SA
pour porter la foi dans les principautés de la presqu'ile malaise et dans les iles voisines, En 1822, M. Pécot, un de nos confrères, fit un voyage d'exploration dans les principautés de Quédah et de Ligor, 11 fut très bien reçu des habitants et des roitelets du pays ; mais la mort du missionnaire, arrivée l'année suivante, ne permit pas de donner suite à cette tentative,
En 1830, deux de nos confrères, MM, Vallon et Bérard, firent un essai d'apostolat dans l'ile des Nias ; mais ils moururent tous deux, au bout de trois mois, empoisonnés, à ce qu'on croit, par les naturels du pays. D'autres tentatives aux iles Andanam, aux Nicobar, à Sumatra, ne réussirent pas mieux, Les missionnaires furent repoussés par les habitants, où périrent prématurément, emportés par la terrible fièvre des bois, et ne furent pas remplacés,
Nos confrères furent plus heureux dans l'ile de Pinang. Quand les Anglais se firent emparés de l'ile, en 1808, M. Letonau!, notre procureur à Macao, y transféra le collège général de nos missions, Cet utile établissement avait été fondé, au début (1670), dans la mission de Siam, Complètement ruiné par les bouleversements politiques de la fin du dernier siècle, il fut rétabli à Pondichéry, où il fonctionna paisiblement de 1787 à 1808, Mais l'éloignement de nos missions de Chine était un inconvénient sérieux, surtout à cette époque, où les communications étaient bien plus lentes et bien plus difficiles qu'aujourd'hui, Le séminaire fut donc installé en 1808 à Pinang, où il n'a cessé de fonctionner depuis. Un millier de prêtres indigènes, dont près de cent ont remporté la palme du martyre, sont sortis de cette maison, au cours du xix€ siècle, et sont allés porter la foi dans nos missions de Chine, de Corée, du Japon, d'Annam et de Siam, À l'heure actuelle, le séminaire de Pinang compte 10 directeurs et 99 élèves, appartenant à onze de nos missions.
Des chrétientés ne tardèrent pas à se former à l'ombre du séminaire, dans la presqu'ile malaise. Quand la mission de Malaisie fut érigée en vicariat apostolique, elle comptait déjà 3.200 chrétiens. Voici le tableau des accroissements successifs de la mission :
En 1871 : 1 vicaire apostolique, 2 missionnaires, o pré.
tres indigènes, 3 églises ou chapelies, 2 écoles, 3.200 catho: liques.
En 1870 : 1 vicaise apostolique, 17 missionnaires, o pré. tres indigènes, ? églises où chapelles, 14 écoles, 8.500 catholiques,
En 1890 : 1 évêque à Malacca, 26 missionnaires, 2 prêtres indigènes, 41 églises ou chapelles, 42 écoles, 12.582 catholiques,
En cinquante ans, le chiffre des catholiques a quadruplé. La population totale étant de 1.200.000, la proportion des catholiques est de un sur cent,
Comme à Siam, c'est surtout sur l'élément étranger, chinois et indien, que la prédication s'exerce avec succès. Les naturels de la presqu'ile Malaise, étant en majorité musulmans, ne paraissent pas, au moins jusqu'à ce jour, susceptibles d'être convertis. Néanmoins l'évangélisation des peuplades sauvages de la presqu'ile est commencée sérieusement, et l'on peut espérer que de nombreuses conversions dans l'intérieur du pays ne tarderont pas à récompenser les efforts de l'apostolat,
Les Frères des écoles chrétiennes ont 2 beaux établissements dans la mission, à Syngapour et à Pinang, avec 650 élèves. Les Sœurs du Saint- Enfant-Jésus ont 3 établissements à Syngapour, à Pinang et À Malacca, avec 675 élèves.
Le nombre total des enfants élevés dans les 42 écoles de la mission, s'élève à 2.227.
En exécution du concordat de 1885, Léon XII, après avoir transféré à l'évêque de Macao la juridiction des chrétientés portugaises de Malacca et de Syngapour (2.600 âmes), a, par bref du 8 août 1888, érigé le vicariat apostolique de Malaisie en diocèse, en conférant au titulaire, Mgr Gasnier, le titre restauré d'évêque de Malacca, avec résidence à Syngapour.
Le diocèse de Malacca dépend de la province ecclésiastique de Pondichéry.