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biens d'Église qui, au xvi® siècle, avaient échappé à la rapacité des protestants, furent sécularisés, et le congrès de Vienne, en 1815, s'empressa de ratifier ces spoliations.
Au fond, cette spoliation, quelque injuste qu'elle fût en droit, était-elle un malheur pour l'Église d'Allemagne ? € Je n'ose le dire, » écrit le cardinal Pacca ; et la raison qu'il en donne, c'est qu'on se vit débarrassé par là € de ces prélats de familles princières qui n'avaient, le plus souvent, d'autres titres de vocation que l'ambition de leurs proches et l'esprit d'avidité, »
On se ferait difficilement l'idée de l'état de dégradation morale dans lequel ces mauvais choix épiscopaux et l'esprit joséphiste, alors universel en Allemagne, avaient fait tomber le catholicisme, Pour ne citer que quelques noms, l'archevêque de Cologne, archidue Maximilien, frère de Joseph IT, avait sur la discipline ecclésiastique tous les sentiments schismatiques de son frère, et les appliquait avec encore plus de raideur que lui; l'archevêque de Trèves, Clé ment de Saxe, était imbu des idées de Fébronius, qui avait été son auxiliaire, en qualité d'évêque de Myriophyte ; un des confidents de Napoléon, le baron Dalberg, archevêque de Ratisbonne, archichancelier de l'Empire et francmaçon notoire, était un homme sans foi et sans mœurs; un peu plus tard, le comte Speigel, archevêque de Cologne, était lui aussi francmaçon et illuminé, Que pouvait-on attendre de pareils pasteurs ?
Le congrès de Vienne ayant bouleversé toute l'organisation politique de l'Église d'Allemagne, en soumettant la plupart des évêchés à des
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L'ÉGLISE CATHOLI ee princes protestants, la première préoccupation du Souverain-Pontife fut de reconstituer les cadres de cette Église.
Au mois d'août 1821, un concordat fut signé avec la Prusse : il établissait pour la Prusse rhénane, l'archevéché de Cologne, avec trois évêchés suffragants, Trèves, Munster et Paderborn ; pour la Prusse orientale, le siège métropolitain de Gnesen et Posen, avec un seul suf. fragant, Culm ; deux sièges épiscopaux, Breslau et Warmie, relevaient directement du Pape.
Total pour tout le royaume de Prusse, huit sièges épiscopaux.
Sur la question matérielle, le gouvernement prussien se montra large. Il voulut qu'un traitement convenable fût assigné aux évêques, à leur curie épiscopale et sa: clergé. C'était jus: d'ailleurs, car la rente payée par l'État était loin d'équivaloir au revenu des biens ecclésiastiques sécularisés par la Prusse, L'élection des évêques fut réservée aux Chapitres, mais à la condition que l'élu fût agréé du gouvernement. Malheureusement les premiers choix épiscopaux furent déplorables : l'illuminé Speigel fut placé à la tête de l'église de Cologne, et pour les autres sièges, les Chapitres élurent des candidats plus courtisans qu'évêques.
A la même époque, août 1821, le Pape reconstitua la province ecclésiastique du Haut-Rhin. Le roi de Wurtemberg, les grands-ducs de Bade, de Hesse, de Nassau, de Mecklemboury, d'Oldenboury, les villes libres de Francfort, de Brême et de Lubeck, avaient envoyé en commun des députés à Rome, pour traiter de la réorganisation de l'Église catholique dans ces principautés protestantes. Le Pape institua un archevêché à Fribourg (Bade), avec quatre évêchés suffragants, Mayence (Hesse), Fulda (Hesse), Rotembourg (Wurcemberg), Limbourg (Nassau).
Le royaume de Hanovre garda ses deux évêchés, Osnabruck et Hildesheim.
Pour le royaume de Saxe, le Pape institua 1:
vicariat apostolique de la Saxe royale, et la préfecture de Missinie et Lusace, Voici donc quelle fut, après la réorganisation, la hiérarchie catholique dans la Prusse protestante : 3 archevêchés, 12 évêchés, 1 vicariat apostolique, 1 préfecture,
Ces cadres sont restés à peu près les mêmes,
sauf la création du vicariat apostolique d'Anhalt, le vicariat de l'Allemagne du Nord, confié à l'évêque d'Osnabruck, et la préfecture apostolique de Schleswig-Holstein,
Je ne parle pas ici, et pour cause, des deux évêchés de Metz et de Strasbourg, ravis en 1870 à la France par la Prusse, L'avenir at-il dit son dernier mot? Attendons l'accomplissement des jugements de Dieu sur notre malheureuse patrie.
L'Église d'Allemagne avait donc réorganisé, en 1821, sa hiérarchie, brisée par les bouleversements politiques des premières années du xixe siècle. Malheureusement, il est plus facile de refaire des cadres que de changer, en quelques jours, l'esprit d'un clergé. Élevé depuis un demi-siècle dans les idées joséphistes et césariennes, le clergé allemand était animé à cette époque d'un esprit très fâcheux. Les deux universités catholiques de Bonn et de Fribourg, où il était formé, étaient détestables. Hermès, chanoine de Cologne et professeur de l'université de Bonn, nia, dans ses livres et dans son enseignement, la distinction fondamentale entre la nature et la grâce, et aboutit au rationalisme. Condamné par Grégoire XVI, il se soumit. au moins extérieurement ; mais ses idées firent longtemps de grands ravages dans le clerç £, Grâce à la molle complicité de Mgr Speigel, le Chapitre de Cologne, les principaux postes du diocèse, l'université de Bonn, étaient remplis d'hermésiens.
C'était bien pis encore dans l'université de Fribourg. En 1827, le doyen de la Faculté de théologie apostasia publiquement, se déclara protestant et se maria. En 1830, les professeurs de la Faculté présentèrent au grand-duc protestant de Bade une pétition pour demander le mariage des prêtres. Plusieurs associations de prêtres se formèrent pour réclamer l'abolition du célibat ecclésiastique. En Wurtemberyg , on compta jusqu'à deux cents prêtres enrôlés dans ces honteuses sociétés,
Les gouvernements protestants favorisaient sous main ce triste mouvement : les évêques se taisaient ; ce fut l'énergie et la foi du peuple catholique qui sauva alors l'Église d'Allemagne. Partout le mépris public s'attacha aux apostats. À Fribourg, un jour de Fête-Dieu, la population indignée arracha l'ostensoir des mains
an Aline: | Ben M ss <