CHAPITRE II
pour la propagation de l'Evangile <Uiu te:
pays étrangers.
L'Association pour la propagation de l'Evangile dans les pays étrangers, Societf for the propagation of the Gospel in foreign parts, qu'on désigne ordinairement en Angleterre par ces trois lettres S. P.
G. fut établie par une charte royale de Guillaume III en 1701. On s'occupe dès maintenant de faire des préparatifs pour célébrer avec un très grand éclat, dans le monde entier, le deuxième centenaire de sa fondation qui tombera le 16 juin 190t.
« On espère, disait le secrétaire de la société, le Révérend Tucker, à la réunion annuelle tenue à Londres en mai 1899, on espère que la célébration de ce grand événement s'étendra aussi loin que le champ
de ses opérations. ;► Ce n'est pas peu dire, car ce champ, nous le verrons plus loin, est immense*
En 197 ans cette Société a dépensé, à elle seule^ plus de i5o millions. Ces millions sont loin d'avoir produit les résultats qu'on en pouvait attendre. Cependant ils ont produit quelque chose.
Dans des contrées où, il y a 197 ans, on ne comptait qu'une vingtaine de clergymen il y a aujourd'hui 181 évêques et 9,268 clergymen. Le nombre des fidèles qui était alors insignifiant s'élève aujourd'hui à 6,000,000.
Cette association est fortement organisée.
Par certains côtés, cette organisation se rapproche de celle de la S. P. C. K., et par d'autres elle en diffère.
Comme la S. P. C. K. la S. P, G. a pour président l'archevêque de Cantorbéry, et pour vice-présidents tous les évêques d'Angleterre en commençant par l'archevêque d'York. Elle est gouvernée et administrée par un Comité permanent, des trésoriers et des secrétaires, et la souscription annuelle de chacun des membres de
la société est d'une guinée ; s'il préfère se libérer en une seule fois, il peut le faire par le versement de dix guinées.
La société a une constitution, et des statuts^ bye-laufs. Elle a été constituée avec ses règles fondamentales par deux chartes, l'une de 1 701, et l'autre de 1882.
Des statuts nombreux, détaillés, précis, sont venus peu à peu compléter l'organisation primitive de 1701.
La partie la plus intéressante de ces statuts est celle qui regarde l'admission, l'entretien et la direction des missionnaires. On nous saura gré d'en citer ici textuellement quelque chose.
« 26. Chaque année une commission d*examinateurs composée de cinq clergymen sera nommée par les archevêques de Cantorbéry et d*York et par l'évêque de Londres pour s'enquérir de l'aptitude et de la capacité de tous les candidats qui pourront se présenter dans ce pays pour occuper un poste de missionnaire. Aucun candidat ne sera accepté par la Société sans une attestation écrite de la commission. «
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« 27. Tout évêque des colonies ou tout évêque missionnaire pourra^ s'il le juge à propos, examiner lui-même ou déléguer un clergyman de l'Eglise d'Angleterre pour examiner en son nom les candidats déjà approuvés par la commission qui sont dans les saints ordres et qui se présentent pour occuper un poste dans son diocèse, pourvu que, dans ce nouvel examen, il se conforme aux règles tracées par la commission et suivies par elle. »
« 28. Aucun missionnaire ne sera inscrit sur la liste de la Société, sans le consentement exprès de la société accompagné de la mention des conditions auxquelles il a pris des engagements, d
« 29. Un sujet une fois admis en Angleterre pour être missionnaire devra se rendre sans délai dans le pays où il est appelé à travailler, et, une fois arrivé, il sera soumis à Tévêque ou aux autres autorités ecclésiastiques. »
Voici maintenant les instructions, inscrites dans les statuts, qui sont données aux missionnaires au moment de leur départ pour le temps de la traversée :
« I. — Ils devront se conduire non seulement de manière à n'offenser personne et à garder les règles de la prudence, mais faire en sorte d'être des modèles remarquables de piété et de vertu pour tout Téquîpage. >
< II. — Qu'ils soient chapelains du vaisseau ou simples passagers, ils s'efforceront d'obtenir du capitaine ou du commandant de faire tous les jours la prière en commun pour tout l'équipage, le matin et le soir, et aussi de prêcher et de faire le catéchisme tous les dimanches. »
< III. — Pendant la traversée, ils instruiront, ils exhorteront, ils avertiront, ils blâmeront, suivant les circonstances et quand ils en trouveront l'occasion, avec un sérieux et une prudence qui puissent établir leur réputation et leur donner de l'autorité. >
A ces instructions, la Société en a ajouté d'autres que les missionnaires devront suivre < à leur arrivée dans le pays où ils seront envoyés. »
« I. — Qu'ils ne perdent Jamais de vue le grand but qu'ils se proposent : procurer la
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gloire de Dieu et sauver des âmes, en propageant l'Evangile de Notre-Seigneur et Sauveur. »
« IL — Qu'ils réfléchissent souvent aux conditions et qualités requises pour atteindre ce but : une connaissance sûre de la religion chrétienne accompagnée d'une foi profonde ; un zèle apostolique tempéré par la prudence, Thuînilité, la douceur et la patience; une ardente charité pour le salut des âmes, et enfin cette tempérance, cette force, cette constance qui font le bon soldat de Jésus-Christ. >
(t III. — Afin d'obtenir et de conserver ces vertus, qu'ils se ménagent des heures de solitude et de retraite pendant lesquelles ils offriront fréquemment à Dieu de ferventes prières afin de se mettre sous sa direction et d'obtenir son assistance.
Qu'ils aient de fréquents entretiens avec la sainte Ecriture. Qu'ils méditent sérieusement sur les engagements de leur ordination. Qu'ils réfléchissent au compte qu'ils auront à rendre au dernier jour au Pasteur suprême et au grand Evêque de nos âmes. »
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€ IV. — Qu'ils apprennent à fond la doctrine de l'Eglise d'Angleterre telle qu'elle est contenue dans les Articles et les Homélies; son culte, sa discipline» les règles de conduite imposées à son clergé telles qu'on les trouve dans la liturgie et les saints canons, et qu'ils se forment sur ces règles de manière à devenir de vrais missionnaires de cette Eglise. »
« V. — Qu'ils s'appliquent à se rendre maîtres dans les controverses dont il est nécessaire d'avoir l'intelligence, afin de préserver leur troupeau de l'influence des contradicteurs qui travaillent à compromettre leur œuvre. »
« VI. — Que dans toute leur conduite extérieure ils soient circonspects et irrépréhensibles, n'offensant personne en parole, ni en action. Que dans leurs conversations ils soient graves et édifiants. Que leur mise soit décente et telle qu'elle convient à des clergymen. Que dans toute leur conduite ils soient des exemples et des modèles de vie chrétienne. »
et VIL — Quelle que soit la famille dans laquelle ils reçoivent le logement ou Thos-
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pitalité, qu'ils s'efforcent de l'amener à s'unir à eux pour faire tous les jours la prière du matin et la prière du soir. »
a VIII. — Qu'ils ne soient pas délicats dans le boire et le manger. Qu'ils ne se préoccupent pas à l'excès de leur entretien dans les pays où ils demeurent, mais qu'ils se contentent de ce que la santé exige et de ce que Ton trouve facilement dans le pays. »
< IX. — De même qu'ils doivent se garder du luxe et se distinguer par leur frugalité, qu'ils évitent aussi toute apparence d'avarice et que, dans la mesure de leurs moyens, ils se rendent recommandables par un exercice prudent de la libéralité de la charité.
« X. — Qu'ils prennent un soin particulier de ne point blesser le gouvernement civil en se mêlant d'affaires qui n'ont point rapport à leur vocation et à et leurs fonctions. »
a XI. — Qu'évitant tous les titres de distinction, ils s'efforcent d'établir entre eux une entente et une union chrétiennes ; qu'ils soient comme un corps de frères,
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q>parTf!Ttanî à une seule et même Eglise.
unis sons la luosc direcdoii de l'Ordre épiscopal, et poxusnîrxnt le même but de propager ITTangile. Qne, pour en arriver là, ils correspondait entre eux comme des frères, qn^ils se réunissent à de certaines époques, en consultant leurs convenances, afin de s'entr'aîder et d^'&hanger leurs vues et leurs avis. »
On voit que la S. P. G. n'est pas une simple agence, une compagnie quelconque ayant pour but de fournir les pays étrangers de missionnaires anglicans.