ICONOGRAPHIE — LA VISITATION
it, au chevet, à droite, est assis de trois quarts un ange, la tête appuyée sur la main droite, la main gauche sur un livre fermé posé à terre près de lui; au pied du lit, à gauche, un autre ange
est assis, les mains jointes; un second livre fermé est posé à terre entre les deux anges, à peu
près au milieu du premier plan. Au delà du lit, dans le fond, sont groupés les Apôtres, au nombre
de huit, en différentes attitudes; l'un d’eux, vers la gauche, qui représente apparemment S' Pierre, it dans un livre les dernières prières. Cette scène est enfermée dans un encadrement à colonnes, dont les fûts se terminent par deux corps de faunes portant chacun sur leurs épaules une corbeille
de fleurs surmontée d’un oiseau; chacun des faunes soutient d’une main sa corbeille, et, de
s, dont les volutes enserrent
autre bras étendu, maintient deux serpents aux queues entrelacé
une tête de mort; à l'extrémité des queues des serpents se croisent les tiges de deux branches d'arbre en sautoir, supportées par deux guirlandes qui vont se nouer au cou des deux faunes;
au-dessous, est suspendu un cartouche portant l'inscription: omNIA EQvaT, accosté de deux
buchranes, et surmontant lui-même un pendentif fleuronné. Un filet vertical passant par le milieu
des deux buchranes, et un filet horizontal à la hauteur du pendentif, délimitent deux petits
paysages compris entre les corps des deux faunes et le motif d'ornement central: à gauche, une paysas 8
vue de montagnes ; à droite, une ville au pied de hauteurs.
Gravure analogue dans le Missale Romanum 8°, 30 juillet 1506, Stagnino: la S' Vierge
étendue sur un lit de parade, dans la même posture; deux anges, au pied et au chevet du lit; au
fond, dix Apôtres, au-dessus desquels on voit, contre le mur, une couronne de laurier enfermant l'inscription: spes | mea | IN pEo. — Ce bois a été copié dans le Missale Romanum, fol., janvier
1557, Juntæ (recto 293); la composition est retournée, avec quelques modifications: une porte a
été ajoutée à droite, ainsi qu'un onzième personnage ; des nimbes ont été mis aux têtes des
Apôtres et des deux anges assis en avant du lit.
Une autre composition a été donnée par les mêmes imprimeurs dans le WMissale Romanum, fol., septembre 1563 (recto 221). Sous un dais placé au fond, vers la gauche, la S' Vierge, nimbée de rayons, est étendue, vue en raccourci, de trois quarts, les pieds vers la droite. À gauche, un Apôtre, e genou gauche en terre, tenant un livre ; un autre debout en avant, à droite, tournant le dos, la
ête de profil regardant vers la gauche, et tenant une croix. Au fond, dix personnages, quatre à
gauche et six à droite, ces derniers arrivant par une porte placée de ce côté. — Vignette d’une
bonne exécution; le raccourci du corps de la S' Vierge, surtout, est d’un dessin remarquable.
VISITATION (La). — On désigne ainsi l'interprétation iconographique de l'épisode relaté
à, Marie se leva, et s’en alla en hâte au pays des
par l'Évangile selon S' Luc : « Or, en ces jours
montagnes, dans une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth.
Et il arriva qu'aussitôt qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, le petit enfant (S' Jean
Baptiste) tressaillit en son ventre, et Élisabeth fut remplie du S'-Esprit. » (Luc., 1, 39-41). Cette scène est fréquemment traitée dans les Missels, en bois de page, petites vignettes et lettres
ornées
Nous signalerons d’abord, dans la série des in-4° et in-8°, Giunta, le bois de page qui se trouve dans le Missale Romanum, 8°, 20 novembre 1501. La S' Vierge, posée de profil, arrivant de la
gauche, le pied droit rejeté en arrière, serre les mains de sa cousine Élisabeth qui vient de la droite,
vue de trois quarts ; le manteau de Marie est rabattu sur ses cheveux; la tête d’'Élisabeth est couverte d’un voile enroulé en turban et qui encadre le visage en passant sous le menton. À gauche, à la suite de la S® Viérge, S° Joseph, les mains sur la poitrine; près de lui, une femme dont on n’aperçoit que le visage ; à l’extrème gauche, un personnage, coiffé d’un chapeau, dont on ne voit que la tète et une partie du buste. A droite, à la suite d'Élisabeth, une femme coiffée d'un turban, posée presque de face, la tête tournée vers la gauche, le bras gauche replié. Au fond : à gauche, monticules escarpés ; à droite, une ville. Encadrement à colonnes fermé dans le haut par un motif ornemental où figure, de chaque côté, dans l'angle, un petit ange nu, ailé, tendant les bras.
Dans le Missale Romanum, fol., 1542, Hieronymus Scotus, le sujet est traité, au bas de l'encadrement de page du recto 1, en une petite vignette où l'artiste a su exprimer par l'attitude d'Élisabeth le pressentiment de sa maternité à l'approche de sa cousine. La St Vierge est au milieu de la composition, de profil, nimbée, la tête couverte d’un voile, enlaçant Élisabeth qui lui fait face, venant de la droite. Celle-ci, posée de trois quarts, la tête de profil, nimbée, les cheveux découverts, porte la main droite à son ventre. À gauche, à la suite de la S' Vierge, S' Joseph, nimbé, de profil, appuyé de la main gauche sur un bâton, le corps coupé par le filet du cadre de la gravure. A droite, à la suite d'Élisabeth, S' Zacharie, nimbé, de profil, ne montrant aussi qu’une partie du corps. Au fond, une ville au pied de hauteurs.
Le Missale Romanum, fol., septembre 1563, Juntæ, nous offre sur le même sujet une com-
position d’un style tout moderne (verso 210). Marie est à droite, de profil, la jambe droite en avant, la pointe du pied gauche posant à terre en arrière ; elle tient de la main gauche la main droite de sa cousine, qui vient de la gauche, la jambe droite en avant. La S' Vierge a la tête couverte d’un voile
qui ne cache qu'à demi sa chevelure. Elisabeth est coiffée d’un turban. A droite, à la suite de Marie,
une femme, la tête enveloppée d’un voile, et deux autres personnages dont on ne voit que la tête.
À gauche, une femme, dont on n'aperçoit également que la tête, et deux autres personnages. Au fond, édifices dont la partie supérieure est en ruines.
Le Missale Romanum, fol., 1576, des mêmes imprimeurs, avec cette gravure (verso 237), en
dônne une autre (recto 6), d'une composition différente. La S' Vierge et S' Elisabeth, toutes deux
la tête couverte d’un voile, s’embrassent devant la porte d’une maison placée à droite ; sur le seuil,
S' Zacharie, la tète légèrement inclinée, la main droite sur la poitrine ; à la suite de la S' Vierge,
une femme, la tête couverte d’un voile, et une autre dont on ne voit que le visage; près de cette
dernière, un arbre ébranché ; au fond, sur une éminence, une ville dominée par des montagnes. Dans les petites vignettes et les initiales ornées, la représentation se réduit ordinairement aux
deux personnages de Marie et d’Elisabeth s'embrassant ou se serrant les mains.
ACHARIE (S'). — Indépendamment des scènes où le père de S' Jean Baptiste apparaît en compagnie de sa femme Élisabeth, il est représenté dans de petites vignettes, seul, au moment où l'ange Gabriel lui apparaît, près de l'autel des parfums, dans le temple, pour lui prédire la naissance de son fils (Luc., 1, 5-20). — CF. Jean Baprnisre (S').
JIISSELS
DEUXIEMPEMPAR TELE