‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 62 sur 238 · ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

ÉLÉVATION

Ste Justine. — Miss. ord. Fratr.

Prædicat., fol., 1562, Juntæe.

NNOCENTS (SS.). — Les jeunes victimes du massacre ordonné par Hérode pour

se débarrasser du Messie dont on lui avait annoncé la naissance à Bethléem, ont fourni

le sujet de vignettes assez rares, à vrai dire, dans les Missels vénitiens. Nous signalons tout d’abord, dans le Missale ord. Cisterciensis, fol., 16 octobre 1503, L.-A. Giunta,

une initiale ornée E, où les SS. Innocents sont personnifiés par trois petits enfants nus,

sentée dans un bois ombré du Missale ord.

La scène du mas

cre est repr Casinensis, fol., 18 avril 1506, du mêmeimprimeur. Sous un portique, soutenu par quatre colonnes, sont groupés quatre hommes et cinq femmes ; deux enfants morts gisent à terre ; devant celui de gauche, on voit une petite main avec l'avant-bras, coupé. Au premier plan, inclinée à droite, une femme porte son enfant, qu'un soldat, armé d’un poignard, tire à lui par la jambe droite ; la main droite de la femme est tenue en arrière par un autre soldat prêt à la poignarder. À droite, entre les deux colonnes, une femme s'enfuit, tournant le dos à la scène. Dans le fond, apparaissent à une fenêtre Hérode, étendant le bras gauche, et un autre personnage, tous deux portant la couronne à l'antique. — Cette vignette est du mème style que toutes les gravures des Missels Giunta in-4° et in-8° du commencement du seizième siècle.

Le Missale Romanwm, fol., septembre 1563, Juntæ, contient une représentation analogue. Au premier plan, à droite, une femme, les vêtements en désordre, le sein

droit découvert, serrant de la main gauche un enfant contre sa poitrine, lutte de l’autre

main contre un soldat qui la tient par les cheveux. Près d’elle, un enfant est ramassé à terre par une femme dont on n'aperçoit que la tête et une main posée sur la poitrine de l'enfant. Au milieu, un autre enfant, étendu à terre sur le dos, se soulève sur le coude

droit. Vers la gauche, un peu en arrière du soldat, une femme, marchant de gauche à

droite, emporte un enfant couché sur ses bras ; à l’extrème gauche, une autre femme,

dont on ne voit que le buste. Au second plan, à droite, une femme, dont'on n’aperçoit que le buste, emporte un enfant qu'elle tient embrassé. Au milieu, un autre groupe est formé par un soldat posé de profil et une femme vue de dos, emportant un enfant. À

l'extrème gauche, un soldat lève un sabre de la main gauche. Au fond, se développe

la façade d’un palais, ornée d’une colonnade'; à une fenêtre, dans le milieu, se tient le

roi Hérode, couronné, avec un autre personnage. — Gravure d’une facture un peu

empâtée.

JEAN BAPTISTE (S. — D'après l'Évangile selon S' Luc (chap. 1),

‘ange Gabriel

apparut un jour dans le temple au sacrificateur Zacharie, et lui annonça que sa femme Elisabeth

enfanterait bientôt un fils qui devrait s'appeler Jean et serait « rempli du S' Espri

t dès le ventre

ICONOGRAPHIE — St JEAN GUALBERT 95

que l'enfant fut venu au monde, les parents de Zacharie voulaient lui donner le nom de son père ; « mais — raconte l'Évangile — sa mère prit la parole et dit: Non, il sera nommé Jean. Et ils lui dirent: Il n’y a personne en ta parenté qui soit appelé de ce nom. Alors ils firent signe à son père qu'il déclarât comment il voulait qu’il fût nommé. Et Zacharie, ayant demandé des tablettes, écrivit: Jean est son nom. Et tous en furent étonnés. » La Nufivilé de S' Jean Baptiste, d'après cette donnée, fait le sujet de petites vignettes qu'on voit dans un grand nombre de Missels. Nous citerons comme exemple le bois qui se trouve dans le Missale Romanum, 4°, 3 juillet 1509, Stagnino. Sur un lit à estrade, au pied duquel retombe, à droite, la draperie d’un rideau, St Élisabeth

est assise, les cheveux couverts d’un voile, tendant les mains pour recevoir l’enfant emmaillotté,

que lui présente une femme posée au delà du lit et vue jusqu'à mi-corps ; une autre femme est à côté de la première, dans la mème posture. En avant, au bas de l’estrade, à gauche, S' Zacharie est assis de trois quarts sur une escabelle, tourné vers la droite; il écrit sur des tablettes le nom de son fils. À droite, un personnage, tourné de trois quarts vers Zacharie, semble lui parler; NAT. IOANNIS.B.

sa jambe gauche est rejetée un bas, la légende :

peu en arrière ; son bras gauche Non moins fréquentes sont

est pendant ; son avant-bras droit est écarté du corps, la main ouverte montrant la paume. Plus à droite, se tient de face un jeune 1omme, la tète légèrement tournée vers la droite; son bras gauche

est replié sur la poitrine, la main

les vignettes qui représentent le

Précurseur annonçant l’avène-

ment du Messie : il est ordinairement nimbé, vêtu d'une peau de

mouton ou de chameau qui lai

e à nu les bras, les cuisses et les

jambes ; il tient une longue croix

faisant le geste de l'indication uma de roseau autour de laquelle s’en-

an Baptiste. — Miss. Rom.,

du côté de Zacharie. Dans le É eC roule une banderole portant les

avures, il tient d’une main l’Agneau divin, qu'il indique

paroles : 1 E AGNYS DEI; dans certaines

d'un geste de l’autre main; dans d’autres, il prêche à des Juifs rassemblés devant lui, ou bien il eur montre Jésus qu'on voit s’avancer dans le lointain’. En outre de ces petits bois, signalons encore la représentation de S' Jean Baptiste dans sa

prison envoyant deux de ses disciples trouver Jésus, et la Décollation de S° Jean Baptiste dans sa

prison, en présence d'Hérodiade.

JEAN GUALBERT (S'). — Nous avons déjà eu l’occasion (Cf. Barox) de signaler la représentation du fondateur de l’ordre de Vallombreuse. Les principaux épisodes de sa vie font le sujet de bois placés à la base de onze magnifiques encadrements de page, dans le Missel du 4 décembre 1503. Ces blocs, qui se répètent une ou deux fois, sont au nombre de cinq:

1.— Scène de gauche : Jean Gualbert, à cheval, escorté d’un serviteur, rencontre, le vendredi saint, le meurtrier de son frère Hugo, et fond sur lui, l'épée à la main; le coupable, agenouillé devant lui, son épée posée à terre, les mains croisées sur la poitrine, implore sa grâce pour

l'amour du Dieu qui mourut crucifié à pareil jour. Au-dessus, une banderole porte la légende :

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