable, sans légende, se voit dans le Missale Romanum, fol., mars 1518, Grego-
rius de Gregoriis ; et une copie de la même vignette, avec la croix nue, ailée, figure dans le M Romanum, 4°, 20 octobre 1520, Jacobus Pencius de Leucho.
La même donnée, avec quelques légères variantes, se retrouve dans une gravure du Müissale Romanum, fol., 1576, Juntæ. Le monticule de gauche est garni d’arbres au sommet; le moine
encapuchonné est posé de face au fond de la grotte; S' François, nimbé, le genou droit en terre,
tient les mains levées en avant à la hauteur des épaules; le séraphin est enveloppé d'une auréole
rayonnante et bordée de nuages ; le paysage de droite est fermé par des montagnes, en avant desquelles une église se dresse sur une hauteur ; au premier plan, à droite, un arbre est planté
sur un tertre d'où jaillit une source; dans l'angle de gauche, court un lézard ; en arrière du mon-