aides indigènes
On voit que cette société est en progrès.
La Société a sur ses listes un nombre de 240,000 baptisés. Seulement elle a la bonne foi de reconnaître que < dans les missions comme dans la Grande-Bretagne il y a, sur la liste des baptisés et des communiants, des noms qui appartiennent à des honunes
dont la profession du christianisme n'est guère que nominale (i)- *
Le rapport oublie de nous dire que ces baptisés-là sont nombreux ; mais c'est un oubli auquel il est facile de suppléer.
Toujours est-il que le baptême est donné par des missionnaires anglicans à un grand nombre d'infidèles. D'après le rapport pour l'année 1898-1899, les missionnaires de la C. S. M. ont baptisé dans le courant de cette seule année 9,205 enfants et 6,898 adultes. Ce qui fait i6,io3 baptêmes, administrés en une seule année par les missionnaires ou les agents d'une seule société. Si du moins ces baptêmes étaient administrés d'une manière qui permit de n'avoir aucune inquiétude sur leur validité, il y aurait lieu de se réjouir en pensant qu'un certain nombre d'enfants morts avant l'âge de raison après avoir été ainsi baptisés, vont au ciel. Mais hélas! il n'y a que
( I ) But the Committee are sadly aware that in Mission field, as at home, there names in the roll oi baptised Christians, yes, and of Communicants also, whose profession of Christ is little more than a nominal one. — Proceedings of the C, M, S, for the year 1 898- 1899, p. 3.
trop de raisons, de douter de la validité de ces baptêmes, non parce qu'ils sont conférés par des hérétiques, mais parce que parmi les missionnaires envoyés par la C. M. S. y missionnaires qui appartiennent tous à la Basse-Eglise, il en est encore un certain nombre qui^ faute d*être fixés sur les conditions requises pour Tadministration valide du baptême, l'administrent d'une manière telle que, bien souvent, ceux qu'ils baptisent ne sont en réalité nulle* ment baptisés (i).
La C. M. S. possède en ce moment» et entretient à ses frais, 2,181 écoles ou séminaires où elle forme à sa manière, laquelle est profondément protestante, 88,094 élèves indigènes ou séminaristes.
On a pu remarquer par les extraits de
(i) Nous engageons ceux de nos lecteurs qui désireraient connaître avec plus dedétails comment les ministres anglicans de la Basse-Eglise administrent le baptême a lire ce que M. Chapman raconte à ce sujet dans VAms anglicane (Chap. IX, p 118 et suiv.). Un grand nombre des missionnaires de la C. M. S. ne baptisent pas miens que le vicaire dont parle M. Chapman. Voyez à ce sujet VAme anglicane. Traduction et Introduction du P. Ragey^ che^ Briguet, à Paris.
LES MISSIONS ANGLICANES lOI
Statistiques qui précèdent que, dans les missions anglicanes^ les missionnaires anglicans ne travaillent pas seuls.
Un de leurs principes est de s'appliquer à grossir leurs rangs et à affermir leur œuvre en formant^ partout où la chose est possible, un clergé indigène. Cependant ils procèdent avec prudence et précaution.
< On a dit bien souvent — ce sont les 194 évêques de la dernière conférence de Lambeth qui parlent ainsi dans leur encyclique — on a dit bien souvent que nous devions viser à établir des Eglises indigènes, c'est-à-dire dirigées par un clergé indigène, aussi promptement que possible.
Mais il est nécessaire d'y aller avec précaution. Sans doute il importe de bien inculquer aux convertis, dès le début, cette idée que TEglise dans laquelle ils entrent est leur Eglise à eux, et non une Eglise étrangère ; et afin de les en mieux convaincre^ il est bon de leur donner quelque part à la direction des affaires locales, et à l'administration des finances du corps auquel ils se sont attachés. Mais avant de leur laisser une action indépendante, il faut
attendre qu'ils aient acquis ce sentiment du devoir qui est requis pour les conserver dans le droit chemin. Il faut qu'ils aient appris à saisir la haute portée morale de TEvangile, et à s'acquitter de leur charge de ministres de manière à en remplir tous les devoirs. »
Du reste, les missions ne sont pas Toeuvre des seuls clergymen. Des catéchistes et des auxiliaires de toutes sortes leur apportent leur concours, « Nous remarquons avec reconnaissance, dit le rapport de la commis* sion que nous avons déjà cité, nous remarquons avec reconnaissance que le nombre des femmes qui se consacrent au service des missions s'accroît rapidement. Il semble que, surtout en ce moment critique où notre Eglise prend de grands développements, la divine Providence ait réservé une place particulière, une place d'honneur au dévouement des femmes. Dans bien des cas, la forme de la vie nationale et les coutumes du pays sont telles que les femmes, dont cependant l'influence est si grande, ne peuvent être atteintes que par des femmes, Et c'est là une raison d'adresser aux femmes
de notre communion un appel pressant à se dévouer à l'œuvre des missions*
« Nous remarquons, avec la même reconnaissance, le nombre croissant des médecins qui remplissent le rôle de missionnaires, et exercent ainsi un ministère, qui ressemble à celui de Notre-Seigneur, lequel guérissait les corps aussi bien que les âmes. »
Dans les missions anglicanes, les « missions médicales, médical missions » ou comme ils disent encore « l'œuvre médicale, médical work 3>, c'est-à-dire le concours et les services des médecins tiennent une place déjà considérable et qui le devient chaque jour davantage.
Parmi les 52o missions de la C. M. S., 28 sont pourvues d'hôpitaux.
Sur les 1,1 36 missionnaires, 76 sont médecins. Il y a même 49 de ces missionnaires médecins qui sont munis de leurs diplômes de docteurs. Ces missions comp« tent même six femmes ayant leur diplôme de docteurs.
Dans un grand nombre de stations où il ne se trouve pas d'hôpital, il y a au moins
un dispensaire contenant une provi&ioa de remèdes que les missionnaires distri« buent gratuitement. « L'œuvre médicale, the médical tvork » est actuellement représentée par un total de 10,747 malades traités dans les hôpitaux et de 612,080 malades soignés hors des hôpitaux.
Les missionnaires anglicans ont remarqué que, de tous les moyens auxquels ils ont recours pour se gagner des adeptes, celui de « l'œuvre médicale 1» est le plus puissant. Aussi ne craignent-ils pas d'y consacrer une partie considérable de leurs fonds.
Le rapport de la C. M. S. pour 1898-1899 fait un appel au zèle des médecins pou r les missions, et invite ceux d'entre eux qui ont du dévouement à venir se joindre à ceux qui ont déjà donné l'exemple.
11 fait remarquer qu'il y a dans les îles Britanniques 28^589 médecins diplômés tant hommes que femmes, et 3,770 qui exercent à l'étranger, et il lui semble que, sur ce nombre, quelques-uns pourraient bien se dévouer aux missions, c L'importance des missions médicales, dit le
rapport, est reconnue de plus en plus (i) ».
L'imponance des « missions médicales »
est tellement reconnue, que la S. P. C. K.
elle-même, quoique cette oeuvre n'entre pas directement dans son but et que ses ressources soient relativement limitées, n'hésite pas à lui consacrer chaque année^ nous l'avons vu, 32,5oo francs. Pour se procurer cet argent, elle a recours à des quêtes auprès des gardes-malades des hôpitaux d'Angleterre. Ces quêtes ont produit, en 1897, la somme de 3,225 francs.
Une autre œuvre que les missionnaires anglicans ont grandement à cœur, c'est Tœuvre des écoles. Nos lecteurs pourront se former une idée de l'importance qu'ils y attachent par les chiffres que nous avons donnés plus haut. Nous les prions de s'y reporter et de les méditer. Un missionnaire de l'île de Ceylan, le Rév. Welchman, écrivait récemment : « Plus je reste ici, plus je sens que, malgré toutes les difficultés qu'elle rencontre, l'œuvre des écoles est le plus important de tous les moyens qui
(i) The value of médical mission is increasingly recognized, — p. 23.
puissent être employés dans une mission. > Les œuvres dont nous venons de parler sont de celles qu'on accomplit avec de Targent, de l'habileté, du savoir-faire, le talent d*organisation, l'esprit de suite et la persévérance : toutes choses qui ne manquent guère aux Anglais. Les missions anglicanes n'eussent-elles que ces œuvres extérieures, il y aurait lieu de les étudier pour leur emprunter ce qu'elles ont de bon, et de nous préoccuper des développements qu*elles prennent et du nombre d'âmes chaque jour croissant qu'elles enlacent dans leurs filets. Sans doute, au sujet de ce nombre, rien ne nous oblige à nous en rapporter absolument à des statistiques qui, n'étant pas dé* sintéressées, peuvent être exposées à grossir certains chiffres et à compter parmi les convertis et comme appartenant à telle ou telle mission des hommes qui n'ont du christianisme que le baptême, si tant est que leur baptême soit valide. Mais sous le bénéfice de cette réserve qu'il ne faudrait pas pousser trop loin, on est bien obligé de reconnaître que le nombre total, d'ailleurs
difficile à préciser, des âmes qui sont en ce moment engagées dans l'immense réseau des missions anglicanes est très considérable^
Or, que les anglicans veuillent bien ne point s'irriter de nous l'entendre dire, car nous ne pourrions renoncer à penser et à parler ainsi sans renoncer à être catholique, c'est dans les filets du schisme et de l'hérésie que ces âmes sont engagées.
Nous ne mettons aucun fiel dans nos paroles. Nous parlons simplement en catholique. Les anglicans de toutes nuances savent bien que nous les tenons pour des schismatiques et des hérétiques, et que les adeptes qu'ils recrutent à si grands frais et avec tant de peine, sur presque tous les points du globe, sont pour nous des schismatiques et des hérétiques. Ils ne le sont pas seulement pour nous. A moins de soutenir que tous les docteurs, tous les martyrs, tous les souverains pontifes de l'Eglise catholique, apostolique romaine se sont, dans tous les temps et dans tous les lieux, grossièrement trompés, ils le sont aux yeux de Dieu. L'Eglise
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dont Léon XIII est aujourd'hui le chef, enseigne, depuis bientôt dix-neuf siècles, que ceux-là sont des schismatiques qui ne sont point en communion avec le successeur de Pierre, et que ceux-là sont des hérétiques qui refusent d'admettre un point quelconque de la doctrine enseignée par le magistère de TEglise. « Telle a été toujours la coutume de l'Eglise, dit Léon XIII dans son encyclique sur l'unité de l'Eglise, telle a été toujours ia coutume de l'Eglise, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique et hors de TEglise, quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authenthique (i). »
Or, nous le demandons aux anglicans de bonne foi, où réside en ce moment « le magistère authentique » s'il ne réside pas
(i) Idem semper Ecclesias mos, idque sanctorum Patrucn consentiente judicio ; qui scillicet commumonis catholicae expertem et ab Ecclesiâ extorrem habere coqsueverunt, quicumque a doctrine, authemico magisterio propositâ, vel minimum discessisset.
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dans TEglise catholique? N'y a-t-il pas quelque point de la doctrine qu'il enseigne, ne fût-ce que l'infaillibilité du pape, qu'ils refusent d'admettre? Oui, sans doute. Ils sont donc hérétiques.