‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 140 sur 478 · MISSIONS DE L'OUEST DE LA CHINE · texte numérisé non relu

MISSIONS DE L'OUEST DE LA CHINE

Oures les missions de ce groupe appar-

tiennent à la Société des Missions Étran-

gères de Paris, qui les a toujours occupées depuis sa fondation.

En 1800, nous trouvons un vicariat unique du Su-tchuen, Kouy-tchéou et Yun-nan.

En 1843, le Yun-nan est détaché du Su-tchuen et forme un vicariat à part.

En 1846, le Kouy-tchéou, à son tour, est érigé en vicariat apostolique,

La même année, la Sacrée Congrégation nous charge de la mission naissante du Thibet, qui est érigée en vicariat en 1856.

En 1860, le Su-tchuen est divisé en deux :

oriental et occidental,

Enfin, en 1866, le Su-tchuen méridional est érigé à son tour en vicariat apostolique.

Voici le tableau des développements numériques des missions de l'ouest.

1 vicaire apostolique, Su-tchuen, 1 évêque, 1 coadjuteur,

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IQUES AU XIX: SIÈCLE

2 missionnaires, 20 piêtres indigènes, ? églises, ? écoles, 47.000 catholiques.

En 1820 :

1 vicaire apostolique, Su-tchuen, 1 évêque, 1 coadjuteur, 1 missionnaire, 15 prêtres indigènes, ? églises, ? écoles, 6o 000 catholiques.

En 1840 :

1 vicaire apostolique, Su-tchuen, 1 évêque, 1 coadjuteur, 12 missionnaires, 30 prêtres indigènes, ? églises, 169 écoles, 54.912 catholiques.

En 1870 :

1 vicaire apostolique, Su-tchuen oriental, 20 missionnaires, 34 prêtres indigènes, ? églises, 98 écoles, 27.000 catholiques.

1 vicaire apostolique, Su-tchuen occidental, 12 missionpaires, 27 prêtres indigènes, ? églises, 102 écoles, 35.000 catholiques.

1 vicaire apostolique, Su-tchuen méridional, 12 missionnaires, 5 prêtres indigènes, ? églises, 69 écoles, 18.000 catholiques.

1 vicaire apostolique, Yun-nan, 11 missionnaires, 5 prêtres indigènes, ? églises, 18 écoles, 8.300 catholiques.

| Douze prêtres chinois furent exécutés dans les

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1 vicaire apostolique, Kouy-tchéou, 19 missionnaires, 1 prêtre indigène, ? églises, 34 écoles, 6 oco catholiques.

1 vicaire apostolique, Thibet, 8 missionnaires, ? prêtres indigènes, ? églises, ? écoles, 900 catholiques.

Total en 1870 : 6 vicaires apostoliques, 82 missionnaires, 72 prêtres indigènes, ? églises, 321 écoles, 95,200 catholiques.

En 1890 :

1 vicaire apostolique, Su-tchuen oriental, 31 missionnaires, 33 prêtres indigènes, 64 églises, 123 écoles, 26.079 catholiques.

1 vicaire apostolique, Su-tchuen occidental, 27 missionnaires, 44 prêtres indigènes, 52 églises, 211 écoles, 39.480 catholiques.

1 vicaire apostolique, Su-tchuen méridional, 24 mission. naires, 9 prêtres indigènes, 38 églises, 68 écoles, 18.000 catholiques,

1 vicaire apostolique, Yun-nan, 25 missionnaires, 7 prêtres indigènes, 53 églises, 51 écoles, 10.620 catholiques.

1 vicaire apostolique, Kouy-tchéou, 30 missionnaires, 5 prêtres indigènes, 68 églises, 120 écoles, 16.632 catholiques.

1 vicaire apostolique, Thibet, 17 missionnaires, 1 prêtre

igène, 14 églises, 11 écoles, 1.130 catholiques.

Total en 1890 : 6 vicaires apostoliques, 152 missionnaires, 99 prêtres indigènes, 289 églises, 584 écoles, 111.961 catholiques.

En moins d'un siècle, le chiffre des missions de l'ouest est monté de ## à six, et celui des chrétiens à presque 4riplé.

L'histoire de ces missions n'est guère qu'un long martyrologe. Au Su-tchuen, l'année 1800 s'ouvre par le sacre d'un évêque martyr, Mgr Gabriel Taurin Dufresse, évêque de Tabraca. Depuis une dizaine d'années, une paix relative régnait dans la mission. Voulant profiter de ces quelques jours d'accalmie, le prélat tint, au mois de septembre 1803, un synode auquel assistèrent un missionnaire et 14 prêtres chinois. On y fit des règlements très sages pour l'administration des chrétientés chinoises. Ce synode, revu et approuvé, en 1822, par la Sacrée Congrégation, fut imprimé à ses frais, et envoyé, pour servir de règle, à toutes les missions de Chine et d'Annam.

La persécution, qui grondait depuis 1809, se réveilla plus violente en 1812, 1813 et 1814. Le séminaire de la mission fut ruiné, et le coadjuteur, Mgr Florent, qui dirigeait cet établissement, fut forcé de s'enfuir au Tong-King, où il mourut (décembre 1814) ; le vicaire apostolique, Mgr Dufresse, fut arrêté le 15 mai 1815, condamné à mort et exécuté le 15 septembre suivant.

années 1815 et 1816, ou envoyés en exil perpé-

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La mission du Su-tchuen demeurait sans pasteurs. Le vicaire apostolique, Mgr Fontana, ne put être consacré qu'en 1820, par son coadjuteur, Mgr Perrochau, nouvellement arrivé de France, On s'empressa d'ordonner de nouveaux prêtres, Pour remplacer ceux que la persécution avait enlevés,

En 1820, la mission du Su-tchuen, à peu près sortie de la crise, comptait : 1 vicaire apostolique, 1 Coadjuteur, 1 missionnaire, 15 prêtres indigènes, environ 60.000 chrétiens,

Le séminaire avait été rétabli au Yun-nan :

plus tard, un second fut ouvert à Mo-pin, sur la frontière du Thibet.

Les années suivantes furent assez tranquilles ; il y eut seulement quelques persécutions locales, qui firent deux ou trois martyrs. En 183r, com- MEnÇa au Su-tchuen l'œuvre des baptêmes d'enfants d'infidèles en danger de mort : 7-000 enfants furent régénérés cette année. Cette œuvre angélique a pris des développements considérables, En 1888, dans nos six missions de l'ouest, 105.955 enfants ont été régénérés à l'heure de la mort, Depuis cinquante ans que l'Œuvre fonctionne, plus de trois millions de petits anges, au Su-tchuen et dans les missions voisines, sont allés implorer le Ciel en faveur de leur ingrate patrie,

En 1840, nous trouvons dans la mission du Su-tchuen : 1 vicaire apostolique, 12 missionnaires, chrétiens, 2

1 Coadjuteur, 30 prêtres indigènes, 54.912 séminaires, 500 vierges chinoises tenant les écoles, les orphelinats, et s'occupant du baptême des enfants de paiens. La moyenne des conversions varie de 300 à 400 chaque année,

C'est alors que commence la division de la mission, Le Yun-nan est détaché du Su-tchuen En 1843, le Kouy-tchéou en 1846, puis, le nombre des chrétiens allant toujours en augmentant, le Su-tchuen lui-même est divisé en trois vicariats : oriental, occidental et méridional,

I. — Le vicaire apostolique du Su-tchuen oriental, Mgr Desflèches, s'installe à Tchongkin-fou, la Capitale de la province, Son Épiscopat de quarante-trois années (1844-188%) n'est qu'une longue lutte contre la fourberie et la méchanceté |

No mr), L'ÉGLISE DE CHINE, 1800

des mandarins chinois. I] établit ses missionnaires dans tous les centres importants du pays, mais au prix de quels sacrifices! En 1865, M. Mabileau est massacré à Yeou-yang ; En 1869, M. Rigaud est mis à mort dans la même ville : en 1873, M. Hue et un prêtre chinois sont tués à Kien-kiang : puis viennent les massacres et les incendies de Kiang-pée (1874). Presque chaque année des chrétientés sont détruites, des établissements brûlés, des chrétiens sans défense mis à mort dans des émeutes populaires. Le vaillant

Mgr Lions, des Missions étrangères de Paris, vicaire apostolique du Kouy-tchéou, (D'après une Photographie.)

prélat ne se décourage pas : il lutte auprès des ambascadeurs et des ministres du £ouvernement chinois, pour faire rendre justice à ses malheureux chrétiens, que la fourberie des mandarins s'efforce de transformer En oppresseurs des païens et en rebelles, À la fin, grâce aux bons offices. de l'ambassade de France, il finit par obtenir justice et réparation : mais le Souvérnement chinois ne peut lui pardonner d'avoir dévoilé ses fourberies, et, en 1878, il est forcé de reprendre la route de France. Bientôt, Comprenant que sa santé, épuisée par tant d'années de luttes, lui ôte l'espérance

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228 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.

de revoir jamais son cher Su-tchuen, il remet, en 1882, sa démission aux mains du Vicaire de Jésus-Cnrisr, et ne s'occupe plus qu'à se préparer à la mort, arrivée le 7 novembre 1887, au sanatorium de Monbéton, diocèse de Montauban. In memoria æterna erit justus.

La persécution n'a pas cessé au Su-tchuen oriental. Tout récemment, à l'occasion de certaines imprudences commises par les protestants de Tchong-kin, la populace s'est ruée sur l'évêché

M. Hue, des Missions étrangères de Paris, missionnaire au Su-tchuen oriental, massacré le 5 Septembre 1873,

et tous les établissements centraux de la mission. En quelques heures, tout a été anéanti.

Il y a actuellement dans la mission: 64 églises ou chapelles, 31 missionnaires, 33 prêtres indigènes, 2 séminaires, 85 élèves, et 123 écoles, 1.382 élèves.

II. -— Les mêmes scènes ont lieu au Su-tchuen occidental, Chaque fois qu'un mouvement de conversions se déclare, des placards incendiaires

appellent la populace aux massacres et aux incen-

dies, et les espérances de l'apostolat sont anéanties,

En 1876, en particulier, 31 stations de nouveaux chrétiens, comprenant 300 familles, furent pillées et ‘truites, 39 chrétiens massacrés, 1 église, 4 craioires et plusieurs pharmacies brûlés. Pendant dix-huit mois, les pauvres chrétiens ne purent rentrer chez eux. A la fin, sur les instances de l'ambassade, ils reçurent une indemnité dérisoire, et on leur permit de relever les ruines de leurs maisons incendiées : mais aucun des assassins et des pillards ne fut puni, par une raison bien simple, c'est qu'ils avaient agi avec la connivence des maadarins. Et presque chaque année, de pareilles infamies se renouvellent sur un point ou sur l'autre, Voilà ce qu'on appelle pompeusement la liberté religieuse promise par les traités. Vraiment mieux valait l'ancien système de la persécution franche et déclarée,

La mission du Su-tchuen occidental a 52 églises ou chapelles, 27 missionnaires européens, 44 prêtres indigènes, 2 séminaires, 100 élèves, et 211 écoles de chrétientés, 3.500 élèves.

[TL — La situation est un peu plus tranquille dans le Su-tchuen méridional, sans être vraiment sûre nulle part. On sent que, surtout depuis les défaites de la !’rance en 1870, le gouvernement chinois ne cherche qu'à éluder les traités. La moindre imprudence, une étincelle, un rien pourrait amener une conflagration générale et ruiner toutes les œuvres de l'apostolat.

Le Su-tchuen méridional a 38 églises ou chapelles, 33 prêtres dont 8 indigènes, 1 séminaire, 40 élèves, 72 écoles de district, 1,140 élèves,

Total pour toute la province du Su-tchuen :

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