VICARIAT APOSTOLIQUE. DES COPHTES
Les Cophies sont les descendants des anciens chrétiens d'Égypte. Ils embrassérent en masse, au vi siècle, l'hérésie d'Eutychès, le monopliysisme, qui ne reconnait en JÉsUs- CHRIST qu'une nature et qu'une opération théandrique., Mais, comme le déclarait dernièrement un des dignitaires de leur Église, € la différence entre les cathcliques et nous au sujet du dogme n'est qu'une dispute de mots » Le point délicat, c'est la suprématie du Pape, que les Cophtes, comme la plupart des Orientaux, refusent de reconnaitre, D'après eux, tous les patriarches sseurs des apôtres,
so.,*, au même titre, les suce et aucun d'eux n'a de juridiction sur les autres
la seule supériorité de celui de Rome sur ses collègues, c'est que son patriarcat est plus étendu.
1. Depuis 1588, la station de Minieh est desservie par les RR. PP, Jésuites : 3 prêtres et 1 Frère. École de filles tenue par les Sœurs Marianistes (arabes) du Sacré-Cœur, 120 élèves.
Comme chez tous les schismatiques de l'Orient, le clergé couhte est d'une ignoraace incroyable, Les simples prêtres sont muriés, mais le patriarche et les évêques sont astreints .u célibat, et, pour cette raison, ils sont toujours tirés d'un des sept monastères cophtes encore subsistants en Égypte. Quant au peuple, il est naturellement aussi ignorant que ses pasteurs, Pour complaire aux musulmans, les Cophtes ont embrassé la circoncision, et leur christianisme est mélangé de beaucoup de superstitions, Depuis que l'instruction a commencé à se répandre parmi eux, le lafcisme, qui est une des plaies des É clises orientales, a fait de grands ravages dans leur communauté,
On compte environ 500.000 Cophtes hérétiques en Egypte, C'est peu ; mais il ne faut pus oublier que les chrétiens d'Abyssinie reçoivent leur Abouna, où métropolitain, du patriarche d'Alexandrie, Le retour des Cophtes d'Égypte amènerait donc p, sque inévitablement la conversion de l'Abyssnie, et ouvrirait à l'Église romaine les routes de l'Afrique centrale.
Les Cophtes n'ont pas contre le catholicisme la haine jalouse des Grecs ; les rapports entre le patriarcat et les missionnaires latins ont toujours été pleins de courtoisie. À plusieurs reprises, les Pères Jésuites ont été reçus par le patriarche, qui leur a même donné des lettres de recommandation pour visiter les monastères de l'intérieur. Néanmoins les Cophtes voient avec un véritable chagrin le retour des leurs à l'Eglise romaine, parce que ces conversions individuelles diminuent l'importance de leur nation ; aussi font-ils tous leurs efforts pour s'y oppeser. Mais, si les prêtres catholiques de leur rite étaient plus nombreux, et qu'on pût suffis ‘ment éclairer l'ignorance du clergé et du pe:.sne, la nation ne serait pas éloignée de revenir en masse au catholicisme,
La chose fut tout près de se faire en 1856.
& Quatre ans après la mort de leur dernier patriarche, écrivait Mgr Guasco, alsrs délégat du Saint-Siège, les Cophtes ne s'étaient pas encore entendus sur le choix d'un successeur. Dans l'impossibilité de se mettre d'accord, les évêques cophtes et les principaux de la nation résolurent à l'unanimité d'avoir recours à moi, pour le choix de leur patriarche. je ne pouvais évidemment accepter une pareille mission si ce
le l'Orient, ncroyable, ais le pa- «U célibat, tirés d'un subsistants urellement complaire mbrassé la t mélangé que l'insrmi eux, le lises orienur commu-
htes héré.
ne faut pus | reçoivent patriarche | d'Égypte nt la conà l'Église ile, itholicisme ts entre le nt toujours eprises, les patriarche, de recom- ; de l'intét avec un à l'Église dividuelles ion ; aussi ser, Mais, ite étaient nent éclai- , la nation masse au
ur dernier rs délégat taient pas successeur.
iuccord, les la nation irs à moi, 1e pouvais ssion si ce
n'est dans le but d'arriver à une réconciliation entre Alexandrie et Rome, 11 ÿ à ‘out lieu de craire que j'eusse réussi, sans l'int:
méthodistes, Ces hommes, qui voir dans cette affaire.
demandait l'avis, intriguè
nm des "'avaient rien à et don personne pe rent si bien uvec leur
se LI * * ’ fa consul, qu'ils persuadèrent au vice-roi d'Égypte, | turc de religion, de choisir un patriarche chrétien |
et de l'imposer aux Cophtes schismatiques (1). »
Ce n'était pas malheureusement la première fois, et ce ne devait pas être la dernière, que les intrigues de Ja politique humaine firent échouer le retour des Orientaux au catholicisme, Ra.
cemment encore, en voyant les efforts des Anglais pour s'implanter en Fgypte, le Czar de Russie offrait au Pätriarche des Cophtes de le prendre, lui et sa nation, sous sa protection, En apprenant cette démarche, notre consul pressait nos missionnaires de multiplier leurs œuvres pour hâter le retour des Cophtes à l'unité, Les homme’, les moins chrétiens cotiprennent, en effet, qu'il s'agit moins, pour les nations européennes, d'une affaire de dogme que d'une question d'influence, IL «avi tout simplement d'arracher à la France à :lientèle catholique, pour substituer l'ascendaut de la Russie et de l'Angleterre au nôtre, Mon Dieu, qui nous débarrassera de la politique !
Depuis le concile de Florence, il y a toujours eu en Égypte un petit troupeau de Cophtes catholiques. Outre la préfecture apostolique de la Haute-Égypte, la Sacrée Congrégation érigea les Cophtes en vicariat apostolique, Ce vicariat, dont là pauvreté présente est navrante (2), est ainsi constitué ;
Personnel ; x vicaire apostolique, sans caractère épiscopal, 12 prêtres indigènes, 7 maitr s d'écoles et catéchistez.
Œuvres : 16 stations dans i. Haute et Basse-Égypte, indé. pendamment des stations desservies par les missionnaires
latins. La plupart de ces stations ont leur chapelle, 4 écoles,
Le nombre total des Cophtes relevant du vicariat est de 5.000 : mais en tenant compte de ceux qui font partie de la préfecture de la Haute- Égypte, où qui sont dispersés dans les paroisses latines, on arrive approximativement au chiffre de 22.000 Cophtes catholiques, Quelques auteurs,
entre autres le baron de Béthune, dans son bel
1. Annales de la Propagation de a Foi, février 1856. 2. Missions Catholiques du 3 mai 1889,
Personnel : 1 évêque arménien, 4 prêtres du séminaire |
ONAL.E, 1800-1890, 367
ouvrage sur les Assions -&holiques d'Afrique, font même monte: leur nombre jusqu'à 25.000,
ft AUTRES RITES UNIS.
Tous les rites unis ont leurs représentants en Égypte.
19 Aile arménien. L'évêché arménien d'Alexandrie, “1 étuit vacant depuis une vingtaine d'années, vient d'être heureusement rétabli en
ÉGYPTE, — Un Cophte catholique da Zifté ; d’après un
dessin du R, P, Baron, de la Saciété des Missions Africaines de Lyon,
1886, Il y a en Égypte environ 1.200 arméniens | catholiques, les uns réunis en paroisses de leur rite, les autres répandus dans les paroisses latines. Plusieurs appartiennent
aux classes
supérieures de la société égyptienne, et sont même admis dans les conseils di: gouvernement,
patriarcal de Bzommar (Liban).
Œuvres : 2 stations principales : Alexandrie et le Caire, — 5 églises ou hapelles du rite arménien, 1 orphelinat, r hôpi- | tal. Les écoles du diocèse sont sous la direction des Latins.
mm nr
re
” +?" << 368 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.
Le
rm
20 Rit grec-melchite. I y a en Égypte environ 800 catholiques de ce rit. Ils ont plusieurs paroisses, et leurs prêtres sont sous la juridiction d'un vicaire patriarcal résidant à Alexandrie,
3° Ait syriague. Les Syriens catholiques sont relativemient nombreux en Égypte. On porte leur nombre à 6.000. Depuis longtemps l'évêché syrien d'Alexandrie demeure vacant.
4° Zùt maronite. Les Maronites d'Égypte, au nombre de 4.500, sont répandus principalement dans la Basse- Égypte , en particulier à Port Said, où ils sont près de 3.000. Ils sont, eux et leurs prêtres, sous la juridiction immédiate du patriarche de leur rite,
5° Æit chaldéen. Les catholiques de ce rite, au nombre de 500 seulement, sont généralement répandus dans les paroisses latines et cophtes de la Haute et de la Basse: Égypte.
Tableau des différents rites existants en Égypte.
Latins, 45.000. Cophtes, 22.000. Arméniens, 1.200. Grecsmelchites, 800. Sÿriens, 6.000. Maronites, 4.500. Chaldéens, 500. Total : environ 80.003 catholiques pour toute l'Egypte.
La population totale de l'Égypte est de 5:200.000 âmes.
. . . »n p4 Statistique comparée des missions d'Egypte.
En 1800 : 1 préfet, ? missionnaires, ? églises ou chspelles, ? écoles, 7 000 catholiques.
En 1820 : 1 vicaire apostolique, 1 préfet, ? missionnaires, ? églises ou chapelles, ? écoles, 12.000 catholiques,
En 1840 : 1 délégué apostolique, 2 vicaires apostoliques, rpréfit, 50 missionnaires, ? églises ou chapelles, ? écoles, 20.000 catholiques.
En 1872 : 1 délégué apostolique, 2 vicaires apostoliques, 1 préfet, 72 missionnaires, 70 églises ou chapelies, 36 écoles, 65.000 cathoiiques.
En 1890 : 1 délégué apostolique, 2 vicariats apcstoliques, 2 préfets, 137 missionnaires, 85 églises ou chapelles, 67 écoles, 80.003 catholiques.
Le délégat du Saint-Siège étant en même temps vicaire apostolique des Latins, il n'y à en Égypte que guatre supérieurs de missions, Pour iviter de faire un double emploi, il faut aussi diminuer du chiffre total de So.000 catholiques, ceux des divers rites unis, déjà inscrits ailleurs. Restent 45.000 Latins et 22.000 Cophtes ; total 07.000 catholiques non encore catalogués,