‹ Les missions anglicanes: Ouvrage précédé d'une lettre-preface de Mgr Le RoyChapitre 19 sur 24 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

o entre les catholiques et les atiglica de l'Afrique.

Les regards de l'Angleterre, de l'An terre religieuse aussi bien que de l'An terre politique, se tourneut surtout du i de l'Afrique. Il y a là, de toutes les mani et à tous les points de vue, un cham neuf et si vaste !

« L'extension de la Pax Britannica, sait un des principaux organes des cai liques anglais, le Tablet, en parlant d victoire d'Ondurman et de l'entrée à \ toum, l'extension de la Pax Britanni cette vaste étendue de pays ouvre missions un champ tel qu'elles n'en eu jamais depuis la conquête de l'Âméri par l'Espagne (i). »

(i) Numéro du 14 jann« 1899,

Le malheur est que ce champ, l'anglicanisme entend bien l'exploiter lui-même d'abord, en y établissant^ quoique sans exclure celles des autres, ses propres missions. Il a déjà commencé. Jl s'est mis immédiatement à Tœuvre. La C. M. S s'est empressée d'envoyer une escouade de médecins missionnaires à Kartoum. Une souscription est ouverte dans le but de recueillir une somme de 5oo,ooo fr. pour la fondation en Egypte d'un nouvel évêché qui rayonnera sur toutes les missions installées dans ces contrées.

La S. P. G. a ses plus belles missions en Afrique, et, de son côté, la S. P. C. K. a l'œil ouvert sur ces contrées. « L'Afrique, dit son dernier rapport annuel, est la région qui promet le plus pour les entreprises des missionnaires i^.

L'Afrique est vraiment le pays de l'avenir.

On raconte des merveilles de ces con* trées récemment explorées, on vante la richesse de leurs mines d'or, la fertilité du sol, l'industrie des habitants, la densité de la population, que sais-je encore ? Faut-il

laisser à la merci de l'hérésie cette immense moisson d'âmes ? Faut-il se borner à regarder en gémissant les missic naires de l'anglicanisme s'emparer de i peuples nouveaux ? Les catholiques l'entendent pas, ils ne peuvent l'entenc ainsi.

Par une lettre en date du 29 1 cembre 1898,1e cardinal Vaughan, arc!

vêque de Westminster, avec ses grant vues et son zèle d'apôtree s'est efforcé tourner du côté de ce champ immense zèle de tous les catholiques de langue 1 glaise. Pendant que les hommes d'Ë de son pays travaillent à s'assurer l'alliai et l'appui des Etats-Unis en faveur d( puissance temporelle de l'Empire briti nique, ruminent archevêque de Westmi ter cherche à former une alliance d'un ractère plus élevé : l'alliance des cati liques anglais et des catholiques ami cains, afin de disputer à l'hérésie le n< veau monde qu'elle s'apprête à conquéi Le zèle du cardinal s'unit à son patriotis pour lui inspirer des accents à la fois t catholiques et très anglais.

« Ce fut dans le dessein de propager la religion catholique que Dieu suscita le co« losse de Tempire romain. Puisse la divine Providence, qui « dispose toutes choses avec douceur et suavité », faire servir Teinpire qui est notre partage à porter l'Evangile jusque dans les contrées du globe les plus enfoncées dans les ténèbres et les plus ingrates. Quel que soit le caractère des conquérants et quelles que puissent être les intentions de leur gouvernement, une main gouverne au-dessus d'eux, utilisant les causes secondes pour Taccomplissement de desseins miséricordieux : la main d'un grand, sage et très aimant Rédempteur.

Nous, catholiques de TEmpire britannique, nous lui sommes attachés d'une manière étroite, comme les apôtres et les disciples qu'il a choisis. Notre foi nous fait un devoir de promouvoir son service, de coopérer à son œuvre, de la tête, du cœur, de la main, en faisant connaître ses intérêts et en portant son nom et celui de sa Mère au milieu de nations qui sont demeurées pen* dant des siècles assises à Tombre de la mort, et sur lesquelles nous avons obtenu

aujourd'hui une domination humi récente conquête du Soudan et d trces situées entre Kanoum et l'O constitue en ce moment un appel sentiment de fidélité religieuse en sus-Christ. Il faut que, premièrem fidèle catholique aille puiser là u velte flamme d'enthousiasme pour des âmes... Pouvons>nous ne pasi et prier avec ardeur pour que le i de l'union fondée sur l'unité de l'ancien et du nouveau monde qi déjà poindre k l'horizon mette au la grande Eglise catholique d'Aï au cœur de l'Eglise catholique du aussi bien qu'au cœur des vieilles catholiques d'Irlande et d'Angle pensée de se confédérer pour une i entreprise? Ces Eglises ne devrai pas se réveiller et entendre l'appel est fait pour l'avenir religieux qui ; devant elles ? Ne devraient-elles f User de zèle pour organiser des exp de missionnaires pour l'Afrique tréme-Orient î Ne devraient-elles venir plus généreuses dans leui

pour la propagation de la foi dans les contrées lointaines ? En un mot, ne devraientelles pas créer au milieu d'elles des armées d'hommes et de femmes apostoliques prêts à quitter leurs pays et leurs parents et à mourir en propageant la foi, des armées saintes disposées à obéir à la voix du Vicaire de Jésus-Christ comme les autres armées obéissent au commandement de leur général ? »

Ecoutons maintenant, non plus le cardinal lui-même, mais> ce qui ne diffère guère, au moins sur un tel sujets la feuille qui est son organe, le Tablet. « Les catholiques des Etats-Unis, dit le Tablet dans son numéro du 14 janvier 1899, les catholiques des Etats-Unis sont maintenant, pour donner des chiffres ronds auxquels il faudrait, pour être exact, ajouter les accroissements survenus depuis le recensement de 1890, au nombre de 7,000,000 sur une population de 70,000,000, c'est-à-dire un dixième de la population. Néanmoins ils n'ont rien fait ou fait très peu pour les missions étrangères. Leurs forces, comme les autres forces du pays auquel ils appar-

tiennent, ont été absorbées tout entières par leur développement intérieur. Cependant ce n'est point là ce qu'ont *■«•* '-" sectes protestantes de ce pays ; el envoyé des essaims de missionnair toutes les parties du monde. Dès li agence fut organisée pour les n étrangères, et elle fut reconnue et a vée parle gouvernement dans le but la mission d'évaogéliser les infidèle l'Etat de Massachusett, un des m du Parlement fit une objection qu rencontrons souvent dans ce pays n'avons pas asse^ de religion che:{ no\ pouvoir en donner aux autres pays répliqua à celui qui exprimait ce étroite ; « La religion de la Bible religion qui est faite de telle sorte q on la répand au dehors, plus il en r dedans. * Les Etats-Unis possèdent tenant 28 associations pour les m de diverses dénominations, et un annuel de 1 1 ,820,000 francs. I 79 stations et i83 écoles en Afrîqu stations et 2,498 écoles en Asie, cit tions et Z4 écoles dans la Polynés

chiffre total de leurs adhérents ou convertis est évalué à environ 36o,ooo, et sur ce nombre 122, 325 sont donnés comme pratiquant jusqu'à la communion inclusivement. Gomme aucune de ces sectes prises en particulier n'égale les catholiques sous le rapport du nombre» il semble que Ton ait le droit de reprocher à ces derniers de se laisser devancer à ce point dans l'œuvre des missions. »

Si cet appel ne trouve point ou ne trouve que peu d*écho, comme cela est probable, parmi les catholiques de cette race an glosaxone qui se considère comme appelée à gouverner le monde, en revanche il sera entendu, nous en sommes sûr, par les catholiques de ces races latines que les anglo saxons regardent comme vieillies usées et vermoulues, et en particulier par les catholiques de cette France qu'il plaît à un certain nombre d'entre eux d'appeler une nation décadente. Nation décadente, la France Test, malheureusement, par certains côtés. Maisy elle, du moins, n'a point renié la foi de ses pères. On a dit et redit que, dans ces derniers temps, sa foi s'est

affaiblie. C'est possible, ce n'es Ce qui est sûr, c'est que la Franc assez de foi pour en donner au i lier, à commencer par l'Anglet Etats-Unis. Cette Afrique qu champ si vaste aux missions, el depuis longtemps élancée sur le grâce au zèle admirable du vén berman qui, dès 1842, lui ouvr:

mins de l'apostolat dans cette globe. Depuis cette époque elle non seulement de ses sueurs, rr sang. L'ombre du grand cardi brisé les fers de milliers d'escla réussi à enrôler l'Angleterre dans sa croisade contre l'esclavj a jeté toute une légion d'héroï sionnaires sur ces plages infidê sur toute cette partie du mondi pour la rendre chrétienne les fil catholique France dont il sut si b voir les cœurs et enflammer li vastes contrées appellent des 1 missionnaires : ni l'anglican isn catholiques de langue anglaise assez à leur donner. Que la Fre

voie ses enfants ! Pendant qu'en vue de gagner à Jésus-Christ et à son Eglise ces indigènes dont un grand nombre, paraît-il« n'ont pas même une notion quelconque d'un être suprême ou d'une autre vie, ils sacrifieront, sans marchander, leur jeunesse, leur santé, et, s'il le faut, leur vie, que ceux qui n'ont que de l'or à donner, donnent du moins leur or. Qu'ils ne se laissent pas vaincre en générosité par des anglicans.

Au point de vue religieux, la conquête de ce nouveau monde appartient au dé~ V ouement. Là où il aura été versé, avec le plus de prières et de sacrifices, le plus de sueurs et le plus de sang, là aussi il germera une moisson plus abondante d'âmes mûres pour le christianisme. Le gouvernement anglais a cela de noble et de grand qu'il favorise, avec une parfaite largeur de vues et un esprit de justice et d'impartialité qui ne se démentent jamais, toutes les conquêtes spirituelles sans prendre garde à la nationalité des apôtres par qui elles sont faites. Il protège tous les apostolats qui s'abritent sous le drapeau chrétien sans

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