‹ Les missions anglicanes: Ouvrage précédé d'une lettre-preface de Mgr Le RoyChapitre 4 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'association ecclésiastique des missionnaires.

lu Association ecclésiastique des Missionnaires, Church Missionary Society ^ ou plus brièvement C. M. S. est, comme la S. P. G. , une sorte d'œuvre de la Propagation de la foi protestante, plus complète, plus étendue encore, et aussi plus importante et mieux outillée que la S. P. G. Elle est moins ancienne. Elle a tout juste un siècle de moins. Elle fut fondée en 1799.

Le 12 avril 1799, seize clergymen et neuf laïques étaient réunis à l'hôtel de « Castle and Falcon, dans Aldergate street », à Londres, délibérant sur les moyens à prendre pour envoyer des missionnaires aux infidèles. A cette époque, pas un seul missionnaire anglican n'avait encore pénétré en Asie et en Afrique. Le résultat de

leurs délibérations fut la fondation delà C. M. S.

Pendant la première année de son existence, le revenu de cette société s'éleva à 911 livres sterling, ou 6,877 francs. Ea Tannée 1 897-1 898 il a été de 33 1, 596 livres sterling, soit 8,289,900 francs.

Le 1 2 avril 1 899 s'ouvrait à Londres une longue série de fêtes, de meetings et de manifestations diverses qui ont rempli toute une semaine pour célébrer le centième anniversaire de cette fondation. « La célébration de ce centenaire, disait à ce sujet VEnglish Churchmariy est un événement qui fera époque dans l'histoire du christianisme... La foi et la prière des ouvriers, de la C. M. S. ont opéré des choses merveilleuses > (1).

Il paraît que cette grande société a rencontré bien des obstacles et traversé bien des épreuves : il fallait s'y attendre. Parmi ces épreuves il en est une que les catholiques aimeront à connaître. Voici comment s*en explique le Church Tîntes :

(1) The English Churchman, n» d'avril, p. 242.

« Comme toute autre société, la C* M. S.

a eu ses épreuves aussi bien que ses succès.

Le rôle de pillards qu'ont joué envers elle les missionnaires Romains n'a pas été une des moindres. Constamment fidèle à la politique qu'elle suit dans le monde entier et qui consiste à aller récolter là où d'autres ont semé, Rome s'est précipitée sur les brisées de la C, M. S. au Canada, en Nouvelle Zélande, dans l'Ouganda, à Madagascar, attendant bien souvent avant de pénétrer dans une contrée que tout danger eût été écarté pour ses émissaires, et, une fois sur les lieux, préférant le prosélytisme à la conversion (i) ».

Le Church Times prête très généreusement, on le voit, aux missionnaires catholiques les procédés des missionnaires anglicans. Ce qui est vrai c'est que les missionnaires catholiques font une rude concurrence aux missionnaires anglicans et que, sur une foule de points du globe, ils leur disputent le terrain pied à pied et, à force de zèle, arrachent un grand nombre

(i) Numéro du 7 avril, p. 410.

d'âmes à l'hérésie prête à les enlacer dans ses filets. Nous les en félicitons fort.

Entre l'organisation de la G. M. S. et les deux associations précédentes, il y a des différences marquées. Ainsi le président n'est pas l'archevêque de Cantorbéry mais un membre de la Chambre des Lords ou de la Chambre des Communes nommé à cette charge. Il y a aussi des patrons qui ne peuvent être pris que dans la famille royale, et des vice-patrons choisis parmi des personnages haut placés. Le président actuel de la Société est un membre de la Chambre des Communes, The Right Hon. Sir John H. Kennaway. Le vicepatron est le D^ Temple, archevêque de Cantorbéry. Tous les évêques d'Angleterre, s'ils sont membres de la Société, peuvent être élus vice-présidents.

Les membres de la Société payent chaque année une souscription d'une guinée. Ceuxlà sont également admis à être membres de la Société qui remettent des souscriptions montant à la somme d'au moins cinquantedeux livres sterlings par an.

Outre les membres de la Société, il y a

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des gouverneurs. Le titre de gouverneur ne peut être obtenu que par une souscription de cinq guinées par an, ou de cinquante guinées en une fois pour toutes.

Un comité d'administration, qu'on peut appeler permanent puisqu'il est composé de membres qui demeurent jusqu'à ce que leur tour de se retirer soit arrivé, et d'autres qui sont élus chaque année au nombre de vingt-quatre et pris parmi les laïques, nomme chaque année cinq autres comités :

Un comité de patronage, un comité chargé des fonds et de l'organisation intérieure, un comité de correspondance, un comité des finances, et un comité des estimations.

Le comité de patronage a pour rôle de désigner au comité d'administration les personnages qui peuvent lui prêter de l'appui soit par leur souscription, soit par leur sympathies et leur recommandations.

Le comité des fonds et de l'organisation intérieure s'occupe des moyens d'obtenir des fonds soit en provoquant des souscriptions, soit par des quêtes dans les églises.

OU dans des meetings, ou de toute autre manière.

Le comité de correspondance s*occupe de recruter de bons missionnaires, de les présenter au comité d'administration, de veiller à leur instruction, de correspondre avec eux quand ils sont dans les missions.

Ses attriiutions s'étendent d'une manière générale à tout ce qui regarde la direction des missions.

Le comité des finances tient les comptes.

Le comité des estimations propose les dépenses à faire^ prévoit les besoins, les subventions à accorder, dresse des plans, rédige des rapports, et soumet le tout au comité d'administration.

Le comité d'administration a ainsi cinq comités qui travaillent pour lui, sous sa direction et son contrôle.

La C. M. S. fait beaucoup pour ses missionnaires ; mais en retour elle veut les avoir entièrement sous la main^ et exige d'eux une grande dépendance. On en pourra juger par quelques-unes de ses règles.

« XXVIL Les candidats proposés par le

comité de correspondance et acceptés par le comité d'administration, seront instruits de la manière que le comité jugera la plus utile à leur emploi futur. »

« XXVIII. Les candidats se considéreront comme obligés à aller dans n'importe quelle partie du monde qui leur sera assignée par le comité, et à l'époque qu'il plaira au comité de fixer. Ils seront soumis à tous les règlements que le comité jugera à propos d'établir pour les missionnaires. On tiendra compte cependant de certaines circonstances personnelles, et des conventions particulières qu'ils auraient pu faire avec la Société. »

< XXIX. Les sujets qui auront été dûment préparés et finalement acceptés pour l'emploi de missionnaires, partiront, qu'ils soient ordonnés ou non, au gré du comité. »

« XXX. Les missionnaires qui partiront pour les pays étrangers par ordre de la société auront la permission de visiter leur famille avant leur départ, mais après l'avoir obtenue du comité. Quand ils auront travaillé aux œuvres de la Société, dans les missions qui leur auront été confiées, jus-

qu'à ce que leur âge ou des infirmités ne leur permettent plus de continuer, le comité prendra des mesures pour leur assurer durant le reste de leur vie un repos confortable. Le comité pourra aussi, dans certains cas particuliers, assister les parents de missionnaires que leur dévouement à la société a mis hors d'état de remplir euxmêmes ce devoir. >

La C. M. S. se distingue par la grande activité qu'elle déploie pour recueillir des fonds et les moyens nombreux et variés, auxquels elle a recours pour y réussir.

Il y a une douzaine d'années elle forma une association à laquelle elle donna le nom ai Union des glaneurs, Gleaners's Union, Ces glaneurs glanent en effet chez eux et chez les autres tout ce qu'ils peuvent trouver de souscriptions, et de dons en faveur de la société. Dans la seule année 1898, leur nombre s'est accru de 10,306 membres et ils forment maintenant un bataillon de 112,522 divisés en 858 branches. Née en Angleterre, l'œuvre a été transportée dans les Indes et dans les autres colonies^ et elle y compte aujourd'hui 289 branches

formant un total de 11,286 glaneurs.

Dans ces derniers temps, la Société a pris beaucoup de peine pour attacher à son œuvre les enfants des écoles primaires et les élèves des principaux grands collèges d'Angleterre. Le Révérend C. E. Tyndall- Biscoe a même fait une tournée dans les collèges pour prêcher aux élèves le zèle des missions. Avec la permission des directeurs, il a pu donner des conférences aux élèves des collèges d'Eton, de Liverpool, de Rugby, de Sherborne, d'Uppingham, de Malvern, de Christ's Hôpital, de Birkenhead et de plusieurs autres. La société a formé parmi les enfants, non plus V Union des glaneurs, mais des bandes de semeurs, Sowers'bands.

Outre V Union des glaneurs, et les bandes de semeurs, la C. M. S. trouve une source abondante de fonds dans les associations paroissiales. « 11 est indubitable, dit le rapport de la Société pour I898-1899, il est indubitable que les ressources pécuniaires nécessaires au soutien et à l'extension de notre œuvre dépendent principalement, après Dieu, des associations

paroissiales dans les villes et dans les campagnes » (i), simples conférences, conférences accompagnées d'exposition d'objets curieux apportés des missions, de projections, de lanternes magiques, et tout est mis en œuvre pour recruter des fonds et des adhérents, et pour intéresser le peuple à Tceuvre des missions. La diffusion des petites brochures et des feuilles volantes qui recommandent Tœuvre des missions est aussi un des moyens auxquels la société recourt pour se procurer des fonds.

Une propagande active est faite parmi les classes les plus pauvres aussi bien que parmi les plus riches, et la société trouve un soutien puissant dans Tœuvre du sou par semaine. Le succès de cette œuvre « est une nouvelle preuve, dit le rapport de Tannée 1898-1899, de la sagesse du vieux proverbe qui dit qu'il fait prendre soin des sous, take car e of the pence (2). » Dans telle paroisse, en ouvrant les troncs, qui étaient au nombre de 144, on y trouve la somme

(i) Proceedings of the Church Missionary Sodety for 1898-1899, p. 30.

de mille francs en 9^252 pièces parmi lesquelles 469 pièces d'argent, et le reste en

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