‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 142 sur 478 · DE LT · texte numérisé non relu

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vements populaires, avec la connivence des autorités, Malgré toutes ces épreuves, la mission du Kouy-tchéou n'a cessé de se développer et elle compte, en ce moment, 17.000 fidèles,

Il y a dans le vicariat : 68 églises ou chapelles, 30 missionnaires, 5 prêtres indigènes, 2 séminaires et 1.400 enfants dans les 120 écoles de district,

VI — La mission du Thibet présente des difficultés toutes spéciales,

L'Hassa, résidence du Daili-lama, est comme la citadelle et le sanctuaire du Bouddhisme, Le pays tout entier, bien que tributaire de la Chine, est sous la domination effective des grandes lamaseries, qui forment une théocratie puissante et redoutée du peuple, De là, les difficultés que l'apostolat rencontre devant lui,

En 1808, la Sacrée Congrégation érigea le vicariat apostolique du Thibet-Hindoustan, qui fut donné, comme je l'ai dit, aux Capucins d'Agra. On espérait alors pénétrer au Thibet par les Himalayas, mais l'on vit bientôt qu'il fallait y renoncer.

C'est pourquoi, en 1844, la mission du Thibet fut détachée de celle des Indes, et, en 1846, elle fut offerte à la Société des Missions Étrangères.

Sur ces entrefaites, deux Lazaristes, les PP. Huc et Gabet, attaquaient le Thibet par la Mongolie, Ils parvinrent jusqu'à L'Hassa, mais ils en furent chassés au bout de quelques mois, et leur retour à travers la Chine nous a valu un récit de voyage très intéressant.

La Société des Missions Étrangères ayant accepté là mission du Thibet, on essaya d'abord d'y pénétrer par les Indes. Après une première tentative infructueuse, M. Krick, dans un second voyage, fut assassiné avec son compagnon M.

Bourry, et la route des Indes fut reconnue impraticable,

On essaya alors de celle de Chine, En 1854, deux de nos confrères s'établirent dans la vallée de Bonga, sur la frontière du Su-tchuen.

En 1857, Mer Thomines-Desmazures, premier vicaire apostolique du Thibet, reçut la consécration épiscopale. Dès lors, la mission était définitivement constituée.

Après plusieurs tentatives d Xpulsion, en 1864, les quelques postes que nos confrères, à

force de sacrifices, avaient réussi à fonder sur la frontière, furent détruits, les missionnaires expulsés, un d'eux, M. Durand, assassiné : en traversant un fleuve, deux chrétiens furent noyés, et tous ceux qui refusèrent d'apostasier furent chassés du pays. Comme le Thibet est tributaire de la Chine, on s'adressa à Péking pour obtenir justice, mais le gouvernement chinois était complice ; il refusa positivement d'intervenir, sous prétexte que le Thibet n'est pas compris dans les traités de 1860. La mission du Thibet fut donc forcée de se replier à l'intérieur de la Chine, et n'exista plus que dans quelques stations situées sur la frontière,

Les lamas, nos éternels ennemis, ne nous y laissèrent pas tranquilles,

En 1873, ils ruinèrent la station de Ba-thang'; en 1881, ils firent assassiner M. Brizeux, un de nos confrères; enfin, en 1887, ils anéantirent tous les postes-frontière que nous étions parvenus à ouvrir,

Les choses en sont là pour le moment, Tant d'insuccès n'ont pas découragé la patience des missionnaires, C'est un axiome reçu en stratégie que toute place forte assiégée est forcée de se rendre un jour ou l'autre. Voilà un demi-siècle que nous faisons le siège de cette citadelle de l'Enfer, Un jour, bientôt peut-être, le Thibet sera forcé de nous ouvrir ses portes.

Voyant la difficulté de pénétrer actuellement par la Chine, nos confrères ont voulu essayer à nouveau la route de l'Inde : M. Desgodins, provicaire de la mission, s'est installé, en 1882, avec quelques confrères, au pied des Himalayas. Une partie du district de Darjeeling (mission d'Agra) a éié cédée, à cet effet, à la mission du Thibet.

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