PERRET CR
"Esr un grave et douloureux problème que celui de Ja conversion de la Chine, A plusieurs reprises, ce grand pays a été évangélisé, H et, chaque fois, il a repoussé obstinément le don de Div, Aux premiers siècles, l'inscription de Synau-fou en fait foi, la Chine fut évangélisée une première fois, sinon par l'apôtre saint Thomas en personne, au moins par un de ses disciples immédiats : puis le christianisme disparait, sans laisser de traces, et quand le Franciscain Monte-Corvino arrive à Péking, au XIIe siècle, il ne trouve aucun souvenir de la prédication de l'apôtre. Pendant un siècle, les fils de saint François évangélisent la Chine à leur tour, Le Vicaire de Jésus-Curisr établit à Péking un siège archiépiscopal, avec quatre évéchés suffragants. Puis il se fait une nouvelle éclipse de trois siècles, et quand le Jésuite Mathieu Ricci pénètre en Chine, en 1583, tout vestige de la prédication des Franciscains est effacé. Les Jésuites sont admis avec faveur à la cour, en qualité de mathématiciens et de savants : de nombreuses chrétientés se forment par tout l'empire ; une impératrice et plusieurs membres de la famille impériale embrassent la foi du Curisr ; l'empereur Khan-hi, dans des pièces officielles, fait l'éloge du christianisme: les légats du Pape sont reçus à la cour avec des honneurs extraordinaires : à ce moment, l'Église de Chine Compte 1.200 chrétientés et près de 800.000 fidèles. [1 semble que l'on touche au but désiré. Vain espoir ! La malheureuse question des Rites vient jeter la division parmi les missionnaires et parmi les chrétiens : Ja persécution recommence implacable ; la destruction de la Compagnie de Jésus, la pénurie d'apôtres qui en est la suite, achèvent de tout perdre ;
et au commencement du XIXe siècle, on ne trouve plus, en Chine, que
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par eseenns
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202.000 chrétiens, Partagés entre cinq missions : les Lazaristes, à Péking et à Nanking; les Franciscains, au Chan-si ; les Dominicains, au Fo-kien : les Missions Étrangères, au Su-tchuen: les Portugais, à Macao et à Canton, Dans le cours du x1xe siècle, il se fait un grand effort pour la conversion de la Chine, De céng, le chiffre des missions s'élève à trente -huit ; celui des chrétiens remonte à plus d'un demi-million. Va:t-on voir enfin le soleil de la vérité évangélique se lever sur ce grand empire? Hélas! au bout de 90 ans d'efforts, la situation religieuse semble plus compromise que jamais. I] n'y a pas à se le dissimuler : la Chine repousse avec obstination le christianisme. Les orgueilleux lettrés sont plus haineux que jamais ; chaque année, des placards incendiaires appellent le peuple à l'extermination des dables étrangers, et le jour n'est peut-être pas éloigné, où cette belle Église de Chine, qui a coûté tant d'efforts à l'apostolat catholique, s'abimera tout entière dans le sang de ses apôtres et de ses enfants.
D'où vient une pareille obstination à repousser le christianisme ? Ce n'est certainement pas
le fanatisme religieux, car aucun peuple ne porte aussi loin que le peuple chinois le scepticisme et l'indifférence, Qu'on soit disciple de Confucius ou de Lao-tze, musulman ou bouddhiste, le gouvernement chinois ne s'en occupe pas. Il n'y à que contre la religion chrétienne qu'il cherche à se défendre, C'est que, derrière les apôtres du Cüisr, il voit venir l'Europe, ses idées, sa civilisation, dont il ne veut à aucun prix, se trouvant, à tort ou à raison, satisfait de celles de ses ancêtres,
La question est donc beaucoup plus politique que religieuse, ou plutôt elle est presque exclusivement politique, Le jour où la Chine intellisente sera persuadée qu'on peut être à la fois
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Chinois et chrétien, le jour surtout où elle verra à la tête de l'Eglise, en Chine, un clergé indioène, le christianisme obtiendra droit de cité danis ce grand empire de guatre cents millions d'âmes, dont la conversion entrainerait celle de l'Extrême-Orient,
C'est donc à séparer nettement leur cause de celle de la politique que doivent tendre les efforts des missionnaires. À ce point de vue, je ne puis que regretter, pour ma part, +4 l'intervention des
gouvernements européens. Rien de plus légitime, en soi ; mais aussi, rien de plus dangereux et de mieux propre à surexciter l'or.
gueil national et la haine des classes intelligentes et lettrées. Au fond, même au point de vue particulier de la sécurité des missionnaires, qu'avons-nous gagné au régime des traités ? Dans les quarante premières années du siècle, rois missionnaires seulement ont été mis à mort en Chine pour la foi, après ‘+
une sentence juridique : le Vénérable Dufresse, vicaire apostolique du Su-tchuen (1814), le Vén. Clet ctle Bienh. Perboyre, Laza:ristes, au Hou-pé (1820 et 1840). Depuis les traités de 1844 et de 1860, pas une seule condamnation à mort n'a été juridiquement prononcée, il est vrai; mais plus de cire missionnaires sont tombés sous les coups des bandits, soudoyés par les mandarins. En 1856, le Vénérable Chapdelaine ; en 1862, le Vénérable Néel;
CHINE. — Façade de la cathédrale
de l'immaculée-Conception à Péking ; d'après une photographie.
en 1865, 1869, 1873, MM. Mabileau, Rigaud et Hue, au Su-tchuen ; en 1874, M. Baptifaud, au Yun-nan; en 1885, M. Terrasse,au Yun-nan, Les traités ont-ils empêché, au mois de juin 1870, l'horrible massacre de Tien-tsin, le meurtre de notre consul, de tous les résidents français, de deux Lazaristes, de neuf Sœurs de charité ?
Presque chaque année, des chrétientés sont détruites, des églises pillées, des "1:ssionnaires tués ou blessés, des + Chrétiens mis à mort; et, quand la Franceréclame contre tant d'infamies, on lui répond par un #emorandum insolent (1872), rempli de calomnies contre les missionnairesetleurs œuvres, et le chef de l'an assade envoyée à Paris pour excuser les massacres de Tien-tsin, est celui-là même qui a tout dirigé et dont les mains sont encore teintes du sang de
nos nationaux.
Certes, je rends pleine justice au zèle de nos consuls et de nos ambassadeurs.
+ Presque toujo: .s, ils nous ont prêté un concours chaleureux et loyal, même ceux qui, n'ayant pas le bonheur d'être chrétiens, semblaient mal préparés, par leurs antécédents, à défendre, en Chine,
la religion anils avaient persécutée en Europe Presque : ours, la haine du sectaire s'est tue devant l'honneur national, et tel qui avait expulsé les Jésuites de France, s'est proclamé leur ami et leur défenseur à Péking. Ce n'est donc pas le zèle de nos agents diplomatiques que
gaud et aud, au an, Les n 1870, irtre de ais, de harité ?
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J'accuse : c'est leur impuissance que je constate, À tort où à raison, la Chine ne veut pas de !
ë civilisation européenne : ce qu'elle
repousse dans le christianisme, c'est l'envahissement de l'Eu. rope. Séparons donc nettement | gieuse de la question politique, Je n'ai pas besoin d'avertir ici que c'est une opinion strictement Personnelle que j'énonce : je n'ai aucun mandat Pour parler au nom des missions, et je sais que,
ä question reli-
parmi les missionnaires, à ce sujet, Mais, parce que ma conviction est parfaitement établie là dessus, J'ai cru pouvoir user sans inconvénient de la liberté que l'Église laisse à chacun d'exposer et de défendre, avec modération, toute idée honnête, Il me semble, d'ailleurs, que les derniers événements sont de nature à confirmer ma thèse, A l'occasion de la guerre récente entre |
les avis sont partagés
a France et la Chine, toutes nos missions se sont trouvées compromises par représailles. C'est alors que le Vicaire de Jésus-Curisr prit l'initiative d'écrire à l'empereur une lettre touchante pour lui recommander ses sujets catholiques, Cette démarche du Souverain-P accueillie à Péking,
noble ontife fut parfaitement et nos missions lui doivent peut-être d'avoir évité les derniers malheurs. L'empereur a manifesté,
à cette occasion, le désir d'entrer en relations d
irectes avec le chef de l'Église, et d'avoir un nonce à Péking, Léon XII est entré avec joie et nes'est arrêté que devant l' de la France, jalouse
dans cette pensée Opposition politique de conserver ce protectorat des Missions catholiques, et sa force en Orient. Mais la question n'est que réservée, et l'on yY reviendra. Je crois ètre aussi Patriote qu'un autre,
qui est son honneur
mais j'aime l'Église plus que tout, et je désire, je l'avor…, la voir faire elle-même ses affaires, En traitant directement avec le Souvernement chinois, elle lui fera Comprendre plus facilement que son unique but, en ce monde, est de prècher l'Évanvile et d'ouvrir son vaste empire à la foi, Le jour où le SouVernement chinois sera bien con- | vaincu de cette vérité, la prédication a ne rencontrera plus devant elle politiques et les persécutions qui
postolique les défiances l'ont plus ou | moins paralysée jusqu'ici,
Pour EXposer en quelques traits rapides, la situation du christianisme en Chine,
je partagerai toutes les missions en
cinq groupes : Chine
Chine occidentale, Chine méridionale,