‹ Les missions anglicanes: Ouvrage précédé d'une lettre-preface de Mgr Le RoyChapitre 20 sur 24 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Appel à la prière.

L'œuvre qui peut être accomplie par la prière et qui ne peut être accomplie sans elle, c'est de faire tourner à la gloire de Jésus-Christ et de son Eglise l'Empire Britannique, les missions anglicanes et cette ardeur pour évangéliser le monde entier qui s'est récemment emparée du clergé de TEglise d'Angleterre, et qui va sans cesse en croissant. C'est là l'œuvre gigantesque qu'a entreprise Léon XIII et pour laquelle il sollicite les prières des catholiques du monde entier.

C'est pour obtenir plus sûrement ces prièresy pour les unir en un faisceau puissant, et en faire^ en quelque sorte, un assaut immense, continuel, irrésistible»

qu'il a établi lui-même une association, non pas locale, mais catholique dans toute la force du mot : VArchtconfrériede Notre' Dame de Compassion. « Cette i ou archi confrérie, dit le grand le bref qui l'institue, cette a8S( archiconfrérie, destinée & emb:

l'univers catholique. Nous l'éti Saint-Sulpice, afin que, de ce tral, d'autres confréries se répai toute la vigne du Seigneur, ci ruisseaux dérivant d'une sou dante. »

«... Il est d'un extrême Ini nous (et la chose d'ailleurs le elle-même), que cette pieuse ass propage au loin et en tous sens; motif pour lequel Nous exhor ment tous les catholiques, qui, ment en France, mais dans l'u tier, ont à cœur les intérêts de 1 à lui donner leurs noms. »

Si ces vives exhortations du '.

mun des âdèles étaient entendi monde entier par < tous ceux cœur les intérêts de la religion »

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changeraient bientôt de face, et le triomphe de l'Eglise ne serait pas loin.

C*est à la prière, aux grands assauts de prière que Dieu attache d'ordinaire les grandes rénovations religieuses. Il veut que ses enfants s'unissent pour crier vers lui : Emitte spiritum tuum et creabuntury et renovabis faciem terrœ.

Ce cri sublime, nos missionnaires qui ont si fort à cœur les intérêts des âmes et de la religion» ne devraient cesser de le jeter vers le ciel. Ils finiraient par lui faire violence. Ils sont saintement intéressés à ce que ces hommes qui sont maintenant leurs concurrents, quand ils ne sont pas leurs adversaires, deviennent leurs émules pour servir la grande cause de Dieu et des âmes. Personne n'est mieux en position qu'eux de comprendre tout ce qu'il y a de lamentable dans ces missions anglicanes qu'ils ont sous les yeux et qui ne sont en réalité — que les anglicans nous pardonnent cette expression exempte d'amertume et d'intention blessante — que des simulacres de missions, attendu qu'il ne s'y trouve pas de prêtres. Des millions et

encore des millions de cespetits dont parle l'Ecriture demandent du pain, te pain de vie, le pain divin qui est le corps et le sang du Sauveur, et il ne se irouvi pour le faire descendre du ciel distribuer. Parvuli petierunîpc erat qui frangeret eis.

Au lieu de se plaindre aui que DOS missionnaires se plaign< Qu'ils mettent leurs fidèles en eux et qu'ils fassent monter ver tous les points du globe cett( clameur :

Levez-vous, Seigneur, et ji cause. Exsurge, Deus, judic tuam (i).

Ces hommes d'action aposto des hommes de prière. Ce n'est qu'il est nécessaire de rappeler vant la belle parole que le plus g moderne de l'Angleterre met sui d'un héros fameux, « il s'accon prière plus de choses que le pense :

(0 Pi- L»III, V. 11.

More things are wrougt by prayer Than this world dreams of (i).

Le poète aurait pu ajouter qu'il existe plus de choses que le monde ne pense qui ne peuvent s'accomplir que par la prière, qui n'attendent que la prière pour s'accomplir. La conversion de l'Angleterre est une de ces choses. Elle attend pour s'accomplir les prières de nos missionnaires et des associés de la Propagation de la foi !

Ah! si chacun de ces associés s'imposait la pieuse habitude d'ajouter chaque jour à ses prières ordinaires un Ave Maria pour la conversion de l'Angleterre, que ne pourrions-nous pas espérer?

Quand nous excitons à prier pour la conversion de l'Angleterre, on nous répond quelquefois : Nous, prier pour l'Angleterre I Jamais ! Cette nation nous a fait et cherche encore à nous faire trop de mal!

Mais ce n'est pas, à proprement parler, pour l'Angleterre qu'on vous exhorte à prier. C'est pour la sainte Eglise à la«

(x) TsNNtsON. Mort tC Arthur.

quelle la conversion de cette nation s apporterait un concours puissant < immense gioire. C'est pour ces n:

d'âmes que ses missionnaires s'er chercher sur tous les points du glob< les infecter du levain de leur hérésie pour ces milliers de juifs, de mahon et d'iniîdèles de toute sorte qui att< que l'Angleterre redevenue cath leur apporte la lumière de la vra C'est pour la réalisation des de grandioses du Vicaire de Jésus-Chri;

Ces desseins, Léon XIII sait qu peuvent être réalisés que par la prt il entre dans ses vues nettement et ment exprimées qu'il se forme une | ligue de prières, sorte d'armée ran:

bataille et combattant par des suj tiens infatigables sous la bannière d guste Vierge, notre Reine et notre dont l'Angleterre est la dot. Que ( de nos missionnaires et chacun des ciés de la Propagation de la foi réci les jours un Ave Maria et la ligt formée.

Relativement à la nécessité de rec

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la prière pour mettre fin au spectacle déso lant, de Tavîs de tous, que les divergences religieuses qui éclatent au sein du christianisme présentent au monde, les anglicans nous donnent en ce moment une grande leçon.

Dans ces derniers temps, l'Eglise anglicane est devenue un vrai champ de bataille. La Basse-Eglise, convaincue que les tendances de la Haute-Eglise, si on n'avis^ promptement à les enrayer, ne vont à rien moins qu*à ruiner l'œuvre de la Réforme et à ramener l'Angleterre au catholicisme, a entrepris contre le parti puissant qu'on appelle le parti ritualiste, une véritable croisade. M. Kensit, l'organisateur de cette croisade, comme il l'appelle lui-même dans son manifeste : The crusade in jphich I am engaged, exprime formellement cet avis»

qu'avant tout, ils doivent compter sur l'aide de Dieu et recourir à la prière. € Faisons, dit-il dans son grand manifeste, faisons tout ce que nous pourrons. Mais, après tout, nous remettons TafTaire entre les mains de Dieu, sachant que tout coopère au bien de ceux qui l'aiment, et nous

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elle? Par toutes sortes de moyens aussi, mais surtout par la prière • Le Churçh Times, qui est un de ses principaux et de ses plus vaillants organes, publiait, dans son numéro du 17 février 1899, un article remarquable intitulé : Un appel à la prière^ A call to prayer, dont voici le début :

« M°^^ Besant a rappelé, dans son autobiographie, que, lorsqu'elle consulta le docteur Pusey au sujet de ses doutes, lui demandant quels livres elle devait lire, le vénérable maître lui répondit : « Vous avez trop lu ; il vous faut prier. » Il est grand temps de conseiller à la multitude d'écrivains et d*écrivassiers qui, depuis sir William Harcourt jusqu'aux fournisseurs de sornettes, nous entretiennent de ce qu'on appelle la crise ritualistei de prendre ces paroles pour eux et de quitter leur bureau pour leur prie-Dieu. Quelles que soient, en effet, les mesures que puissent édicter les tribunaux de la terre, nul doute que celle qui sera prise en dernier appel ne vienne d'un tribunal plus haut que le Conseil privé lui-même. Et comme- les portes de ce tribunals ont toujours ouvertes.

prenant les ferventes prières que Ton faisait pour l'obtenir, lui nommément, dans beaucoup d'églises catholiques et de maisons religieuses du continent. Voici la pensée qui m'inspirait cette crainte. Si les ca. tholiquesy me disais-je^ prient avec tant d'ardeur pour qu'ils puissent le gagner comme un instrument de la gloire de Dieu parmi eux, ne pourrait-il pas arriver que, tandis qu'il y a parmi nous tant d'indifférence^ chez quelques-uns même tant d'aversion pour le bien. Dieu leur accordât celui qu'ils demandent, et que nous perdions celui que nous ne désirons point conserver? Et maintenant les catholiques ne doivent-ils pas penser que les prières qu'ils ont faites pendant si longtemps, à certains moments, je crois, le jour et la nuit, ou bien au saint sacrifice de la messe, ont été exaucées? (i) >

Comment ne Tauraient-ils pas pensé? En vérité, si les catholiques comprenaient bien quelle est la puissance dont ils disposent par la prière, s'ils voulaient bien croire

(i) Annaîs of tht tractarian movement from 1842/0 1S60, by E.-G.-K. Browni, p. 120.

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