L.-A. Giunta
ICONOGRAPHIE — LA Ste VIERGE 135
ÉRONIQUE (La). — Nom donné au voile avec lequel S® Véronique essuya le visage de Jésus pendant sa marche vers le Calvaire, et qui garda l'empreinte miraculeuse des traits du Sauveur; on l'appelle aussi la Se Face. Une gravure du Missale Urgellense, fol., 15 janvier 1500, Bernardinus de Tridino, montre S' Véronique debout, tenant des deux mains le voile, où est imprimée une figure du Christ, en buste, avec le nimbe crucifère. À droite de S' Véronique, est debout S* Pierre, tenant les deux clefs symboliques ; de l’autre côté, S* Paul, tenant une épée nue; une partie du corps des deux Apôtres
est cachée par le voile déployé. Les trois personnages ont un nimbe
à double trait rempli de rayons filiformes. Sur le terrain, des pierres et plusieurs passiflores.
À part le bois que nous venons de citer, cette représentation ne se trouve guère que dans quelques encadrements de page, et sur le titre de certains Missels. Citons, comme exemples : le bloc supérieur de l'encadrement du recto r, dans le Missale Romanum, 4°, 20 octobre 1520, Jacobus Pencius de Leucho : deux anges en buste, de profil, tenant étendue la Véronique ; la tète du Christ, imprimée sur le voile, darde une aigrette de
rayons ; — une vignette qui orne le titre du Wissale Romanum, 4°, mars 1532, Victor
a Rabanis : S' Véronique tenant elle-même le voile à la S' Face; — un bloc d'encadrement plusieurs fois répété dans le même Missel, et semblable à celui du Missel Pencius de Leucho;
— une S' Véronique avec le voile, au-dessus du titre du Wissale Romanum, 4°, avril 1561,
Joannes Variscus.
VIERGE (La S“). — Les épisodes de la vie de la S' Vierge ayant fourni aux artistes
une quantité assez considérable de sujets, nous avons adopté, pour ces représentations, le même
genre de classification que pour les gravures ayant trait à la vie de Jésus. Nous avons décrit, sous
les rubriques spéciales, les types les plus remarquables des compositions qui portent une dénomi-
nation conventionnelle dans l'iconographie chrétienne (Assomplion, Visilation, etc.), réservant pour le présent article celles qui n'ont pas de désignation particulière, et où figure, soit à titre principal, soit à titre secondaire, le personnage de Marie.
Mariage de la Se Vierge. — « Le grand prêtre, ayant décidé le mariage de Marie, voulut
connaître la volonté de Dieu pour le choix d’un époux. En conséquence, il prescrivit aux prétendants
d'apporter chacun au temple une baguette desséchée qu'il placerait sur l'autel, et exigea que
S' Joseph fût du nombre, quoique veuf et père de plusieurs enfants, au témoignage des Pères et
de S‘ Hilaire entre autres. Celui dont la verge fleurirait serait l'époux indiqué par Dieu. Or, ce fut la verge de Joseph qui fleurit et se couvrit de végétation. » (M# Bargrer De MonrauLr, Traité
d'Iconog
aphie chrétienne, n, 223). La scène du mariage de Marie ne se trouve représentée, à notre
connaissance, que dans une petite vignette du Missale Romanum, 4,3 juillet 1509, Stagnino, en
tête de l'office de la fête de l’Annoncialion (recto 172). Marie, les cheveux flottants, le front ceint
es manches, est debout, de trois quarts, à droite; vis-à-vis
du diadème, vêtue d’une robe à lare
d'elle, à gauche, se tient Joseph, vêtu de la tunique courte, la jambe droite un peu rejetée en arrière, posant sur la pointe du pied ; de la main gauche il tient sa verge fleurie, et de la main droite il présente l'anneau nuptial; entre les deux époux, se tient de face le grand prêtre, coiffé de la mitre, vêtu de l’aube parée au bas d’un orfroi et de la chape agrafée sur la poitrine; il tient de la main gauche la main droite de Marie dirigée vers Joseph. En arrière, au fond, sont groupés les préten-
dants de Marie, chacun tenant une b
La St Vierge allaïtant Jésus. — Bois ombré qui orne la page du titre du Missale Romamum, fol, 1* août 1519, Gregorius de Gregoriis. La S' Vierge est assise de trois quarts, la tète
inclinée à gauche, donnant le sein à l'enfant Jésus assis sur ses genoux; son bras droit soutient le
corps de son fils, sa main gauche presse son sein droit ; la main droite de Jésus se joue sur la poitrine de sa mère, entre les deux seins. Au fond, à gauche et à droite, un arbre, et, dans le milieu,
une ville. — Cette gravure est d’un dessin médiocre, et d’une taille rude et peu soignée.
Le même sujet est traité, avec plus d'agrément et de savoir-faire, dans un bois de page du
Missale ord. Fratr. Prædicatorum, 4, 1575, Juntæ. La S' Vierge, nimbée d’un nimbe à double trait, est assise dans une ca/hedra dont le dossier forme une niche à coquille évidée à la partie supérieure; sa tête, inclinée vers l'épaule gauche, est couverte. d’un voile qui retombe sur les épaules et que fixe sur le devant de la chevelure une fibule en forme de tête d’ange ailée; sa robe, échancrée au col et fermée sur la poitrine par une broche, s'entr'ouvre pour laisser saillir le sein gauche, qu'elle aux lèvres de l'enfant couché, nu, sur ses genoux; le bras gauche entoure
presse de la main droite
et soutient le corps de Jésus qui, de la main droite, joue avec le voile de sa mère. À droite se tient agenouillé, de trois quarts, un ange, la tête inclinée, les yeux baissés, les mains jointes ; à gauche,
un autre ange, de profil, les mains croisées sur la poitrine, la tète levée, regardant Marie.
La St Vierge glorifiée, avec l'enfant Jésus. — Un des motifs les plus fréquemment
répétés dans les encadrements de page: Marie, couronnée et nimbée, est vue de face, en buste,
tenant son fils, entourée d’une auréole ordinairement bordée d’un cordon de têtes d'anges aïlées; à
droite et à gauche, on voit figurer des anges en adoration ou jouant de divers instruments.
Nous avons eu l'occasion, en des articles précédents, de décrire quelques représentations
particulières à des Missels de certains diocèses, et où figure la S® Vierge accompagnée de saints
personnages honorés spécialement dans ces diocèses : la Se Vierge entre S' Corbinien et S'S
mond (Freising); entre St Hermagoras el St Fortunat (Aquilée). De même, nous avons signalé, à l'article Berxarp (S'), un bois très curieux qui montre Marie donnant de son lait au fondateur de l'ordre de Clairvaux. Nous pouvons citer encore, dans cette catégorie de gravures isolées, un petit
bois qui orne le titre du Missale Romanum, 4, 9 janvier 1506, L.-A. Giunta. Marie, nimbée, est
assise à gauche, de trois quarts, tenant sur son genou droit l'enfant Jésus nu, assis de profil, la
tête ceinte du nimbe crucifère: elle a la main gauche posée sur le front d’un moine agenouillé de profil devantelle, les mains jointes. Au fond, à droite, une tour crénelée, et des monticules garnis de touffes d'herbe. — Vignette d’une facture assez agréable, mais d’une taille peu soignée.
Mort de la S' Vier.
la série des Missels in-4° et in-8°, de L.-A. Giunta. Le premier où il figure est le Missale Roma-
re. — Ce sujet est traité en un bois de page qui se reproduit dans toute
num, 8°, 20 novembre 1501. La S' Vie
e est étendue sur un lit de parade, vêtue de son manteau
s. En avant du
qui se rabat sur sa chevelure, les mains croisées sur la poitrine, les pieds chau